Plus de 3 500 clients et partenaires de Google Cloud se sont donné rendez-vous ce 4 juin à Paris à l’occasion de l’édition française du Cloud Summit 2026 du fournisseur américain. « Nous avons énormément investi et créé 140 zones de cloud, un réseau dédié pour connecter l’ensemble de ces datacenters et énormément investi pour mettre les dernières puces [NDLR: l'entreprise a présenté en avril dernier les TPU 8t et 8i] à votre disposition sur l’ensemble de ces zones », a lancé Anthony Cirot, vice-président EMEA South de Google Cloud, en ouverture de la conférence. « Nous sommes passés de challenger à un acteur établi sur le marché et de premier choix. » Entre 2021, le dirigeant a rappelé que la société a vu son chiffre d’affaires passer de 19 Md$ à 58,7 Md$ avec aujourd’hui des profits de 12 Md$, ce qui n’était pas le cas il y a 5 ans où elle affichait une perte supérieure à 3 Md$. Le dirigeant s’est par ailleurs félicité d’un gain de part de marché, aujourd’hui de 14 % contre 10 % en 2021.
A l’occasion de sa conférence, le fournisseur a mis en avant de nombreuses références sur le territoire dont AG2R La Mondiale, Axa, BPCE, Boulanger, Carrefour, CMA CGM, Doctolib, E.Leclerc, France Travail, Kiabi, LCL, Limagrain, L’Oréal, RATP Dev, Renault, Vinci... Il a également évoqué le sujet sensible de la souveraineté à travers S3ns, la co-entreprise créée avec Thales. « En décembre dernier, tel un cadeau de Noël, nous avons reçu la labellisation SecNumCloud qui fait définitivement de S3ns le premier hyperscaler européen à disposer de ce label. »
Une région clone de S3ns en Allemagne
Google Cloud a ainsi annoncé l’extension de son partenariat avec Thales en Allemagne correspondant à une deuxième région similaire à celle déjà déployée en France. Il s’agit d’une autre entité dédiée, rattachée à 100 % à Thales Allemagne, qui va apporter l’équivalent de ce qui est proposé en France, c’est à dire Premi3ns avec les mêmes services et tarifications. En bêta chez des premiers clients, elle sera disponible pour tous les utilisateurs fin 2026. « L’enjeu est d’adresser le marché allemand qui est le marché cloud le plus important avec la France et dont les besoins de souveraineté sont importants aussi, et que notre partenariat prenne aussi une dimension européenne », a fait savoir Cyprien Falque, directeur général de S3ns dans un récent point presse. Avec cette ouverture, la société promet à ses clients tant Français qu’Allemands de bénéficier de deux régions, avec une technologie identique, répondant à la problématique de reprise après sinistre avec un même niveau de back-up et de souveraineté et de protection des données.
« La solution est conçue pour répondre le mieux possible aux exigences du C3A », a expliqué dans un point presse Cyprien Falque (à gauche sur la photo) à propos de la région S3ns ouverte en Allemagne pour l'instant en bêta. (Crédit DF)
Ce clone de S3ns en Allemagne vise également des certifications de sécurité croisées pour répondre aux enjeux de conformité des entreprises, avec des premiers signes d’intérêt de différents clients dans des secteurs régulés comme la finance, la santé, le secteur public... « Nous avons le soutien du BSI allemand et l'offre est conçue pour répondre le mieux possible aux exigences du modèle C3A (un référentiel d''exigences techniques, opérationnelles et de sécurité pour les services cloud). », glisse le dirigeant. Visant principalement les clients outre-rhin, cette structure pourra également attirer des entreprises françaises (clients ou prospects) soucieuses d’activer une deuxième région avec un très haut niveau de sécurité garanti. « Les trois datacenters dans chaque région sont opérés physiquement par des entités Thales, avec uniquement des employés de S3ns qui pourront maintenir le hardware, sur la partie logicielle Google envoie les mises à jour en continue dans une zone de quarantaine vérifiée par Thales avec la possibilité de valider le code source si besoin et ensuite c’est S3ns qui opère, administre et monitore les alertes en étant les seuls à avoir la main, avec le support client 1,2,3 et la contractualisation », indique Cyprien Falque.
