Les informations de Marie Joe Folley étaient donc vraies. L’analyste avait évoqué le lancement prochain d’une licence Microsoft 365 pour les grandes entreprises incluant des agents IA. L’éditeur n’a pas attendu longtemps en dévoilant hier la licence E7 de la suite bureautique et collaborative. Proposée à 99 dollars HT par utilisateurs et par mois (le montant pour la France n'a pas encore été communiqué), elle comprend Microsoft 365 Copilot - contrairement à E5 - ainsi que les services Agent 365, un système de supervision des agents IA  (dévoilé en novembre dernier et disponible à partir du 1er mai en produit autonome pour 15 $ HT par mois) s'intégrant à la gestion des identités (Entra), aux contrôles de conformité (Purview) et aux outils de sécurité (Defender XDR). La suite sera disponible à partir du 1er mai.

Avec cette licence, Microsoft espère pousser les grands comptes à adopter l’IA agentique et monter en gamme dans leurs abonnements. A l’occasion de ses résultats du second trimestre le 28 janvier dernier, le fournisseur a précisé que seuls 15 des 450 millions de souscriptions à Microsoft 365 ont opté pour son assistant à base d’ IA en excluant les utilisateurs de Copilot Chat, inclus dans le licence de base. Néanmoins, la tarification de la licence E7 représente une hausse importante par rapport à la licence E5 (60 $ HT par utilisateur et par mois, 55,2 € HT) et demande une analyse approfondie du TCO, de la stratégie IA de l’entreprise,…

Copilot embarque Cowork Claude d’Anthropic

En complément de cette licence E7, Microsoft ajoute Claude Cowork d'Anthropic en version beta au sein M365 Copilot au coté de ChatGPT d'OpenAI. Un choix qui montre que l'éditeur considère qu'Anthropic est plus en avance sur l'IA agentique que son partenaire de longue date. Dans un blog, la société précise que « Copilot appliquera automatiquement le modèle le plus adapté à la tâche, en tenant compte du contexte de votre entreprise et en garantissant la sécurité et la gouvernance assurées par Microsoft. » Pour rappel, Cowork a été lancé en janvier dernier pour initialement optimiser les tâches et les espaces de travail des agents avant de l'étendre à plusieurs métiers en février. Dans M365, l'agent capable de gérer plusieurs tâches en arrière-plan au sein des applications de la suite. Microsoft donne l’exemple de la gestion de l’agenda ou de la préparation complète des réunions.

Copilot Cowork est en mode beta pour les abonnés au programme Frontier (Crédit Microsoft)

Pour J.P. Gownder, vice-président et analyste principal chez Forrester, Copilot Cowork présente certaines limitations par rapport à l’outil initial d’Anthropic. « Il ne prend pas en charge l’utilisation en locale sur un PC et ne peut donc pas interagir directement avec les fichiers ou les applications en local. Il n’est pas capable non plus de s’intégrer nativement avec les outils et les services tiers ». Selon l’analyste, « ces lacunes limitent l’autonomie de Cowork et sa capacité à gérer des charges de travail complètes en dehors de Microsoft 365 ». Il observe par ailleurs que déployer des outils comme Copilot Cowork en entreprise comporte des risques. « Anthropic recommande clairement de ne pas utiliser d'informations sensibles avec Claude Cowork pour le moment », précise-t-il. De même, des interrogations subsistent quant à la capacité de l’outil à tenir ses promesses d’utilité pour les salariés. « Des dirigeants d'entreprise m'ont confié que Copilot, malgré son intégration aux modèles d'OpenAI, affiche des performances systématiquement inférieures à celles de ChatGPT et ChatGPT Enterprise au sein de l'environnement Copilot », a déclaré Gownder. « Les promesses excessives de Microsoft concernant Copilot ont engendré un déficit de confiance ; Copilot + Cowork aura donc fort à faire pour démontrer son utilité.»