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ArticleDonnées & IA

Data et IA, moteurs d'efficience de Poclain Hydraulics

A l'occasion de la 2e édition parisienne du Data&IA Forum d'Oracle, le groupe industriel Poclain Hydraulics a partagé son retour d'expérience de la mise en place d'une plateforme data et les briques d'intelligence artificielle associées dans le cadre de son projet de transformation numérique.

La rédaction

L'IA est là et bien là. C'est en substance le message qu'a adressé Christophe Negrier, directeur général d'Oracle France à l'occasion de la 2e édition du forum Data&IA de la filiale française de l'éditeur américain au Parc des Princes le 12 décembre 2024. « Nous sommes dans la 4e révolution industrielle. Nous avons aujourd'hui une transformation profonde de l'écosystème et de la place du numérique dans les entreprises [...] L'impact de l'IA est positif de mon point de vue même s'il est parfois effrayant par la vitesse à laquelle aujourd'hui il s'intègre dans nos sociétés. »

Parmi les - nombreuses - entreprises françaises à sauter dans le train de la transformation digitale par la data et l'IA, le groupe industriel Poclain Hydraulics (recréé sur les cendres du groupe Poclain inventeur de la pelle hydraulique) a partagé lors de cet événement son retour d'expérience. L'ETI française de 2 300 employés et basée dans l'Oise compte des centres de recherche dans le monde et 8 usines (Chine, Inde, Italie, Etats-Unis, France...). Elle est spécialisée dans les moteurs pour des véhicules ayant besoin de beaucoup de force mais de peu de vitesse (engins de chantiers, tracteurs...). En tant qu'équipementier, le groupe doit faire face à de nombreux enjeux et contraintes (réglementaire, environnementale, sécurité...) et a été en plus confronté depuis la crise du Covid à des problématiques de livraison. Dans ce cadre, il a mis en place un pilotage budgétaire pour l'accompagnement stratégique de ses projets orientés autour de l'agilité, de l'efficience, de la sécurité et de la pérennité.

Un SI composite hétérogène

Plusieurs actions ont ainsi été prises : un datahub pour récupérer toutes les données des ateliers pour améliorer l'efficience, du cloud hosting pour déporter des investissements qui n'arrivaient pas à être justifiés, une plateforme d'intégration pour faire le liant entre les solutions cloud, SaaS, Paas et on-premise, du DevSecOps, et le recours aux API. « Nous nous sommes dotés d'une plateforme d'intégration qui nous permet de relier la totalité de nos assets, que ce soit les services aux clients sur les machines connectées, les ateliers et notre SI on premise traditionnel », a expliqué François Delys responsable data et service delivery de Poclain Hydraulics. Pour répondre à son besoin de data platform, un PoC a été mis en place sur Oracle OCI qui a répondu aux attentes de Poclain Hydraulics : « nous avons adapté la data platform nouvelle génération et bougé nos assets sur OCI et comme 80 % de nos données sont transactionnelles c'était idéal. » Avec un objectif en tête rendre Poclain Hydraulics data driven.

Le SI de Poclain Hydraulics est composé de nombreuses couches : des solutions on premise comme Litmus Shopflorr (datahub) et PTC Windchill (PLM), des solutions SaaS/PaaS (Salesforce Tableau, CRM/Finance et Mulesoft) ainsi qu'un environnement Oracle intégré à Apex (EBS, PSFT, Demantra, OAS en plus de DataPlatform). « La plateforme d'intégration fait notre convergence entre IaaS, SaaS, PaaS et on-prem, c'est essentiel, car l'un des grands challenges c'est avoir créé ces liens pour la sécurité », explique Nicolas Fortier (DSI de Poclain Hydraulics). Un environnement récemment complété par des briques GenAI dans l'infrastructure OCI d'Oracle localisée en Allemagne, à Francfort.

Des cas d'usage GenIA variés donnant satisfaction

Le déploiement de cette architecture SI orientée data et IA a permis de soutenir le développement de différents cas d'usage. A commencer par savoir s'il va y avoir du retard sur les cargos qui amènent les containers contenant les composants devant être acheminés aux clients de Poclain Hydraulics. Pour donner l'information aux agents logistiques, Apex est utilisé pour faire des requêtes API, des données météo injectées dans Oracle E-Business Suite alimentant un profil de planification quotidien pour leur apporter des réponses. Autre cas évoqué : sortir du méandre RSE (responsabilité sociale et environnementale) et SBTI (un projet destiné à contribuer à la lutte contre le réchauffement climatique via l'engagement des entreprises). « Le problème est que c'est une grosse pièce documentaire de règles européennes complètement indigestes voire des règles qui se contredisent les unes aux autres. Nous avons essayé un truc marrant : donner tout cela à manger à un modèle de RAG pour permettre à nos intervenants internes qui sont un peu paumés de poser des questions simples et d'avoir des réponses simples. Et le plus étonnant c'est que cela marche », raconte François Delys. La GenAI a aussi servi pour le helpdesk et les call centers, pour améliorer la compréhension des problèmes et les axes de résolution pérennes pour les équipes support ou encore - tout juste lancé - pour générer automatiquement de la documentation, des analyses de temps d'interruption...

Au-delà des réussites et des cas d'usage en cours autour de la GenAI, l'un des principaux enjeux auquel est confronté Poclain Hydrolics est lié à la gestion des données : « Le premier sujet est en fait la gouvernance de la donnée et qu'il ne faut pas laisser les équipes sur le côté mais partager leur vision, en les rassurant et de permettre à chacune d'entre elles d'être à l'aise sur des projets multidisciplinaires et leur apprendre à travailler ensemble », prévient Nicolas Fortier. Et François Delys de conclure : « Nous pensons qu'il faut mettre ses données sur le cloud mais être un peu dense pour rentabiliser, être scale up dès le début ou redescendre si c'est trop cher, voire convertir une partie de ses licences quand on part d'un environnement on-premise ce qui peut aussi être beaucoup moins cher. »

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