Après AT&T, c’est au tour de T-Mobile de s’opposer à Broadcom sur la question des licences VMware et en particulier du support des produits de l’éditeur. Selon The Register qui a obtenu un accès au dossier le litige porte sur un accord conclu entre l’opérateur et VMware en août 2023 qui prévoyait l’acquisition de licences perpétuelles et deux années de support pour certains logiciels, avec une option pour une année supplémentaire de support.
Avec le rachat de VMware en 2023, Broadcom a cessé de commercialiser les licences perpétuelles, ainsi que les contrats de support autonomes pour les clients détenant ces licences. Le fournisseur les oriente vers son offre packagée VCF (VMware Cloud Foundation) plus coûteuse. Les contentieux sur la question du droit à l’extension de support a fait l’objet de plusieurs contentieux. L’opérateur américain AT&T a attaqué puis a trouvé un accord aux conditions confidentielles avec Broadcom pour arrêter la procédure. De son côté la chaîne de supermarché britannique Tesco poursuit son action.
Une injonction et des négociations
Dans un document compulsé par nos confrères, T-Mobile se sert des produits VMware depuis 2008 et les exploite sur au moins 303 000 cœurs de processeurs. Le spécialiste de la virtualisation est donc un élément essentiel pour l’hébergement de 1000 applications de l’opérateur. En 2024, Broadcom a informé T-Mobile qu'il ne renouvellerait pas le support à l'expiration de l'accord initial de deux ans, prévue pour 2025. L’opérateur a demandé une injonction pour contraindre la société à fournir une extension de support et aurait proposé un accord à 20 M$ pour deux années de support supplémentaires. Le tribunal a accordé cette injonction en obligeant Broadcom à fournir une assistance au-delà d’août 2025 contre le versement de 5,28 M$.
Les deux parties ont continué leurs discussions. Broadcom a proposé un accord à 24 M$ pour une extension d’assistance couvrant six produits. Cette somme couvre les coûts liés à plus de vingt employés nécessaires pour assister T-Mobile. Ce dernier a répliqué en soulignant qu'il n'avait passé que deux appels au support en 2026, ce qui justifie difficilement un effectif et une dépense aussi considérables. Reste que la situation revêt maintenant un caractère urgent car l’injonction expire le 3 août 2026.