Simple mise à jour ou rupture technologique ? Derrière la transition vers Windows 11 se profile une transformation plus profonde du poste de travail. La question n’est plus seulement de changer d’OS, mais de redéfinir le rôle du PC dans le quotidien des collaborateurs en y intégrant localement une solution d’IA.

Pour détailler le sujet, Le Monde Informatique, en partenariat avec Dell Technologies, Econocom et Microsoft, a interrogé 100 décideurs IT (DSI, chefs de projets, responsables infrastructure...) d’entreprises de plus de 500 salariés. Cette enquête dresse un état des lieux des attentes, usages et freins autour des PC enrichis par l’IA.

Les PC IA, promesse de productivité pour les DSI

Les arguments principaux en faveur des PC IA sont une recherche d’indépendance vis-à-vis du cloud et une volonté de regagner la maîtrise de la donnée, dans un contexte de souveraineté numérique accrue. Adaptés au travail hybride et à la mobilité, ces PC permettent d’utiliser l’IA hors connexion. Cette double logique, souveraineté et performance, traduit une évolution du rôle du poste de travail : d’un simple terminal d’accès à un outil stratégique de calcul et de sécurisation des données.

Majoritairement tentées par ce type de PC, 45% des répondants de notre enquête les voient comme un futur standard de l’environnement de travail dans les 3 ans à venir. Ce chiffre indique une réelle prise de conscience : la puissance de calcul locale et l’intégration de fonctions d’IA embarquée ne sont plus perçues comme de simples bonus technologiques, mais comme des leviers de productivité à part entière. Ce positionnement s’inscrit directement dans la trajectoire impulsée par Windows 11, dont l’architecture est pensée pour tirer parti des NPU (Neural Processing Units) et des fonctions d’IA intégrées (Copilot).

Cependant, 30% des sondés sont un peu plus nuancés et pensent qu’ils deviendront seulement une option réservée à certains métiers (comme les data scientists ou les designers). La vision des cas d’usage des PC IA reste encore limitée pour une partie des DSI. 

Les IA embarquées, encore vues comme des outils de complément

Cela souligne une phase de transition, où les DSI doivent arbitrer entre performance, coût et pertinence métier. Un enjeu d’autant plus fort à l’heure où les renouvellements de parc liés à Windows 11 vont s’accélérer.

D’ailleurs, 58% des participants jugent que les IA embarquées sur le poste de travail sont avant tout un complément des applications métiers existantes. Seulement 14% déclarent qu’il s’agit d’un outil central. L’IA locale n’est pas encore pleinement intégrée dans la culture des DSI. 

2026, année de l’IA embarquée ?

La migration vers Windows 11 peut pourtant agir comme un déclencheur naturel de réflexion sur la modernisation du poste de travail. 27% des DSI voient ce passage comme une opportunité de renouveler le parc. Sachant que 42% ont déclaré être encore en cours de transition lors de la réalisation de l’enquête. De nombreux DSI sont prêts à profiter du changement d’OS pour acquérir de nouvelles machines plus performantes et adaptées au travail hybride.

La dynamique est enclenchée. 2026 devrait marquer un point d’inflexion, avec la convergence entre renouvellement matériel, IA embarquée et généralisation du travail hybride. Le contexte est donc propice à une adoption plus large. 

Sans formation, pas d’adoption des PC IA

Cependant, beaucoup d’obstacles doivent encore être surmontés avant un plein déploiement des PC IA en entreprise. Le premier est humain : 44 % des répondants évoquent le manque de formation et d’acculturation des collaborateurs.

Le succès des PC IA dépendra donc autant du pilotage du changement que du choix des solutions matérielles et logicielles. Les entreprises qui investiront tôt dans la formation et la conduite du changement feront de ces freins de véritables leviers de compétitivité.

Si les DSI paraissent prêts à la rupture technologique portée par les PC enrichis par l’IA, ils doivent encore en maîtriser pleinement la valeur ajoutée. Le poste de travail pourrait bien devenir, grâce à l’IA, le véritable centre nerveux de la performance numérique.

Dans ce contexte, le renouvellement du parc — et le passage à Windows 11 — représente bien plus qu’une simple mise à jour : c’est un levier de transformation vers un environnement de travail plus sûr, plus intelligent et plus productif.