Ils étaient nombreux (environ 2 400 participants) à se presser au Palais Brongniart à Paris pour le S3ns Summit organisé par la co-entreprise entre Thales et Google. Une édition qui suit l’obtention en décembre dernier de la qualification SecNumCloud 3.2 par l’Anssi de l’offre cloud public nommée Premi3ns. Elle comprend à la fois du IaaS, PaaS et du CaaS (container as a service). Cyprien Falque, directeur général de S3ns a précisé sur scène avoir obtenu récemment la certification HDS (hébergement des données de santé) utile pour candidater au futur appel d’offres de l’hébergement du Health Data Hub et la certification ISO 27001.

Des clients témoignent

S3ns revendique aujourd’hui environ 70 clients dont une grande majorité sont des sociétés privées. Le secteur public représente environ 20% mais reste pour l’instant au stade de PoC, indique Hélène Bringer, présidente du fournisseur de cloud lors d’un point presse. C’est le cas par exemple de France Travail où le DSI Samir Amelal a expliqué su scène être encore en phase de sélection du cloud de confiance pour « accélérer l’innovation ». Il regarde notamment des services comme « composer, Eventarc (architecture event-driven) GKE (Google Kubernetes Engine ». Il ajoute, « nous regardons les différents cas d’usage qui pourront aller sur le cloud souverain ».

De g à d, Ayhan Saleh Yldiz,  DSIN de la direction du parc nucléaire et thermique d’EDF, Jean-Christophe Lalanne, ex DSI d'Air France et Samir Amellal, DSI de France Travail ont évoqué le choix de collaborer avec S3ns. (crédit : JC)

Même stratégie pour EDF qui a retenu S3ns et Bleu comme cloud de confiance. Ayhan Saleh Yldiz,  DSIN de la direction du parc nucléaire et thermique d’EDF, précise en préambule que ce choix porte sur le SI de gestion et non de commande et contrôle des équipements nucléaires. « Nous travaillions déjà avec Google Cloud dans le cadre de notre stratégie de cloud public. Avec le cloud de confiance, nous allons pouvoir aller plus loin notamment autour de l’IA », explique le dirigeant sans donner plus de détails.

Une validation accélérée des services Google

Le DSI fait ici certainement référence à l’offre Vertex AI qui va arriver au second semestre 2026 indique Blaise Vignon, chef produit et marketing chez S3ns. « Elle sera disponible par brique avec en premier lieu le model garden, c’est-à-dire la capacité d’avoir le choix de différents LLM », explique-t-il. La société travaille notamment sur les modèles de Mistral et Gemma de Google. Interrogé sur Gemini, le modèle phare de Google devrait être accessible prochainement, glisse Hélène Bringer sans donner de date précise. De même sur la partie IaaS, S3ns proposera bientôt du GPU as a service avec les GPU B200 de Nvidia. 

La feuille de route de S3ns prévoit l'arrivée de Vertex AI au second semestre 2026. (crédit : JC)

Une chose est sûre le portefeuille de services Google dans Premi3ns va s’étoffer rapidement. Le fournisseur cloud a en effet négocié avec l’agence nationale de la sécurité des systèmes d'information de les qualifier plus rapidement que la labellisation initiale. « S’il n’y a pas de changement de paradigme de sécurité, nous adresserons directement à l’Anssi une analyse de risque plus des pentests pour ensuite attendre la validation », précise Cyprien Falque. Une procédure qui devrait prendre « de l’ordre du mois » contre six mois pour le label SecNumCloud. Concrètement, S3ns dispose d’une trentaine de services validés (BigQuery, Compute Engine,..). D’autres sont attendus en 2026 comme Vertex AI cité précédemment, Cloud Run (service de calcul managé), Filestore (stockage de fichier managé), dataproc (service Spark et Hadoop). En 2027, le fournisseur prévoit de lancer Alloy DB (PostgreSQL managé), Dataflow (analyse de flux).

Des partenaires à séduire, une expansion européenne à faire

En complément de ces services, S3ns souhaite aussi construire son écosystème de partenaires et d’éditeurs. « Il s’agit d’un vrai enjeu pour accueillir sur notre plateforme des éditeurs, des SSII, des intégrateurs », indique Cyprien Falque. La société avait déjà préparé le terrain avec son EAP (early adopter program) en recrutant des spécialistes de la cybersécurité comme Memority dans le domaine de l’IAM. C’est le cas aussi de la start-up Pigment, spécialisée dans la planification financière qui va s’appuyer sur S3ns pour développer rapidement des applications IA, de l’analyse de données et l’élaboration de modèle. D’autres références devraient enrichir le catalogue dans les prochains mois.

Pour l’avenir, le fournisseur de cloud voit au-delà des frontières nationales avec la volonté de s’étendre en Europe. « Avec cette expansion, le marché adressable sera plus important et nous serons plus résilient », reconnait Cyprien Falque. Il ne donne cependant pas les prochaines implémentations, même si l’Allemagne est probablement la première étape. Reste un écueil et non des moindres, l’absence d’harmonisation européenne dans les certifications pour les cloud de confiance. Les débats récents sur EUCS et l’intégration de l’immunité aux lois extraterritoriales montrent que la partie est loin d’être gagnée.