Les perspectives de croissance de VMware apparaissent presque infinies, telles que les décrit Pat Gelsinger, CEO de la société depuis juillet 2012, après trois ans passés chez EMC, la maison mère, et trente chez Intel. Certes, pour l'instant, l'essentiel des revenus de la société sont toujours générés par les solutions de virtualisation de serveurs, dont le marché mondial est évalué à 6 Md$. Mais les nouveaux axes développés par VMware lui donnent accès à d'autres marchés qui, mis bout à bout, représentent près de 50 Md$, expliquait ce matin le dirigeant, qui avait fait le déplacement à Paris pour l'édition française de VMware Forum, au Carrousel du Louvre.

De fait, la virtualisation étendue à l'ensemble du datacenter -avec  notamment l'intégration de la technologie SDN de Nicira- à laquelle s'ajoute l'ouverture vers le cloud hybride -illustrée par l'annonce le mois dernier de l'offre d'IaaS vCloud Hybrid Service- et, enfin, les solutions de VDI complétées de la gestion des terminaux mobiles avec la suite Horizon, sont autant d'axes qui positionnent le groupe californien sur une véritable rampe de lancement vers des sphères très prometteuses.

 

Une offre IaaS déclinée en deux modèles

Avec son annonce la plus récente, vCloud Hybrid Service, VMware se retrouve maintenant en concurrence avec Amazon. Les deux autres grands rivaux de l'éditeur étant Microsoft sur la virtualisation des datacenters et Citrix sur la virtualisation des postes de travail. L'offre d'infrastructure « as a service » de VMware sera disponible au troisième trimestre aux Etats-Unis. Elle permettra aux entreprises d'étendre leurs datacenters vers un cloud public, en transférant leurs  applications tournant sur vSphere sans modification et en bénéficiant des mêmes niveaux de sécurité. La mise en oeuvre des fonctionnalités vMotion, DRS et High Availability de vSphere couvrira la réplication automatisée, la supervision et la haute disponibilité des applications. Les outils d'administration sont les mêmes que pour les environnements privés. Pour visualiser et migrer leurs machines virtuelles, les administrateurs utiliseront un plug-in gratuit, vCloud Connector.

L'offre vCloud Hybrid Service sera commercialisée par les partenaires de VMware. Ce matin, Pat Gelsinger a indiqué qu'un programme d'accès anticipé à ce service allait démarrer la semaine prochaine. Une cinquantaine de clients y participent, dont plusieurs entreprises françaises. Le service se décline en deux modèles de ressources de traitements : d'une part vCloud Hybrid Service Dedicated Cloud, d'autre part, vCloud Hybrid Service Private Cloud. Le premier donne accès à des ressources physiquement isolées et réservées. Dans le deuxième cas, ces ressources sont gérées en mode multitenant, en étant dédiées à chaque client. Le tarif, pour une machine virtuelle protégée et redondante exploitant un processeur et 1 Go, reviendra à 13 cents par heure dans le premier cas et à 4,5 cents HT/h dans le 2ème.


500 000 clients dans le monde, 25 000 en France

Avec les 500 000 clients totalisés par VMware dans le monde, « à peu près tout le monde utilise nos solutions », a fait remarquer Pat Gelsinger en se disant très confiant pour l'adoption des nouvelles solutions et services de l'éditeur. Même si en Europe et aux Etats-Unis, les investissements sont ralentis, le dirigeant fait valoir la nécessité de réduire les coûts qui pousse les entreprises et administrations vers les technologies de virtualisation. Il cite à l'appui les enquêtes éloquentes que VMware mène tous les six mois auprès de ses clients sur les questions de ROI. Concernant le cloud public et en dépit de l'annonce IaaS, il souligne que le marché du cloud en entreprise reste le plus important. Il rappelle les contraintes réglementaires de certains secteurs qui les obligent à conserver leur SI en mode privé. « Et les entreprises qui ont des clouds privés très efficients n'iront peut-être jamais dans le cloud public ».[[page]]

En France, VMware compte près de 25 000 clients. « Tout le CAC 40 mais également des clients de toute taille, nos technologies étant adaptées à tout type de projet », rappelait ce matin Hervé Uzan, directeur général d'une filiale française qui réunit 175 personnes sur 8 sites. Environ 2 000 participants étaient attendus pour le Forum cette année, soit 600 de plus que l'an dernier au Cnit. A noter que, sur les 22 éditions du VMware Forum organisées en Europe, la manifestation parisienne est la seule qui aura bénéficié de l'intervention de Pat Gelsinger. En sa présence, la filiale française a distingué plusieurs de ses clients pour différents cas d'usage. Dans la catégorie Applications critiques, Coliposte a fait évoluer son architecture technique en plusieurs étapes, sans impact pour l'utilisateur, avec l'objectif d'augmenter le nombre de ses utilisateurs SAP. La première étape de son projet a conduit cette filiale de La Poste à passer en un an de 12 à 60 serveurs virtuels. « Nous avons réussi un PRA à des coûts défiant toute concurrence », a commenté David Bizien, son directeur SI Finance assurant disposer avec 60 serveurs virtuels d'une solution moins chère qu'avec 12. « La deuxième étape du projet consistera à fournir des solutions à nos métiers, comme la dématérialisation des factures fournisseur, par exemple », a-t-il indiqué.

120 000 postes de travail déployés chez GDF Suez

Autre client mis à l'honneur ce matin, le système de réservation aérienne Amadeus qui utilise vCloud Suite Enterprise qui met à disposition des environnements de travail en quelques minutes contre plusieurs semaines auparavant. « Nous devrions gagner dix jours par an compte tenu de la partie administration qui nous est ainsi enlevée », a estimé Konstantin Fourkiotis, responsable des services internes.   

VMware a également distingué GDF Suez, utilisateur de sa suite Horizon pour la virtualisation de postes de travail, qui a déjà déployé 120 000 postes de travail (sur 219 300 collaborateurs sur 70 pays). Avec trois catégories de cas d'usage : déploiement sur les utilisateurs sédentaires et sur les utilisateurs mobiles, connectés ou non. Le groupe français propose un portail de self-provisionning sur lequel l'utilisateur déclenchera lui-même les nouveaux services, à son rythme. La solution Mirage permet de sécuriser les données. VMware Synapse sert à assurer la rétrocompatibilité avec les systèmes historiques. L'objectif était d'internaliser le savoir-faire au sein de GDF Suez pour accéder à des services cloud ready (poste de travail, stockage...) et les déployer au rythme de 35 000 postes par an via un intégrateur fournissant un service de bout en bout. « Plutôt que de continuer à installer Windows, est-ce que le cloud ne peut pas venir dans l'entreprise », a résumé Jean-Paul Amoros, directeur de l'infrastructure pour le groupe. « Nous avons voulu internaliser le cloud. Le grand intérêt, c'est de mettre à disposition des services cloud très innovants, par exemple des capacités de stockage importantes pour l'utilisateur ». Il s'agit, a souligné par la suite Jean-Pierre Brulard, vice-président SEMEA de VMware, du plus important projet de managed services dans cette catégorie.Â