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Services : Cap Gemini veut se couper en deux
Un vaste projet de réorganisation serait à l'étude chez Cap Gemini. Objectif pour la société de Serge Kampf (photo) : isoler dans une société autonome, l'ensemble des activités de régie, d'assistance technique et d'infogérance. La marque Cap Gemini Ersnt & Young (CGEY) serait dédiée aux activités de conseil en management et d'intégration de systèmes. Ce qui signifie la séparation entre les grands contrats et les prestations fournies sur des marchés locaux. Ou encore les PME des grands comptes. Tous les salariés auraient été informés par courrier interne de cette évolution des structures du groupe.
La nouvelle entité, qui regrouperait 7 à 8 000 personnes et donnera naissance à une nouvelle marque, serait dirigée par Luc-François Salvador, déjà en charge de ces activités dans le périmètre actuel. Contactée sur l'état d'avancement de ce projet, la SSII n'a pas souhaité commenter nos informations.
D'un point de vue stratégique, une telle initiative répond à une volonté de mieux coller à la nature du marché des services. CGEY est encore perçue comme positionnée assez haut dans la chaîne de valeur, plus proche de groupes comme Accenture que des autres SSII. Or, des segments tels que le développement et l'assistance technique ou l'infogérance maintiennent des taux de croissance à deux chiffres (14 à 15% pour 2001 en France, selon le Syntec Informatique) et des marges plus qu'honorables. Cela n'a pas échappé à des SSII comme Transiciel, qui, avec son modèle de couverture géographiques basé sur des agences et sa forte agressivité commerciale dégage l'une des meilleures rentabilités du secteur (plus de 7% net l'an dernier).
Si, sur le papier, le projet de CGEY trouve une justification, il reste à gérer deux risques. D'une part, contrairement aux constructeurs informatiques ou aux équipementiers télécoms, c'est la première fois qu'une grande entreprise de services adopte une telle approche de création d'une nouvelle marque à l'échelle internationale. Il faudra donc convaincre les clients potentiels. D'autre part, se pose le problème du recrutement. Avec la création d'une nouvelle marque, CGEY devra être capable d'attirer des nouvelles recrues alors qu'il reste très difficile d'empêcher les informaticiens d'évoluer vers de la gestion de projets à plus forte valeur ajoutée.