Après avoir intégré un éditeur de texte en 2024 et un tableur en décembre dernier, Proton ajoute à sa suite bureautique et collaborative en mode SaaS une brique visioconférence avec Meet. Le fournisseur suisse commercialise désormais une solution plus complète et rebaptise l'ensemble Workspace pour l’occasion. Elle se pose en alternative européenne à M365 de Microsoft, Workspace de Google et aussi Workspace de Zoom (avec un traitement de texte basic et sans tableur). « Il nous manquait cette brique pour avoir une offre complète et nous avons travaillé pendant un an pour mettre au point Meet », nous a indiqué Raphaël Auphan, directeur des opérations chez Proton, rencontré à l’occasion du FIC qui se déroule à Lille du 31 mars au 2 avril. Elle rivalise également avec d’autres initiatives européennes (NextCloud, Office-EU,…) ou françaises (Wimi, Jamespot, Tixeo, Linagora,…).

Un service de visio sécurisé

Pour se démarquer de la concurrence, le fournisseur met en avant la sécurité renforcée, la souveraineté de l’infrastructure et les composants open source de Meet. Sur le premier point, le service s’appuie sur le protocole MLS (messaging layer security) devenu un standard en 2023 auprès de l’IETF. Proton intègre plusieurs garanties comme la confidentialité, l’intégrité et l’authenticité des messages, l’identification des membres, des échanges asynchrones,…  Pour la partie purement visioconférence, Proton a fait le choix d'exploiter le framework open source Livekit. « Nous avons testé Jitsi, mais Livekit était mieux en termes de performances », souligne Raphaël Auphan. Ce composant sert souvent de base pour de nombreux projets de plateforme de vidéoconférence comme la solution Visio développée par la Dinum.

Côté fonctionnalités, Meet affiche des capacités basiques comme le partage d’écran et la possibilité de planifier des réunions en s’intégrant avec les calendriers de Proton, Microsoft ou Google.De même, l'organisateur est le seul à pouvoir enregistrer la réunion. Une fonction réservée pour les forfaits payants au service. Côté IA, Meet ne propose pas encore de fonctionnalités comme la transcription en temps réel ou les résumés automatiques. « Nous travaillons sur la possibilité de retranscrire la réunion avec l'assistant IA Lumo », précise le dirigeant sans donner de date. 

La suite Business devient Workspace

L’application Meet est disponible sur mobile (iOS et Android) et sur PC (Linux, Mac et Windows) en version standard gratuite (avec une limite de 50 participants et 1h de conversation par appel) ou avec une déclinaison professionnelle sans contrainte pour 7,99 HT. Elle est également accessible via le package Workspace Standard qui intègre Mail, Calendar, Drive, Docs et Sheets, Meet, VPN, Pass et 2 To de stockage à 12,99€ HT par mois avec un engagement d’un an (14,99€ HT sans engagement) ou Workspace Premium avec un espace de stockage étendu (3 To), des politiques de conservation des données de messagerie, un nombre de participants plus élevé par appel Meet et l’assistant IA Lumo pour 19,99€ HT par mois avec un engagement d’un an (24,99€ HT sans engagement).

Le profil des clients pour ces offres sont divers, observe Raphaël Auphan. « Il s’agit principalement de PME et ETI, mais nous commençons aussi à être approchés par des grands groupes qui cherchent des alternatives européennes pour réduire leur dépendance numérique » avoue-t-il Pour renforcer la commercialisation des services auprès des entreprises, il prévoit de s’appuyer sur un réseau de partenaires, revendeurs et MSP en cours de création. « C’est un de nos chantiers pour 2026 », souligne le dirigeant. Pour le futur également, l’éditeur travaille sur un outil de présentation concurrent de PowerPoint.