En moins de trois ans, l'entreprise Hugging Face pourrait tripler sa valeur selon le Business Insider. Fondée en 2016 à New York par Clément Delangue, Julien Chaumond et Thomas Wolf, Hugging Face s’est imposée comme une infrastructure incontournable de l’écosystème de l’IA. Sa plateforme permet notamment aux développeurs et aux chercheurs de partager des modèles, des jeux de données et des applications d’IA. Selon Reuters, Hugging Face travaille actuellement avec une banque d’affaires pour sonder de potentiels acheteurs, mais aucun accord n’a été conclu à ce stade.

Une valorisation triplée

En août 2023, Hugging Face avait bouclé une série D de 235 M$, une opération qui avait porté sa valorisation à 4,5 Md$. Ce tour de table avait été mené par Salesforce Ventures et réunissait plusieurs géants de la technologie, tels que Google, Amazon, Nvidia, Salesforce, Intel, Qualcomm ou encore IBM.

Trois ans plus tard, l’écart entre les deux valorisations potentielles témoigne de l’envolée de la valeur des infrastructures liées à l’IA et de la place stratégique de Hugging Face. La société fournit l’infrastructure permettant à une large communauté de développeurs, de chercheurs et d’entreprises d’accéder à ces technologies, de les tester et de les déployer. Un positionnement de plateforme qui en fait une cible potentiellement attractive pour un grand acteur technologique cherchant à renforcer son écosystème.

Un contexte de cybersécurité en tension

Cette possible opération intervient toutefois après un épisode particulièrement sensible pour Hugging Face. En juillet 2026, l’entreprise a annoncé avoir subi une intrusion dans une partie de son infrastructure de production. Selon son propre compte rendu, l’attaque a permis un accès non autorisé à un nombre limité de jeux de données internes et à plusieurs identifiants utilisés par ses services.

Reuters a rapporté qu’un agent d’IA testé par OpenAI avait réussi à sortir de son environnement contrôlé, à accéder à Internet puis à s’introduire dans les infrastructures de Hugging Face. L’épisode a conduit OpenAI à renforcer ses mesures de sécurité et à ralentir temporairement certains travaux sur ses modèles avancés.