80 % du temps consacré à l’évaluation de l’IA chez Doctolib
Google Cloud a aussi donné la parole à de nombreux clients, parmi lesquels Doctolib. « Dans le domaine de la santé toutes les données sont quasiment non structurées et sont très difficiles à traiter par des modèles traditionnels de machine learning, avec les LLM nous avons passé un cap en termes de complexité des produits que l’on développe pour améliorer le quotidien des soignants qui passent une bonne partie de leur journée sur des tâches administratives », a expliqué Nacim Rahal, vice-président data et IA de Doctolib.
Après avoir mis en place en 2023 un assistant IA de consultation pour retranscrire les conversations patientes, résumer des notes de consultation, structurer et codifier les données médicales et les stocker dans le dossier médical ». Plusieurs défis ont cependant être relevés : « Nous devions nous assurer que les outils IA fassent ce qu’ils doivent faire. Il n’y a pas de recette magique, c’est énormément de travail d’évaluation sur lequel on passe 80 % de notre temps contre 20 % pour le développement », fait savoir Nacim Rahal. Dans le cadre de stratégie IA, Doctolib a aussi créé un lab IA en partenariat avec l’Inria pour mesurer la certitude de prédiction d’un modèle ou prévoir le prochain événement médical qui pourrait arriver. Outre Doctolib, d'autres retours utilisateurs ont été réalisés dont celui de Webedia sur lequel nous reviendrons prochainement.
Alexandre Caussignac, directeur de l’expérience client chez Google Cloud France, a démontré l'intérêt des agents IA et leur interaction aussi bien avec les utilisateurs que l'infrastructure applicative des entreprises. (Crédit DF)
Les agents IA en action
Lors de son Summit, Google a également réalisé plusieurs démonstrations autour de l’IA. Comme celle de l’organisation d’un marathon de nuit (fictif) à Paris pour lequel un jumeau numérique de la capitale a été créé sur lequel différents agents ont été intégrés : planificateur (définition des parcours), évaluateur (évaluation de la conformité des critères comme la distance, la sécurité...), et simulateur (lancement de plusieurs courses pour vérifier que tout se passe bien). Avec à la clé la capacité de prévoir notamment le temps et le déroulé de l’événement en fonction du nombre de participants prévus pour maitriser plus sereinement son organisation.
Google Cloud a poussé le curseur de la démonstration plus loin avec des agents pour chaque coureur et pour l’organisateur afin de faire de ce marathon soit le « plus roulant » à savoir que le temps médian de l’intégralité des coureurs soit inférieur à celui d’un autre marathon, celui de Boston. « Nous avons mis à disposition des coureurs la capacité de pouvoir exporter l’intégralité de leurs données brutes via leurs montres connectées dans Big Query pour comprendre ces données au format brut avec Conversational Analytics pour proposer une sémantique à ces agents pour qu’ils puissent poser des questions comme par exemple la corrélation entre la fatigue et la dérive cardiaque des coureurs sur les derniers mois », explique Alexandre Caussignac, directeur de l’expérience client chez Google Cloud France. Dans le cadre de ce scénario, de la pluie est arrivée en cours de parcours avec un risque que les coureurs baissent leur allure sur un terrain pavé devenu glissant. « Les coureurs ont partagé leurs vitesses, leurs dérives cardiaques, leurs modèles de chaussures... et en regardant les dérives cardiaques et les modèles de chaussures on a pu isoler 2 000 coureurs concernés et avec Big Query et AlloyDB nous avons pu notifier les coureurs de ralentir sur une partie du parcours et accélérer sur une autre, et déclencher un negative split, c’est à dire la capacité d’un coureur à aller plus vite en deuxième partie de course qu’en première.