Aller au contenu

Préférences et cookies

Afin d’améliorer votre expérience sur notre site et de réaliser des statistiques de visites, nous utilisons des cookies. Rien n’est déposé sans votre accord, et le refus n’enlève l’accès à aucun contenu. Ce choix peut être modifié à tout moment.

Gérer les traceursVos données

Personnaliser

ArticleDonnées & IA

Claude d'Anthropic renforce ses compétences sur Microsoft 365

Anthropic adosse à son assistant GenAI Claude une fonction agent skills pour effectuer des tâches structurées de manière autonome et s'intégrer au coeur des workflows bureautiques et collaboratifs de Microsoft 365.

La rédaction

Selon le spécialiste de l'IA, Ethan Mollick, les agents d'intelligence artificielle ne sont pas de simples chatbots, mais des assistants complets qui jouent un rôle réel dans les flux de travail des entreprises. En ajoutant la fonction agent skills à Claude, Anthropic poursuit ses efforts dans ce sens en améliorant l'exécution de tâches spécifiques. Quand cela s’avère pertinent, l'assistant peut ainsi automatiquement accéder à des dossiers contenant des instructions spécifiques, des scripts et d'autres ressources, puis agir sur eux avec l'accord d'un humain. « Il faut considérer les compétences comme des supports d'intégration personnalisés qui permettent de regrouper une expertise, faisant de Claude un spécialiste dans le domaine qui compte le plus pour l’utilisateur », a affirmé Anthropic.

Anthropic propose quatre capacités prédéfinies d'agent notamment autour de la suite bureautique de Microsoft :

  • Word, pour créer des documents, modifier du contenu ou formater du texte ;

  • PDF, pour créer des documents et des rapports PDF formatés ;

  • PowerPoint, pour créer des présentations, analyser du contenu et modifier des diapositives ;

  • Excel, pour générer des feuilles de calcul, analyser des données et générer des rapports avec des graphiques.

L'appui d'un créateur de compétences en IA

Les utilisateurs peuvent également créer leurs propres compétences et les utiliser dans les applications Claude, Code, et API. L'assistant invoque automatiquement les compétences pertinentes lors de l'exécution d'une tâche, sans intervention humaine manuelle. Et à des fins d'auditabilité par exemple il fournit son raisonnement en chaîne de pensée (Chain of Thought, CoT). Lorsqu'ils créent des compétences, les utilisateurs humains bénéficient des conseils d'un « créateur de compétences » en IA. Claude leur pose des questions sur le flux de travail, crée une structure de dossiers, formate les fichiers et regroupe les ressources. Ensuite, lorsqu'il effectue une tâche, il analyse les compétences disponibles, identifie les correspondances pertinentes et charge le minimum d'informations dont il a besoin pour accomplir la tâche rapidement et efficacement. Les utilisateurs peuvent aussi personnaliser les compétences pour des cas d’usage spécifiques, et créer, afficher et mettre à niveau différentes versions via la console Claude. Les compétences sont portables et elles ont le même format dans tous les flux, ce qui signifie que les utilisateurs n'ont à les créer qu'une seule fois.

Pour créer des compétences personnalisées, les utilisateurs doivent fournir un nom « convivial » (par exemple, « directives de marque ») ; une description claire de ce que la compétence doit faire et quand l'utiliser (par exemple, « appliquer les directives de marque aux présentations et aux documents, y compris les couleurs officielles, les polices et l'utilisation du logo ») et préciser quand Claude doit s'y référer (par exemple, chaque fois qu'il crée des documents externes comme des documents Word, des supports marketing, des rapports clients ou des présentations qui représentent l'entreprise). Les développeurs peuvent diriger l'agent vers des dossiers de ressources contenant tous les éléments pertinents, comme des modèles de documents, et indiquer les logiciels requis (comme Python ou Pandas), si nécessaire. Les compétences sont disponibles pour les abonnés Pro, Max, Team et Enterprise ; les utilisateurs peuvent les activer dans leurs paramètres, même si les utilisateurs Team et Enterprise doivent également obtenir l'autorisation et l'activation de l'administrateur.

Intégration avec Microsoft 365

Au-delà des compétences, Claude s'intègre désormais à Microsoft 365 auquel il se connecte via MCP (Model Context Protocol) dans les solutions suivantes :

  • SharePoint et OneDrive, pour rechercher et analyser des documents sur différents sites et bibliothèques ;

  • Outlook, pour analyser les courriels et autres communications et fournir des informations sur l'état d'avancement des projets, les commentaires des clients ou l'alignement des équipes ;

  • Teams, pour rechercher des conversations, des discussions et des résumés de réunions, et suivre les étapes importantes des projets.

