Cette fois c’est la bonne. Malgré les critiques ou les appels à moratoire, les enchères pour l’attribution des fréquences 5G débutent aujourd’hui en France. Après une validation des candidatures en début d’année et l’obtention de blocs de fréquence (50 Mhz) à prix fixe, les enchères pour l’attribution des 11 blocs de 10 MHz encore disponibles dans la bande 3,4 ‑ 3,8 GHz vont voir s'affronter les quatre principaux opérateurs français : Bouygues Telecom, Free Mobile, Orange et SFR. En sachant qu’un opérateur ne peut pas détenir plus de 100 Mhz de capacité spectrale. En octobre, une seconde enchère aura lieu pour le positionnement des fréquences des lauréats dans la bande. La délivrance des autorisations devrait avoir lieu en octobre ou novembre. Ce qui devrait conduire à une ouverture commerciale d'ici la fin de l'année. Néanmoins au regard de la pandémie de Covid-19, l’ARCEP a levé l’obligation d'ouverture dans au moins deux villes par opérateur avant la fin 2020.

Sur le plan financier, la mise à prix initiale de chaque bloc est de 70 millions d’euros, donc un total au départ de 770 millions d’euros. Si on ajoute les 350 millions payés en juin par les opérateurs pour chaque bloc de fréquence (50 Mhz), l’Etat est sûr d’empocher au moins 2,17 milliards d’euros (et probablement beaucoup plus). Les enchères auront plusieurs tours avec des incréments de 5 millions d’euros sur le prix unitaire. Les licences 5G sont attribuées pour une durée de 15 ans et le paiement sera étalé (15 ans pour le bloc de 50 Mhz, 4 ans pour les blocs de 10 MHz).

Les frondes montent au front

Le lancement des enchères intervient dans un climat de fronde autour de la 5G. Les critiques fusent dans tous les sens avec de vraies interrogations qui se mêlent à des théories complotistes farfelues ou des âneries (comme regarder le porno dans un ascenseur). La question de l’innocuité sanitaire de la 5G est la plus importante. Les anti-5G défendent l’hypothèse que les ondes émises par les antennes sont nocives pour la santé. Ce débat n’est pas nouveau et revient de manière récurrente. A l’époque de la 3G, les opérateurs menaient des débats (dit réunion-tomates) avec les citoyens pour échanger et apaiser les craintes. Le développement de la 4G a connu moins de problème et de crispation de la part de la population.

Un autre questionnement porte sur l’impact écologique de la 5G. Multiplication des antennes, forte consommation énergétique sont des arguments avancés pour suspendre les travaux sur la 5G. Des options sont possibles comme le fait de mettre en veille les antennes en l’absence de trafic.

Mais le débat sur la 5G s’est déplacé sur le terrain politique. La convention citoyenne sur le climat appelait à un moratoire sur la 5G, soutenu par plusieurs élus d’Europe Ecologie Les Verts et de la France insoumise. Emmanuel Macron leur a adressé une fin de non-recevoir en les comparant aux « Amish » communauté religieuse américaine vivant à l’écart du progrès, le président de la République ironisant sur ceux qui en sont restés à « la lampe à huile ». Pas de quoi apaiser les critiques, bien au contraire. Aujourd’hui, la mairie de Paris annonce l’organisation d’une « conférence citoyenne métropolitaine » sur la 5G dans les prochaines semaines.