Récemment Gartner a publié une étude montrant que la zone Europe allait tripler ses dépenses entre 2025 et 2027 sur les infrastructures cloud souverain pour atteindre 23,7 Md$. Un mouvement porté par les inquiétudes géopolitiques et les risques de coupure de service. Une menace loin d’être anecdotique avec la récente affaire de la suppression des comptes de procureur de la Cour pénal internationale. Pour répondre à ces problématiques et éviter d’être écartés de ce marché, les fournisseurs américains de services cloud mènent une offensive marketing sur le « cloud souverain ». Dernier exemple en date, Microsoft qui étoffe son offre Sovereign Cloud dévoilée en juin 2025 avec des services en mode déconnecté du cloud public... Un simple cloud privé anciennement connu sour le nom Azure Stack et lancé en 2017.

La société a profité d’un évènement à Londres pour annoncer la disponibilité d’Azure Local et Microsoft 365 Local en mode déconnecté. Le premier est donc une offre de cloud privé anciennement connue sous le nom Azure Stack HCI et présentée en novembre 2024. La version isolée répond à un besoin de certains clients qui ont de problèmes de connectivité ou des contraintes réglementaires fortes, assure la firme de Redmond. Dans une page dédiée, elle fixe les critères pour prétendre à ce service avec une configuration minimale de cluster : 3 nœuds, 96 Go de mémoire par nœud et au moins 2 To de stockage sur SSD/NVMe. Le matériel est aussi à choisir dans un catalogue imposé par Microsoft. Côté support, le forunisseur indique dans son document envoyer au client « un package de mise à jour mensuelle incluant tous les composants essentiels : l’appliance, le logiciel Azure Local, AKS et les agents de service compatibles Arc ». Interrogé sur la persistance de ce support en cas de décision politique de suspendre le service et la durée de continuité de service sans trop de dégradation, Microsoft n’a pas répondu.

La bureautique et l’IA en ligne de mire

Par ailleurs, le fournisseur propose sa suite bureautique et collaborative en mode isolé. Concrètement, Exchange Server, SharePoint Server et Skype for Business Server peuvent fonctionner entièrement au sein du réseau du client. Les équipes peuvent collaborer, partager des documents et communiquer sans que les données ne transitent par des réseaux externes. Tout fonctionne selon les politiques définies par le client, qui contrôle pleinement l'accès, la conformité et la résilience des données. Dans sa communication, Microsoft affiche un support jusqu’à 2035 des composants. Là encore, interrogé sur la question des mises à jour en cas de décision d’interrompre le service (kill switch), l’éditeur botte en touche en expliquant qu'« Azure Local prend en charge les opérations en mode déconnecté grâce à un plan de contrôle local. Ce dernier donne la possibilité aux clients de gérer localement les mises à jour, la supervision et les opérations de cycle de vie ». Mais en l'absence d'accès aux mises à jour, point de support.

Enfin, Microsoft a présenté Foundry Local où des LLM multimodaux peuvent s’exécuter via une interface CLI, un SDK ou une API REST sur les terminaux du client. L’offre s’appuie sur Azure Local qui propose du matériel comprenant des GPU notamment ceux de Nvidia, AMD mais aussi Microsoft avec ses puces Maia 200. Le service répond à plusieurs besoins selon le fournisseur : conserver les données sensibles en interne, fonctionner dans des environnements limités ou hors connexion, réduire les coûts d’inférence, obtenir des réponses IA à faible latence… Actuellement en préversion, Foundry Local sera déployé progressivement.