Si vous nous avez suivis en juin dernier, vous vous souvenez peut-être que nous avions déjà rencontré les dirigeants de Fusion-IO dont le directeur scientifique n'est autre que le célèbre Woz, Steve Wozniak,  le cofondateur d'Apple avec Steve Jobs. Malheureusement, une fois de plus Woz nous a fait faux bond pour cause de déplacement en Europe. Nous avons toutefois pu discuter avec les dirigeants de Fusion-IO qui nous ont dévoilé leurs produits à venir. Toujours basée à Sake Lake City mais avec des bureaux commerciaux à San José, la start-up reste spécialisée dans les cartes PCIe équipées de mémoire Flash SLC ou MLC (selon la capacité) pour accélérer les échanges sur les serveurs. Cette mémoire additionnelle, qui vient se placer entre la RAM et les disques SSD internes ou intégrés dans des baies SAN, dope les échanges entre les processeurs et les logiciels en réduisant le temps de latence lié à l'usage d'un réseau. HP, IBM et Dell revendent aujourd'hui ces produits en OEM pour améliorer les performances de leurs serveurs notamment en transactionnels.


Jim Dawson vice président en charge des ventes et Lance Smith COO chez Fusion-IO

Mais pour tenir ses concurrents à distance, LSI et Texas Memory Systems notamment, Fusion-IO préannonce une troisième famille de cartes, en complément des séries ioDrive et ioDrive Duo, les  ioDrive Octal. Cette dernière offre une capacité de stockage maximale de 5,12 To, toujours avec des composants Flash Nand MLC sur un bus PCIe Gen2 16x. Ce qui permettrait un débit théorique de 6 Gbit/s en lecture et de 4,4 Gbit/s en écriture, jusqu'à jusqu'à 740 000 entrées / sorties par seconde (IOPS) en lecture et 1 112 000 IOPS en écriture et un temps de latence de 30 ms. Rappelons que les modèles ioDrive et ioDrive Duo plafonnent quant à elle à 640 Go et 1,28 To. Le prix des modèles ioDrive Octal n'est pas encore annoncé, mais il devrait être coquet (80 000 $ environ. Précisons qu'il faut compter 12 000 $ pour une carte ioDrive Duo de 320 Go et environ 20 000 $ pour la version 640 Go. « Nous avons créé quelque chose entre la DRAM et le stockage pour combler le fossé entre les deux technologies nous explique Jim Dawson vice président en charge des ventes chez Fusion-IO. Personne n'est encore arrivé sur le marché avec ce niveau de performances. Nous allons continuer à innover et nous n'avons pas peur de la concurrence. Nous ne saturons pas encore le bus PCIe, nous pouvons encore progresser. »

Carte ioDrive Octal offrant une capacité de stockage maximale de 5,12 To

Outil de monitoring à venir

En complément, la start-up annonce également un outil pour gérer ses produits. « Nos clients veulent précisément savoir ce qui se passe. Nous fournissons donc la plateforme IOSphere  pour centraliser la supervision de nos produits ». Cet outil, disponible au 1er trimestre prochain, se compose en fait de deux éléments : ioManager pour gérer les cartes Fusion-IO dans un serveur et ioDirector pour un Datacenter. Enfin, pour réduire le temps de latence, ioMemory permettra placer en cache des données habituellement conservées dans une baie SAN ou NAS.

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Sauvegarde en ligne avec i365

La même journée, nous avons été à la rencontre d'i365, une filiale de Seagate spécialisée dans la sauvegarde. Cette dernière annonce une solution de stockage en ligne qui concurrence celle de StorSimple que nous avons détaillé hier (voir lien). Mais là où StorSimple propose un appliance à installer dans l'entreprise pour ensuite dédupliquer et compresser les données qui seront sauvegardées dans un cloud, i365 préfère se reposer sur un VAR. C'est en effet ce dernier qui proposera aux PME-MPI une solution de sauvegarde mutualisée en ligne, un cloud de nos jours, grâce à un appliance i365 baptisé Evault CCSp (Cloud Connect Service Provider Programm). Terry Cunningham, président d'i365, nous a détaillé cette annonce qui compte déjà plusieurs partenaires en France : Akube, CFI, Diademys, Noeva, Act400 ou encore Champagne Informatique. « Nous proposons une solution de sauvegarde aux VARs qui souhaitent ajouter des offres de services cloud à leur catalogue pour ne perdre leurs clients. Les clients paient ici pour l'espace de stockage qu'il utilise dans une architecture multi couches » précise Terry Cunningham. Pour utiliser la solution Evault, les clients doivent installer un agent sur leurs serveurs pour assurer la déduplication et la compression des données qui seront stockées sur les Datacenter d'i365. La compagnie reste très discrète sur le nombre et les capacités de ses datacenters. En Europe un Datacenter à Amtserdam et un autre à Londres répondront aux besoins nous assure le dirigeant de la compagnie. « Le 1er back-up est complet et les suivants incrémentaux », nous précise George Hoening, responsable des produits et des services chez i365. « De base l'appliance est livré avec 10 To dont 3 To seulement sont activés. L'espace disponible est mis en service à la demande. Chaque appliance fonctionne avec une seule instance logicielle pour assurer la sauvegarde de plusieurs clients et éditer des factures détaillées ». Chaque sauvegarde est bien sûr séparée et cryptée dans cette architecture multitenant. Les données sont ensuite répliquées sur les datacenters d'i365 pour garantir une sécurité maximale.

Terry Cunningham, président d'i365

En cas de défaillance du revendeur, le client ne pourra pas s'adresser directement à i365. Il devra repasser par un autre VAR pour retrouver son service. « Il n'y a pas de contrat entre i365 et les entreprises, précise à ce sujet Terry Cunningham. Le business model passe uniquement par les partenaires qui possèdent l'appliance sur leur site. Précisons que cette dernière est vendue 17 800 € avec 3 To activés et la sauvegarde facturée 0,80 centime pour un Go par mois. « Nous avons trouvé un intérêt particulier en France pour notre solution »  explique Valerie Fawzi, responsable marketing chez i365. « C'est une première étape pour que les VARs deviennent des partenaires de confiance pour la sauvegarde d'autres services à venir. Par exemple héberger temporairement des machines virtuelles en attendant qu'un client résolve un problème serveur », souligne Terry Cunningfham. On le voit à différence de StorSimple qui supprime les intermédiaires entre le client et son stockage cloud, i365 souhaite réinstaller les revendeurs spécialisés au coeur du business cloud.