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L'IoT au service de la dératisation
Une entreprise suédoise utilise des pièges connectés avec détecteur de mouvement et systèmes d'alerte de la présence 24h/24 de rats. Elle teste actuellement une plateforme pour assurer la maintenance de ses appareils et analyser plus en profondeur ses données.

En 2012, Anticimex, une société suédoise spécialisée dans la lutte contre les nuisibles, a connu une très forte période de croissance, développant son activité dans 18 pays. Aujourd’hui, ses bénéfices s’élèvent à 415 millions d’euros environ, en partie grâce à de nouveaux modes d’intervention qui s’appuient sur l’Internet des Objets (IoT). Selon le CIO de l'entreprise Daniel Spahr, l’intérêt d'Anticimex pour l’IoT est à mettre au crédit d’un directeur régional d’Europe centrale : en lisant une histoire de rats infestant la ville de Copenhague, il a inventé un piège à rats avec un détecteur de mouvement destiné aux égouts de la ville.
À l’origine, le système utilisé par Anticimex pour ses principaux clients industriels était totalement manuel : une fois par semaine ou une fois par mois, un employé de l’entreprise cliente devait faire le tour des pièges pour vérifier si des rats avaient eu la malchance de se faire prendre. « Mais, comment savoir s’il se passe quelque chose pendant les 29 autres jours du mois ? C’est ce que permettent les pièges intelligents », a déclaré le CIO. Les pièges d'Anticimex envoient des données en temps réel au dératiseur, notamment s’ils détectent un mouvement proche et si le piège a été activé. Les unités sont alimentées par des piles rechargeables de différentes tailles et peuvent également envoyer des alertes quand la pile a besoin d’être changée ou si une intervention de maintenance est nécessaire. Les communications passent par des cartes SIM qui envoient des messages SMS via les réseaux 2G et 3G vers un hub central situé au Danemark, de sorte que l'équipe d’Anticimex sait ce qui se passe avec ses pièges 24h/24. Ce mode de communication très basique offre un autre avantage : il est difficile de pirater un système avec un simple message texte, et selon l’entreprise, sa solution est hautement sécurisée.
Une phase de test également en Finlande
Comme le raconte Daniel Spahr, au tout début, le traitement des informations remontées au siège n’était pas particulièrement sophistiqué. « La base de données était simple et le système fournissait des rapports très basiques », a-t-il déclaré à nos confrères de Network World. Mais, grâce à la nouvelle technologie de l’éditeur IFS les choses ont bien changé. Au cours de l’année passée, les deux entreprises ont mis en place une plate-forme IoT plus conséquente qui permet de récupérer les données dans un référentiel plus utile. Depuis le mois d’avril, la nouvelle plate-forme subit une phase de test en Finlande. Le système commence tout juste à analyser les données pour améliorer le travail de l'entreprise. Par exemple, la possibilité d’estimer la durée de vie des batteries, y compris de repérer les cellules défectueuses qui auraient besoin d’être remplacées, pourra contribuer à une meilleure planification des ressources. « C'est comme si, au moment d’écrire sur un tableau blanc, l’intervenant trouve un stylo qui ne fonctionne pas. La plupart du temps, les gens remettent le stylo à sa place et en attrapent un autre, au lieu de mettre le stylo défectueux à la poubelle », a-t-il encore déclaré.
Anticimex espère également être en mesure de suivre la propagation des nuisibles à l'échelle mondiale, de façon à cibler plus précisément ses efforts de commercialisation et de ventes. À plus long terme, Daniel Spahr veut rendre certaines informations accessibles aux clients pour qu’ils puissent suivre plus concrètement les campagnes de dératisation réalisées dans leurs locaux.