La sanction fait suite à une enquête ayant prouvé qu'AliExpress n'a pas déployé les mesures requises pour empêcher la commercialisation de produits illégaux, dangereux ou contrefaits destinés aux consommateurs européens sur sa plateforme. L’entreprise à elle-même déclaré qu’au moins 15 millions de produits illégaux ont été recommandés à des utilisateurs de l’Union européenne en 2025 malgré les efforts de modération de la plateforme.
D’après l’enquête, certains produits non conformes étaient boostés par le site par le biais de recommandations commerciales et de publicités. Parmi les recommandations faites aux utilisateurs du site, des jouets pour enfants non sécurisés, des vêtements contrefaits ou encore des produits cosmétiques. « Pour avoir accès au marché, il faut que les services soient sûrs, il faut évaluer les risques et les atténuer efficacement », a rappelé la Commission européenne lors d’un point presse ce lundi 20 juillet.
Des procédures internes défaillantes
L’UE reproche à la plateforme chinoise des contrôles de conformité insuffisants et facilement contournés par des vendeurs malveillants. Ces derniers auraient volontairement classé certains produits dans la mauvaise catégorie afin d’échapper aux systèmes de vérification de la conformité de ces derniers. Une faille facilement exploitable en raison d’un effectif insuffisant. AliExpress a réagi à la suite de l’annonce, dénonçant « une amende disproportionnée ». Les ministres Roland Lescure, Serge Papin ou encore Anne Le Hénanff, soulignent que les acteurs français sont régis par de strictes réglementations, par conséquent, ils ne peuvent pas se permettre d'être exposés à une concurrence qui ne suit pas les mêmes directives. Une sanction qui véhicule un message fort en soutien aux entreprises en France et en Europe.
Les investigations ont mis en lumière des failles répétées dans les processus internes d’AliExpress pour limiter la diffusion de produits illégaux, dangereux ou contrefaits, notamment un dysfonctionnement du système de détection, une absence de sanctions à l’encontre des vendeurs incriminés ou encore une persistance des articles signalés et des contrôles contournables.
Après l’amende de 200 millions d’euros infligée à son cousin Temu en mai dernier, l’Union européenne réaffirme sa volonté de réguler les plateformes en ligne avec cette amende record.
Cette amende s’inscrit dans le cadre de la procédure engagée en 2024 pour soupçon de violation du Digital Services Act. Le marché européen est le plus important de l’entreprise avec 193 millions de consommateurs et utilisateurs. AliExpress a jusqu’au 20 octobre pour présenter un plan d’action à la Commission européenne et se mettre en conformité.