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Oracle veut facturer l'IA à la tâche

Oracle entend faire évoluer son modèle économique en facturant les tâches exécutées par ses agents IA, en complément des abonnements logiciels classiques. Une stratégie qui accompagne ses investissements massifs dans le cloud et son ambition d'atteindre 225 Md$ de revenus d'ici 2030.

· 2 min de lecture

La facturation des logiciels d'entreprise pourrait connaître une nouvelle évolution, Oracle ne veut plus seulement faire payer ses clients en fonction du nombre d'utilisateurs. L'éditeur américain souhaite également monétiser chaque opération effectuée par ses agents IA. Une orientation dévoilée lors de sa journée investisseurs du 28 octobre 2026. Avec, en toile de fond, un objectif, celui d’augmenter les revenus générés par ses clients existants, sans nécessairement vendre davantage de licences.

Une facturation à l’usage

Jusqu’à présent, une grande partie des logiciels professionnels repose sur un système de licences par utilisateur, ou seat-based pricing. L’entreprise cliente paie en fonction du nombre de collaborateurs disposant d’un accès à une application. Oracle souhaite compléter ce modèle avec des unités de consommation liées aux opérations effectuées par l’intelligence artificielle.

Chris Leone, VP exécutif chargé du développement des applications chez Oracle, a expliqué que chaque tâche réalisée par l’IA pourrait générer des revenus supplémentaires pour l’éditeur, sans qu’il soit nécessaire d’augmenter le nombre de licences. Les abonnements existants ne disparaîtraient donc pas, la consommation des capacités d’IA viendrait s'y ajouter.

Cette approche concerne notamment les applications cloud Fusion, utilisées dans des domaines comme la gestion financière, les ressources humaines ou la chaîne logistique. Les agents autonomes sont appelés à prendre en charge des opérations jusqu’ici réalisées par des collaborateurs : traitement de données, automatisation de processus ou encore exécution de tâches métier.

Pour Oracle, l'enjeu est de monétiser davantage les usages au sein de sa base installée. Plus les clients confieront d'opérations à ses agents, plus leur consommation d'unités IA sera susceptible d'augmenter.

La sortie de Fusion Claw

Plus tôt en octobre, Oracle a dévoilé Fusion Claw, un environnement d'exécution destiné à piloter des agents IA. L'outil vise notamment l'automatisation des processus d'entreprise dans les domaines de la gestion intégrée (ERP), de la finance et de la supply chain.

Son périmètre dépasse les seules applications Fusion. Selon Chris Leone, ces agents pourront également intervenir sur des opérations effectuées en dehors de cet environnement.

Fusion Claw s'inscrit ainsi dans la stratégie de monétisation des usages IA de l'éditeur. Chaque opération automatisée représente une consommation supplémentaire, et donc un potentiel de revenus additionnels.

Des investissements cloud

Cette évolution tarifaire intervient dans un contexte d'investissements particulièrement élevés. Oracle a consacré 55,7 Md$ aux centres de données et aux infrastructures cloud lors de son exercice fiscal 2026. Pour l'exercice 2027, l'entreprise prévoit entre 90 et 95 Md$ de dépenses dans ce domaine.

L'éditeur mise sur Oracle Cloud Infrastructure pour héberger les charges de travail de ses clients et celles des grands acteurs de l'IA, dont OpenAI. Un développement qui nécessite des capacités de calcul toujours plus importantes et un financement conséquent.

Oracle parie sur ce modèle pour soutenir sa croissance. L'entreprise vise 225 Md$ de chiffre d'affaires à l'horizon 2030, soit une progression annuelle moyenne de 35 % par rapport à 2026.

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