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L'ART pointe du doigt les inégalités régionales en matière de mobiles

La rédaction

Dans une note d'analyse, l'Autorité de régulation des télécoms met l'accent sur les disparités régionales qui existent dans l'Hexagone en matière de taux de pénétration de la téléphonie mobile. Dans son enquête, l'ART constitue trois grands groupes régionaux. Le premier, qui comprend l'Ile de France, la Corse et la région Provence Alpes Côte d'Azur, rassemble des régions dont le taux d'équipement est supérieur à la moyenne nationale (62,6 % au 30/09/2002). Le second rassemble les régions dont le taux de pénétration est compris entre 50 % et la moyenne (Languedoc, Aquitaine, Lorraine, Rhône-Alpes, Picardie, Alsace, Nord-Pas de Calais, Haute-Normandie, Champagne-Ardenne, Midi-Pyrénées, Centre). Enfin le troisième groupe réunit les régions dont le taux de pénétration est inférieur à la moyenne (dans l'ordre, Bourgogne, Pays de la Loire, Poitou-Charentes, Limousin, Basse Normandie, Franche Comté, Bretagne, Auvergne).

L'ART note que les disparités entre régions équipées et régions mal équipées est vraisemblablement un phénomène durable. Les courbes de croissance régionales montrent en effet que les régions les plus mal équipées ne semblent pas avoir compensé leur retard au cours des derniers mois.

L'ART ne fournit toutefois aucune explication aux disparités régionales, et c'est certainement le seul point décevant de sa note. Il est vrai toutefois qu'il semble difficile de corréler les chiffres de pénétration avec d'autres facteurs. Par exemple, la Corse, seconde région française par le taux d'équipement est aussi la région dont la densité de population et le PIB par habitant sont les plus faibles de France. Le Limousin, qui affiche des caractéristiques comparables a un taux d'équipement de 47,4%.

Une explication reste toutefois possible. En général, les régions les plus mal équipées, sont aussi celles où les investissements des opérateurs ont été les plus tardifs et où la couverture n'a jamais été totale. Ce sont aussi les régions parmi les moins urbanisées et où le PIB est dans la fourchette basse de l'hexagone. Pour rattraper leur retard, il aurait sans doute fallu que les opérateurs maintiennent une politique tarifaire de conquête d'abonnés. Or l'ère de l'acquisition d'abonné à tout prix est révolue et les tarifs mobiles ont tendance à augmenter dans l'hexagone. Le résultat n'est guère brillant : la France figure aujourd'hui parmi les pays d'Europe où la téléphonie mobile a le plus faible taux de pénétration. La responsabilité n'en incombe pas à l'ART, mais celle-ci dispose peut-être d'une arme pour relancer la concurrence. Il lui suffirait d'autoriser l'introduction en France des MVNO (Opérateurs virtuels mobiles) pour relancer la concurrence sur les prix et peut-être doper les taux de pénétration. Une décision qui, on s'en doute, ne ferait guère plaisir à l'oligopole actuellement en place...

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