ArticleDonnées & IA
Criteo veut aider les marques à ne plus dépendre d'Amazon
Le spécialiste français du reciblage publicitaire en ligne Criteo va proposer à ses clients de partager des données dans le cadre d'un écosystème ouvert. Sur son 2ème trimestre, il a ajouté 950 nouveaux noms à sa base de clients portant celle-ci à 16 000 marques et vendeurs.

Le Français Criteo, qui s’est imposé au niveau mondial dans le reciblage publicitaire en ligne, s’est constitué une base de plus de 11 000 marques et distributeurs, correspondant à 550 milliards de produits vendus par an. Ainsi qu’il l’a récemment exposé au Wall Street Journal, l’idée lui est venue d’encourager ces marques et vendeurs à regrouper leurs données pour améliorer le ciblage de leurs clients. Ils pourraient ainsi dépendre moins étroitement de l’écosystème d’Amazon dont le site de vente en ligne constitue pour la plupart d’entre eux un passage obligé pour acquérir des clients, mais qui prend parfois un peu trop de place. Avec son projet Commerce Marketing Ecosystem, Criteo compte proposer aux marques et vendeurs de partager entre eux des jeux de données anonymisés sur leurs clients, sites web, apps ou boutiques physiques. Ils pourraient ainsi étendre leurs capacités de ciblage publicitaire au-delà des seuls clients qui ont déjà visité leurs sites web.
Criteo lui-même rappelle qu’il ne conserve aucune donnée personnelle permettant d’identifier les utilisateurs. Tel que décrit, son projet ressemble au Lookalike Audiences de Facebook, relève le WSJ. Il permettrait aux marques d’identifier des clients potentiels s’étant intéressés à des produits similaires aux leurs. Pour le spécialiste français du reciblage publicitaire en ligne, le succès du projet dépendra du nombre de ses clients qui y adhéreront, conclut le WSJ. Le quotidien américain cite par ailleurs Martin Kihn, analyste du cabinet Gartner, qui rappelle qu’en lançant une telle initiative, Criteo affronte Google et Facebook qui cherchent eux aussi à faire le lien entre publicité en ligne et achats en boutique. Il estime pour sa part que l'éditeur français a l’avantage d’être en relation avec près de 18 000 éditeurs partenaires (sur son site, Criteo en revendique 17 500) qui ne veulent pas mettre tous les oeufs dans le panier de Google et Facebook.
Un chiffre d'affaires en hausse de 33% au 2e trimestre
« La plupart des détaillants et des marques n’ont pas les capacités technologiques d’organiser et d’activer pleinement les données qu’ils collectent en ligne et hors ligne », a expliqué hier Eric Eichmann, CEO de Criteo, en présentant le projet lors de l’annonce des résultats trimestriels de la société. Il manque aussi à ces commerçants les ressources matérielles pour interagir en ligne avec les consommateurs sur une grande échelle, a également souligné le dirigeant en rappelant que le poids financier des boutiques physiques les freinaient dans les investissements qu’ils pouvaient faire sur Internet. En outre, la multiplicité des terminaux utilisés par les consommateurs dans leur démarche d’achat complexifie la capacité à leur proposer un parcours fluide et cohérent. Eric Eichmann a donc confirmé que Criteo comptait aider les équipes marketing à surmonter ces défis en construisant un écosystème ouvert associant marketing et commerce et capable de connecter les consommateurs aux produits qu’ils veulent acheter. « Notre mission est d’apporter de la performance à grande échelle aux détaillants et aux marques qui participent à notre écosystème ouvert et fiable », a indiqué le CEO.
Hier, l’éditeur coté au Nasdaq depuis octobre 2013 a communiqué un chiffre d'affaires en hausse de 33% à 542 millions de dollars (459 millions d’euros) pour son 2ème trimestre fiscal clos le 30 juin 2017. Le résultat avant amortissement et taxes (ebitda) a augmenté de 38% à 54 M$ (45,6 M€) et le cash flow opérationnel de 214% à 60 M$ (50,7 M€). Le bénéfice net a en revanche baissé de 44% à 8 M$ (6,7 M€) compte tenu de l’acquisition de HookLogic et de ses coûts de restructuration en Chine. Criteo a gagné 950 nouveaux clients sur les trois derniers mois et terminé le trimestre avec une base de 16 000 clients.