De plus, Claude intègre dorénavant la recherche d'entreprise dans tous les systèmes. Par exemple, lorsqu'on lui demande quelle est la politique de télétravail de l’entreprise, le modèle peut extraire des informations des documents RH dans SharePoint et des courriels dans Outlook. « La recherche d'entreprise est particulièrement utile pour intégrer de nouveaux membres dans l'équipe, répondre à des questions stratégiques telles que l'analyse des tendances dans les commentaires des clients et identifier rapidement les experts internes à consulter sur n'importe quel sujet », a indiqué Anthropic. L'intégration Microsoft 365 et la recherche d'entreprise sont disponibles pour les clients abonnés à Claude Team et Claude Enterprise.

Course à l'armement en capacités IA

« L’initiative de Claude dans les compétences représente une étape supplémentaire dans ce qui s'apparente essentiellement à une course à l'armement », a estimé Wyatt Mayham, de Northwest AI Consulting. Elle est en concurrence avec un certain nombre de plateformes similaires proposées par Google, Microsoft, ChatGPT, Perplexity et d'autres. M. Mayham fait remarquer que les concepteurs de modèles « sont tous en quête de l’assistant autonome », mais abordent cette question sous des angles différents. Par exemple, Anthropic mise sur la confiance. La conception « Constitutional AI » du fournisseur est axée sur la prévisibilité et la sécurité, deux éléments essentiels dans les domaines de la finance ou de la santé. « Les entreprises ne veulent pas d'une IA qui se contente de déclencher un flux de travail : elles veulent être sûres qu'elle ne va pas en perturber, » a expliqué M. Mayham.

Quant à Microsoft et Google, ce sont des « acteurs de l'écosystème » qui intègrent davantage l'IA dans les suites de productivité en utilisant Copilot et Gemini pour exploiter des données internes comme Microsoft Graph ou Google Workspace afin que l'IA semble native dans les outils existants. Selon M. Mayham, cette approche facilite l'adoption, mais enferme également les entreprises dans leurs plateformes. Enfin, concernant OpenAI, son approche est double : les GPT personnalisés sont un « succès » pour les développeurs no-code, tandis que l'API Assistants sert les développeurs. Cependant, ils ne sont pas unifiés, et Anthropic a l’air de contourner cet obstacle en concevant Claude pour une intégration directe dans les entreprises.

Anthropic pas seul sur le coup

Selon Thomas Randall, directeur de recherche chez Info-Tech Research Group, « en termes d'ambition architecturale, OpenAI est le plus proche d'Anthropic », dans la mesure où son AgentKit offre un moyen structuré de créer des flux de travail modulaires et réutilisables pour les agents. « Cependant, l'adaptation d'un outil comme AgentKit à Skills nécessite davantage d'automatisation et une création plus légère pour des flux de travail d'entreprise plus larges », a-t-il fait remarquer. Ainsi, même si Microsoft et Google ne proposent pas de solutions comparables à Skills à court terme, « ce n'est pas forcément un inconvénient », car, selon M. Randall, « les objectifs de ces fournisseurs sont tout simplement différents ». Celui-ci explique encore que « Microsoft et Google choisissent de privilégier le verrouillage des plateformes et l'intégration des données comme avantage concurrentiel », ajoutant que, « en fin de compte, Skills peut devenir un facteur de différenciation significatif si Anthropic parvient à le faire fonctionner dans les écosystèmes Microsoft/Google. »

Cependant, même si toutes ces fonctionnalités sont excellentes, leur valeur stratégique réside moins dans la technologie sous-jacente que dans la capacité à « institutionnaliser des flux de travail contrôlés et reproductibles », a-t-il pointé. « Les entreprises ne tireront aucun avantage de ces fonctionnalités si leurs workflows internes ne sont pas déjà bien structurés. » Pour les entreprises, « l'avantage de toutes ces améliorations réside dans la rapidité et la sécurité », a estimé M. Mayham. L'IA agentique peut automatiser les flux de travail inter-outils comme les processus d'intégration, l'extraction de données ou la préparation de la documentation. Mais, selon lui, la gouvernance, c’est-à-dire, savoir déterminer qui a le pouvoir d'autoriser la connexion des systèmes, définir les données auxquelles les modèles peuvent accéder et décider comment l'examen humain est intégré, sera le véritable facteur de différenciation. « Les entreprises doivent exercer un contrôle strict sur la confidentialité des données, les autorisations d'accès et les pistes d'audit, et prévoir une étape d'intervention humaine pour toute IA susceptible de modifier les systèmes d'enregistrement », a-t-il recommandé.

Newsletter

La Quotidienne LMI

Recevez chaque matin l’actualité IT de la rédaction.

Claude d'Anthropic renforce ses compétences sur Microsoft 365