Il y a quelques jours, OpenAI annonçait ChatGPT Santé, sa solution IA pour faire remonter des recommandations médicales personnalisées. Il n'aura pas fallu attendre longtemps pour voir la concurrence réagir, au premier rang duquel Anthropic qui a annoncé ce dimanche Claude for Healthcare. Pour l'instant uniquement disponible aux Etats-Unis (comme ChatGPT Santé), cet outil donne la possibilité aux personnes de mieux comprendre leurs données médicales et à se préparer à des rendez-vous importants avec des cliniciens. Ainsi, les abonnés à Claude Pro et Max peuvent donner à l'assistant IA un accès à leurs résultats d'analyses et à leurs dossiers médicaux. « Les connecteurs HealthEx et Function sont disponibles en version bêta dès aujourd'hui, tandis que les intégrations Apple Health et Android Health Connect seront déployées en version bêta cette semaine via les applications Claude iOS et Android », explique Anthropic.
Claude for Healthcare peut résumer les antécédents médicaux des utilisateurs, expliquer les résultats des tests dans un langage accessible, détecter des tendances dans les mesures de forme physique et de santé, et préparer des questions pour de futurs rendez-vous médicaux. « L'objectif est de rendre les conversations des patients avec les médecins plus productives et d'aider les utilisateurs à rester bien informés sur leur santé », fait savoir l'éditeur. A l'instar de ChatGPT Santé, les utilisateurs doivent explicitement accepter l'accès de Claude for Healthcare aux données de santé sachant que les informations traitées ne servent pas non plus à entrainer des modèles.
Echange de données avec des systèmes tiers
Le dernier outil IA d'Anthropic dispose par ailleurs de connecteurs pour s'intégrer à des plateformes tierces, incluant les bases de données des centres de soins et de services de santé pour vérifier les niveaux de couverture et de prise en charge. Il s'interface aussi avec les systèmes des centres pour le contrôle et la prévention des maladies et du registre national des identifiants des prestataires pour faciliter le codage des soins, vérifier les prestataires de santé agréés, valider des demandes de remboursement... Deux fonctions agentiques sont également annoncées : échange de données entre systèmes de santé (FHIR) et examen des autorisations préalables le recoupement entre les exigences de couverture, les directives cliniques, les dossiers des patients et les documents d'appel. « Grâce à ces outils, Claude peut apporter un soutien précieux aux start-ups du secteur de la santé qui développent des applications, ainsi qu'aux grandes entreprises qui cherchent à intégrer davantage l'IA dans leurs activités », fait savoir l'éditeur. « Claude peut extraire les exigences en matière de couverture ou des politiques personnalisées, vérifier les critères cliniques par rapport aux dossiers des patients dans le respect de la loi HIPAA, puis proposer une décision accompagnée de pièces justificatives à l'intention du payeur ». Ou encore aider les équipes soignantes à gérer un volume important de messages, de recommandations et de transferts sur le portail des patients.
Après quelques années d'essai qui n'ont pas réussi à certains fournisseurs comme IBM, les solutions IA ont fini par se répandre de plus en plus dans le domaine médical. Début 2025, une étude publiée dans la revue scientifique Nature Medicine montrait que les chatbots dopés à la GenAI sont souvent plus précis et plus rapides que les médecins pour diagnostiquer les patients. Mais qu'ils avaient encore tout à prouver en termes de raisonnement médical. Pour combien de temps ?