Avec l'expansion du cloud et des technologies mobiles, les entreprises attendent de leur DSI qu'elle soit en mesure de faire évoluer rapidement le système d'information en fonction des exigences de l'activité. Or la faible progression accordée ces dernières années aux budgets IT, largement consacrés au maintien de l'existant, contraint ces DSI à devoir chercher des marges de manoeuvre pour pouvoir innover. L'optimisation du SI constitue dès lors l'une des sources potentielles d'économies. 

C'est un domaine sur lequel intervient fréquemment la SSII Capgemini qui a développé son propre outil, Links, pour accompagner ses clients dans cette démarche. Destiné aux équipes de la société de services et à ses clients grands comptes, ce logiciel accessible en mode SaaS s'adresse à des architectes d'entreprise, nous a expliqué Philippe Roques, responsable Europe de l'activité Gestion du patrimoine applicatif de Capgemini, qui pilote 3 000 personnes intervenant sur des contrats de maintenance pluri-annuels. Ses équipes gèrent en moyenne 150 projets simultanés sur lesquels elles rencontrent les mêmes problématiques d'obsolescence et rationalisation que les DSI. "Avec Links, nous ne nous positionnons pas comme éditeur mais comme partenaire de transformation", précise Philippe Roques, même si l'outil peut être exploité par le client.

Rationaliser pour pouvoir innover

Entre, d'une part, le poids du portefeuille d'applications et, d'autre part, la façon dont ce parc est géré par la DSI, la gestion de patrimoine révèle des axes d'optimisation qui pourront être communiqués aux métiers de façon très visuelle à l'aide des outils de représentation fournis par Links : treemaps, graphiques à bulles... Une récente étude de Capgemini, intitulée Application Landscape Report 2013(**), montre que la complexité des SI en place freine la transformation numérique attendue des directions IT. Près de la moitié des personnes interrogées estiment devoir gérer plus d'applications que nécessaire aux besoins de leur organisation. Il y a trois ans, lors de la précédente édition de l'étude, ils n'étaient qu'un tiers à le penser. 

"Les DSI avaient déjà pris conscience que leur parc était très compliqué, cette fois, la gestion d'applicatifs se retrouve au centre de leurs problèmes", souligne Philippe Roques. "Pour innover, il faut pouvoir investir et le besoin de rationalisation est exacerbé par cette nécessité. Il y a un driver économique et un driver lié à la mise en place de l'innovation. Ce que nous cherchons, ce sont des gains structurels car les DSI savent déjà trouver des quick wins". 

30 critères multidimensionnels : techniques, métiers, sourcing...

En s'appuyant sur Links, la SSII répertorie le portefeuille applicatif de l'entreprise (une étape d'environ six semaines) afin de l'analyser ensuite à l'aide d'une trentaine de critères multidimensionnels : techniques, métiers, géographiques, de déliverabilité (sourcing), etc. Les données sont corrélées entre elles pour faire apparaître des axes d'optimisation. L'outil comprend aussi une base de benchmark de 10 000 applications. 

Parmi les axes de visualisation, l'architecte pourra mettre en évidence la criticité des applications les unes par rapport aux autres, leur niveau de complexité tel qu'il est perçu par l'utilisateur, la répartition de la responsabilité opérationnelle, leur ancienneté et le type d'interventions effectuées (gestion de tickets ou développement). Une autre visualisation renseignera sur l'alignement entre DSI et métiers : qui sont les donneurs d'ordre métiers et les guichets IT auxquels ils s'adressent. Suivant les représentations graphiques, s'affichent la répartition des budgets entre les applications, l'équilibre entre le spécifique, les packages et le SaaS, les différentes technologies utilisées (Abap, Java, PHP, .Net, etc.), ou encore les modèles de delivery retenus (onshore, offshore...). Autant de façons de visualiser le portefeuille qui pourront faire apparaître des fragmentations, des dispersions, des applications non critiques et peu utilisées.


Les arborescences (treemaps) représentent chaque application sous la forme d'un bloc. La couleur renseigne sur son caractère critique, sa taille sur le nombre de personnes qui lui sont affectées (ETP). Elles peuvent être regroupées par domaines IT, par fournisseur, etc. Ici, par technologie. (cliquer ici pour agrandir l'image)

Les SI des pays émergents prêts pour la transformation

Links propose aussi trois grandes catégories d'indicateurs. Ils montrent respectivement la contribution de la IT à l'agilité des métiers (% de solutions SaaS, backlogs, etc.), les coûts et les risques sur les applications critiques. Une autre représentation graphique, de type roadmap, permet enfin de vérifier que l'évolution du parc applicatif va dans le bon sens, précise Philippe Roques. La base de benchmarks de 10 000 applicatifs permettra à l'entreprise d'effectuer des comparaisons par rapport à d'autres pratiques : masses critiques, concentration des équipes par technologie, etc.

Ainsi qu'en témoigne l'étude Application Landscape Report 2013, les pays émergents disposent par exemple de SI beaucoup plus modernes, avec un socle qui s'avère davantage en adéquation avec les enjeux de l'innovation, commente Philippe Roques. Outre cet avantage, les  répondants de ces pays en croissance, comme l'Inde, la Chine et le Brési(, se déclarent à 92% satisfaits du dialogue qu'ils ont avec leurs directions métiers, ce qui, relève l'étude, leur donne une longueur d'avance en matière de transformation numérique face à leurs concurrents occidentaux.