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Avec I-RAG et Miaoda, Baidu comble son retard sur les ténors de l'IA

Le géant chinois de la technologie a dévoilé un générateur texte-image (I-RAG) alimenté par LLM et une plateforme no-code (Miaoda), similaires aux offres des concurrents américains et européens Anthropic,Google, Mistral et OpenAI.

La rédaction

Baidu étend toujours plus son portefeuille de produits IA. Cette fois, le fournisseur a dévoilé un générateur texte-image appelé I-RAG et une plateforme de développement no-code appelée Miaoda. À l’instar des entreprises d'IA américaines, le géant chinois veut proposer à sa base d'utilisateurs un choix toujours plus large d'offres d'IA commerciales. La technologie a été présentée mardi par Robin Li, le CEO de Baidu, lors de la Baidu World Conference. Selon Reuters, I-RAG utilise les capacités de recherche de Baidu pour générer des images à partir de la parole et sait éviter « hallucinations ». Dans le cas présent, il s’agit d’images qui pourraient s'écarter de ce qui a été spécifié dans l'invite d'entrée ou contenant des éléments inexistants.

La plateforme de développement Miaoda, quant à elle, utilise les capacités des LLM pour générer du code et peut permettre à des utilisateurs ayant peu de connaissances de codage de développer des applications. Comme l’a fait remarquer Manukrishnan SR, directeur de la pratique pour Everest Group, « les entreprises d'IA américaines fournissent aussi des outils similaires pour développer des applications via une interface visuelle, avec des composants réutilisables et une assistance avancée aux développeurs ». En effet, à l'instar des fournissuers américains et européens Anthropic, Google, Mistral et OpenAI, les initiatives de Baidu en matière d'IA témoignent de sa progression vers la phase de commercialisation de la technologie. L'entreprise, comme d'autres avant elle, a ajouté l'IA à des produits existants ou en a créé de nouveaux que les entreprises et autres utilisateurs professionnels peuvent intégrer dans leurs applications.

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Anthropic, Google, Mistral et OpenAI proposent déjà des produits semblables à ceux dévoilés mardi par Baidu, et, selon les analystes, l'entreprise chinoise a du retard à rattraper. Le lancement d'une plateforme no-code améliorée par l'IA montre que Baidu suit la tendance en cours dans le développement de logiciels dont l’objectif est d’utiliser un jour l'IA pour remplacer le codage traditionnel par la configuration de logiciels. « Le rythme de l'innovation et de la recherche en matière de technologies et de logiciels d'IA générative s'accélère aux États-Unis », a observé pour sa part Dave Schubmehl, vice-président de la recherche en matière d'IA et d'automatisation chez IDC. « Pour être compétitifs sur la scène mondiale, les autres pays devront adopter le même rythme d'innovation et de recherche », a-t-il ajouté. « De nombreux fournisseurs offrent des capacités de génération de codes low-code/no-code/code dans leurs produits. Le produit Miaoda de Baidu fait ce que d'autres fournisseurs comme Microsoft et OpenAI ont déjà fait, c'est-à-dire utiliser les capacités LLM pour générer du code », a-t-il poursuivi. « Jusqu'à présent cependant, les outils d'IA de Baidu ne semblent pas aussi avancés que ceux publiés par OpenAI, Microsoft et Google, étant donné que ces acteurs disposent de vastes ensembles de données existants sur lesquels ils peuvent entraîner leurs modèles d'IA », a déclaré M. SR d'Everest Group. Néanmoins, comme « les principaux acteurs des plateformes cloud offrent désormais des fonctions plus ou moins avancées de programmation basée sur la GenAI », le développement de logiciels basés sur l'IA pourrait être la voie à suivre pour les entreprises, a pointé Bradley Shimmin, analyste en chef, IA et analyse de données, chez Omdia.

« Ce domaine de recherche est très important dans la mesure où il laisse entrevoir une situation où les experts d'un domaine au sein d'une entreprise et les professionnels de l'ISV pourront utiliser le même outil pour créer des applications complètes et/ou des automatisations de flux de travail d'une manière déclarative, sans code et conversationnelle », a avancé M. Shimmin. « Mais cette évolution n'est pas sans poser de problèmes, et les DSI n'ont peut-être pas encore à s'en préoccuper », a estimé M. SR de l'Everest Group. « Ces outils doivent résoudre une multitude de défis, notamment maintenir la qualité du code, le respect des normes réglementaires et les questions relatives au retour sur investissement », a-t-il rappelé. « Ainsi, alors que l'IA devrait révolutionner le développement logiciel à moyen et long terme, il reste beaucoup de défis à relever avant que l’on puisse exploiter pleinement son potentiel. »

Ne pas sous-estimer la Chine

« Même si Baidu a encore du retard à rattraper sur les entreprises américaines, il ne faut pas sous-estimer le rôle de la Chine en tant qu’acteur majeur de l'IA au niveau mondial », a estimé M. Shimmins. En fait, « la Chine et les États-Unis ne sont pas très éloignés l'un de l'autre en termes d'expertise et d'investissement dans l'IA », a-t-il observé. « La Chine a déjà produit des modèles très solides, en particulier des modèles open source comme Qwen2.5-Coder, qui rivalisent avec certains des plus grands modèles d'Anthropic et d'OpenAI (du moins en termes de références publiées). » Les États-Unis ont fait tout ce qu'ils pouvaient pour entraver le développement technologique global de la Chine de diverses manières et l'IA ne fait pas exception à la règle.

Il y a deux semaines à peine, le gouvernement américain a annoncé de nouvelles règles limitant les investissements dans l'IA chinoise et dans d'autres secteurs technologiques considérés comme des menaces pour la sécurité nationale, élargissant ainsi les restrictions technologiques existantes jusqu'à présent limitées aux seules exportations. Pour sa part, la Chine a interdit l'utilisation d'OpenAI dans le pays. « Mais malgré les frictions actuelles entre les États-Unis et la Chine dans la course aux armements technologiques, les deux pays ont des objectifs similaires en matière d'IA et pourraient finir par collaborer dans certains domaines », a fait remarquer M. Shimmin. « En termes de recherche universitaire, les deux nations commencent à travailler plus étroitement l'une avec l'autre pour trouver un terrain d'entente autour de la menace existentielle que représente l'IA elle-même. »

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