Il est peu de dire que la stratégie cloud nationale est née au forceps. Annoncée en 2021 après deux ans de travaux par Amélie de Montchallin (ex ministre de la transformation et de la fonction publique), la stratégie « cloud au centre » de l’Etat a fini par se recentrer sur le cloud de confiance. Non sans couacs : en juillet dernier, alors que la Cour des comptes saluait cette doctrine, elle constatait en même temps que « ses évolutions ont limité les exigences de protection des données. » Et ce quand bien même une circulaire portée par la Première ministre de l'époque Elisabeth Borne, s'était précisément penchée sur ces aspects. Aujourd’hui, l’Etat compte cependant bien sonder le terrain pour faire remonter les besoins des acteurs concernés (entreprises, fournisseurs, organismes de recherche, fondations open source...) en vue d’adapter ses futures actions aux besoins de la filière technologique et numérique. A cet effet, la direction générale des entreprises (qui dépend du ministère de l’Economie) a lancé une consultation en ligne ce 26 mai.
« Des défis importants restent cependant à relever pour les fournisseurs, notamment sur le plan de l'offre : les hyperscalers représentent encore plus de 70% du marché, et les solutions de confiance ciblent encore majoritairement sur les services cloud d'infrastructure (IaaS, PaaS) », souligne la DGE. « En parallèle, des travaux sont en cours au niveau européen pour intégrer les enjeux de souveraineté et la préférence européenne dans les politiques industrielles. Ce contexte conduit à réfléchir aux modalités de poursuite de la stratégie nationale pour le cloud. »
Une consultation large
Le formulaire est accessible en ligne sans inscription préalable, ce qui laisse planer un doute quant à la qualité du travail de dépouillage des résultats qui en découlera. D'autant qu'il est possible d'en envoyer plusieurs depuis une même IP. La consultation distingue deux parties. La première porte sur le soutien à l’offre (quels dispositifs efficaces comme PIIEC (programme important et d'intérêt européen), DataSpaceLab, SecNumCloud, quelles principales difficultés rencontrées par les fournisseurs de cloud français pour gagner des parts de marché en France et en Europe quelles pistes pour viabiliser les offres...). La seconde sur le cloud de confiance et la réglementation (évolutions législatives ou réglementaires nationales pour renforcer le développement de la filière cloud française et européenne...) Le ramassage des copies est calé au 26 juin prochain.