Databricks renforce son offre à destination des utilisateurs métier. L’éditeur américain annonce l’acquisition de Row Zero, spécialiste des tableurs cloud capables de travailler sur de très importants volumes de données. Le montant de la transaction n’a pas été communiqué. Avec cette opération, Databricks entend rapprocher les usages du tableur de sa plateforme de données et d’intelligence artificielle. Les technologies de Row Zero doivent notamment être intégrées à Genie, l’assistant IA de Databricks destiné aux utilisateurs métier.
L’enjeu est de permettre à des équipes financières, commerciales ou opérationnelles de manipuler et d’analyser des données dans une interface familière, tout en conservant les données dans l’environnement gouverné de Databricks. L’éditeur cherche ainsi à limiter les extractions vers des fichiers indépendants, qui échappent plus facilement aux mécanismes de contrôle et de gouvernance des plateformes analytiques.
Un tableur connecté aux données d’entreprise
Row Zero propose un environnement de type tableur capable de travailler avec des volumes de données nettement supérieurs à ceux habituellement associés à Excel ou Google Sheets. La plateforme se connecte directement à des entrepôts de données et propose des fonctions liées aux droits d’accès et à l’audit. Fondée par d’anciens ingénieurs d’Amazon Web Services et de Tableau, la jeune pousse s’est positionnée sur un usage intermédiaire entre le tableur traditionnel et les plateformes d’analyse de données. Son approche permet notamment aux utilisateurs de travailler sur des ensembles contenant plusieurs millions de lignes, sans multiplier les copies locales de données. Pour Databricks, cette technologie doit compléter les capacités de Genie. L’objectif est de permettre aux utilisateurs de passer de l’interrogation des données en langage naturel à leur manipulation dans une interface tabulaire, sans nécessairement faire appel aux outils traditionnels des équipes data.
L’acquisition répond également à un problème récurrent dans les projets de gouvernance des données : la prolifération des « spreadmarts », ces bases de données parallèles construites dans des feuilles de calcul et alimentées par des extractions ponctuelles. Si ces pratiques facilitent souvent le travail des équipes métier, elles compliquent le suivi des versions, la conformité réglementaire et le contrôle de la qualité des données. Dans un contexte où les entreprises cherchent à industrialiser l’usage de l’IA générative et des agents autonomes, Databricks estime que ces silos représentent un risque croissant.