Sans qualité audio, pas d’IA vocale à l’échelle

Selon une étude menée par Jabra avec la London School of Economics, 14 % des travailleurs du savoir préfèrent déjà interagir avec l’IA générative à l’oral. Un seuil loin d’être anecdotique : il correspond au passage du stade des « early adopters » à une phase de diffusion plus large. Autrement dit, les interactions vocales sont en train de s’installer, et pourraient devenir dominantes d’ici 2028.

Pour Maud Brissaud, cette bascule s’explique par plusieurs facteurs. « La voix est plus naturelle, plus rapide — jusqu’à quatre fois plus que le clavier — mais aussi plus engageante ». L’étude montre d’ailleurs que la confiance dans l’IA augmente de 33 % lorsque les utilisateurs s’expriment à l’oral plutôt qu’à l’écrit.

Fait plus surprenant : cette appétence pour la voix ne suit pas forcément les lignes générationnelles attendues. Après un premier usage, les professionnels plus expérimentés se montrent souvent plus enclins à adopter ces interactions vocales que les plus jeunes, pourtant familiers des assistants vocaux dans leur sphère personnelle. Un signe que l’adoption dépend avant tout du contexte et de la valeur perçue dans les usages métiers.

Reste un point souvent sous-estimé : cette promesse d’interaction fluide repose sur une condition technique essentielle. « On parle beaucoup de performance de l’IA, mais on oublie que tout commence par ce qu’on lui injecte », rappelle Maud Brissaud. Une voix mal captée, perturbée par le bruit ou une mauvaise qualité de micro, dégrade mécaniquement la compréhension de l’IA, et donc la pertinence des résultats.

Dans ce contexte, les équipements audios évoluent pour répondre à ces nouveaux usages. Les micro-casques Jabra intègrent notamment des technologies d’intelligence artificielle capables d’isoler la voix humaine, de filtrer les bruits ambiants et de garantir un signal exploitable, y compris dans des environnements complexes. Une évolution discrète, mais essentielle pour l’adoption des usages conversationnels.

Un enjeu structurel de qualité des interactions

Au-delà de l’IA, la question de la qualité des équipements audio s’inscrit dans le contexte plus global de la transformation des modes de travail.

Aujourd’hui, 78 % des « knowledge workers » français travaillent depuis plusieurs lieux[1] et multiplient les interactions à distance, avec une expérience souvent déceptive… En cause : le bruit. Selon une récente étude Jabra[2], 74% des collaborateurs déclarent que le bruit les fatigue mentalement au travail. Open spaces, réunions hybrides, environnements partagés : la surcharge sonore génère fatigue cognitive, perte de concentration et, à terme, désengagement.

« Le sujet n’est plus où l’on travaille, mais comment garantir une expérience cohérente quel que soit le contexte », souligne Maud Brissaud. C’est dans cette logique que s’inscrivent certaines évolutions des équipements audio Jabra. Les micro-casques intègrent désormais des fonctions de réduction active du bruit et de captation intelligente de la voix, permettant de recréer une forme de “bulle audio” personnelle. Parallèlement, le design évolue pour favoriser l’adoption : suppression de la perche micro visible, amélioration du confort pour un usage prolongé, diversité des formats pour s’adapter aux préférences des utilisateurs. L’équipement devient ainsi un élément clé de l’expérience collaborateur — et, par extension, de la performance.

Quand l’expérience utilisateur devient un sujet IT

Cette évolution ne concerne pas uniquement les utilisateurs finaux. Elle a également des implications directes pour les directions informatiques.

« Un équipement mal adapté génère une réaction en chaîne » observe Maud Brissaud.  Difficultés à se connecter à une réunion, audio dégradé, outils mal utilisés sont autant de situations qui génèrent des tickets support et du temps perdu.

Dans des environnements où les réunions s’enchaînent, quelques minutes perdues à chaque connexion représentent un coût cumulé significatif. À cela s’ajoute la complexité croissante liée à la gestion d’un parc étendu : micro-casques, systèmes de visioconférence, équipements de salle.

Pour répondre à ces enjeux, les solutions évoluent vers des approches plus intégrées. Des outils tels que Jabra Xpress permettent désormais de piloter l’ensemble des équipements à distance, de gérer les mises à jour, de suivre les usages ou encore de garantir un certain niveau de sécurité, notamment via le traitement local des données audio.

Repenser les équipements comme un levier de performance… et de ROI

Reste une question clé pour les DSI : comment appréhender ces investissements ?

Traditionnellement, les équipements collaboratifs sont abordés sous l’angle des spécifications techniques et du budget. Une approche qui montre aujourd’hui ses limites. « Le vrai coût, ce n’est pas l’équipement. C’est tout ce qu’on perd quand il n’est pas adapté », insiste Maud Brissaud. Car au-delà du prix d’achat, les impacts sont multiples et souvent invisibles : temps perdu en réunion, fatigue cognitive, augmentation des sollicitations IT…

À l’inverse, partir des usages permet d’identifier précisément les conditions de travail des collaborateurs (lieux, environnements, types d’interactions) afin d’adapter les équipements aux besoins réels. Cette approche favorise l’adoption et permet d’obtenir un retour sur investissement plus tangible. Elle montre surtout que les équipements audio et de visioconférence ne relèvent plus du simple confort, mais constituent désormais un levier de performance transverse, à la croisée des enjeux IT, RH et métier.

[1]selon l’étude 2025 Hybrid at Work de Jabra

[2] https://www.jabra.com/fr-FR/thought-leadership/hybridwork-2023