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Digiteo : La recherche en informatique a désormais un nom

Edition du 08/12/2006 Réagissez

Digiteo est l'un des 13 RTRA (réseau thématique de recherche avancée), initié par le ministère de la Recherche en 2006. Son budget vient d'être voté et la liste des thèmes de recherche annoncée. Prochaine étape : la mise en oeuvre de Digiteo, probablement à la fin du mois de janvier 2007.

Un récent rapport de l'OCDE (Organisation de coopération et de développement économiques) annonce que la recherche et le développement européens sont en retard par rapport à certains pays émergents. Le texte, daté du 4 décembre 2006, indique que les dépenses américaines en matière de R & D devraient se chiffrer à 230 Md$ à la fin de cette année, devant les investissements chinois à 136 Md$, qui progressent de 20 % par rapport à 2005. Toujours au conditionnel, ceux du Japon pourraient être de 130 milliards de dollars mais la question se pose pour l'UE (à 15 dans ce rapport) qui affecterait seulement 230 milliards de dollars à ce secteur, jugé crucial par tous les analystes dans le domaine du développement économique présent et à venir.
La nouvelle tombe au moment où la France, qui a pris conscience du fossé qui risquait de se creuser avec le reste de la recherche mondiale, mise sur les 13 RTRA (réseaux thématiques de recherche avancée), descendants des campus de recherche. L'un d'entre eux, Digiteo, est dédié aux sciences et technologies de l'information et de la communication (STIC).

L'informatique reconnue comme matière d'excellence

Le domaine scientifique et technologique du projet Digiteo est la conception et le développement de systèmes à forte composante logicielle, depuis le système sur puce jusqu'au calcul haute performance et aux grandes infrastructures logicielles, en passant par les systèmes embarqués et les robots. D'ores et déjà, six partenaires sont impliqués dans ce projet : CEA ; CNRS ; Ecole Polytechnique ; Supélec ; Inria et Université de Paris Sud-11.
Digiteo a une ambition qui se décline en quatre points : dynamiser le potentiel scientifique en mutualisant les forces scientifiques, et en renforçant la formation avec la recherche, tout en encourageant les idées innovantes ; augmenter la visibilité par l'organisation d'événements scientifiques internationaux et la fédération d'un réseau international ; renforcer l'attractivité du projet vis-à-vis des scientifiques de haut niveau ; amplifier l'impact économique du projet par l'accent mis sur le transfert technologique, la valorisation, la création de jeunes pousses et le travail commun avec les industriels.

Il est prévu une enveloppe de 300 millions pour financer l'ensemble des RTRA et les autres projets visant à rapprocher les universités entre elles.
Digiteo devrait se mettre en place dès la fin du mois de janvier 2007, cependant aucune information n'est encore donnée quant à l'implication concrète des chercheurs dans ce domaine. Seule certitude : la France veut se donner les moyens d'une recherche digne de ce nom. Et pour la première fois, l'informatique en fait partie.

Les RTRA induiront-ils de véritables rapprochements ou fusions entre laboratoires et universités ?

Le pacte pour la recherche a introduit la possibilité pour la communauté scientifique de créer, avec l'aide financière de l'Etat, des réseaux thématiques de recherche avancée (RTRA) pour conduire des projets d'excellence scientifique. Avec cette disposition, le Gouvernement souhaite, à partir des meilleures unités françaises, favoriser l'émergence de hauts-lieux scientifiques en France, reconnus parmi les tout premiers au plan international. Les 13 RTRA sélectionnés le 4 octobre dernier concernent : les mathématiques (Paris centre) ; l'informatique (Digiteo, sud de Paris) ; la physique (Triangle de la physique à Saclay et Nanosciences aux limites de la nanoélectronique à Grenoble) ; la chimie (Centre International de Recherche Avancée en chimie à Strasbourg) ; la technologie et l'agronomie (Aerospace Science and Engineering à Toulouse et Agronomie et Développement durable à Montpellier) ; la biologie et les sciences médicales (FRTV et Ecole des Neurosciences en Ile-de-France et Innovations thérapeutiques en infectiologie à Lyon) ; les sciences humaines et sociales (réseau des instituts d'études avancées à Lyon, Aix-Marseille, Nantes, Paris, Toulouse Sciences Economique et Ecole d'Economie de Paris). Dans quelles mesures des fusions entre universités et/ou laboratoires de recherche auront-elles lieu à terme ? Cela pourrait être, en tous cas, l'un des objectifs du projet.

Article de Claire Padych
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