En février 2025, Paris a été la capitale éphémère de l'IA à l'occasion du sommet pour l'action IA. Un an plus tard qu'en retenir ? « Il y a eu un avant et un après le sommet de Paris », a lancé la ministre déléguée à l'IA et au numérique Anne Le Hénanff lors d'un point presse à Bercy ce mardi. « Un an après le sommet la France a confirmé sa position parmi les leaders mondiaux de l'intelligence artificielle [...] La France dispose aujourd'hui d'un écosystème complet, des chercheurs et des instituts d'enseignement supérieur de tout premier plan, des talents parmi les meilleurs au monde, des PME, des start-ups et des grandes entreprises pleinement engagées pour appliquer l'IA à tous les secteurs ».
La ministre est aussi revenue également sur les 109 Md€ d'investissements privés annoncés l'an dernier. Et avancée des chiffres évoqués la semaine dernière lors des premières rencontres des centres de données, comme 75 % des porteurs de projets ayant déjà sécurisés un site ou étant sur le point de le faire, 52 entreprises bénéficiant de l'accompagnement de l'Etat, et 5,8 gigawatts de puissance électrique sécurisés par des porteurs de projets. « En structurant cet écosystème, nous donnons à la France les moyens de maîtriser les chaînes de valeur de l'IA et offrir des capacités de calcul compétitives, durables et sécurisées », a indiqué la ministre. Si Anne Le Hénanff avance le chiffre de 2,6 Md€ levés par les start-ups IA françaises sur l'année écoulée, rappelons toutefois qu'à lui seul Mistral en a capté 1,7 Md€, ce qui fait ressortir « seulement » 900 M€ pour d'autres, dont 171 M€ pour Harmattan AI, 90 M€ pour Genesis AI, et 60 M€ pour Gradium. Dans un récent rapport, le cabinet EY expliquait par ailleurs que sans cette levée de fonds gigantesque, les investissements dans les start-ups IT françaises auraient chuté de 26 % en 2025 !
Carte des sites de datacenters IA en France en projet. (crédit : DGE)
2025 ou l'éveil d'une IA souveraine
L'an dernier, l'Etat s'était par ailleurs engagé fournir un assistant aux agents publics, les former et déployer des premiers cas d'usage métier pour commencer à voir des vraies avancées. Un pari annoncé comme gagné avec l'annonce en octobre dernier d'un assistant conversationnel souverain, Assistant IA, alimenté par les modèles de Mistral et ouvert une expérimentation à 10 000 agents, et près de 50 000 agents formés. Des chiffres certes encourageants, mais qui paraissent très éloignés des 5,6 millions d'agents employés à l'échelle nationale, bien que l'IA n'étant pas toujours adaptée à toutes les populations. Sans oublier Visio - récemment généralisé à tous ses services - et le lancement de la démarche de l'appel à manifestation d'intérêt Solutions d'IA pour le service public menée en 2025 qui a permis d'identifier plus de 100 solutions issues de l'écosystème français et européen poussées auprès des administrations.
2025 a aussi été aussi l'année du déclic - dans un contexte géopolitique tendu - du « réveil d'une souveraineté européenne » et d'une IA durable soutenue par une coalition de 90 signataires - 220 aujourd'hui - qui compte bien peser dans le cadre du prochain sommet IA de Delhi. Sans oublier le lancement de Current AI pour soutenir les développements de l'intelligence artificielle au service de l'intérêt général tel que la protection et la sécurité de la navigation en ligne des enfants. Dans le cadre du soutien à l'écosystème IA en France, la ministre a également annoncé les lauréats de deux dispositifs de soutien que sont France LegalTech et de l'appel à projets des Pionniers de l'IA porté par Bpifrance et l'Inria dans le cadre du plan France 2030. « Ces projets, soutenus à hauteur de 10 millions d'euros, illustrent la diversité et l'excellence de notre écosystème », a assuré la ministre.