Les plus anciens se souviennent de la guerre de communication sur la qualité de service et la couverture des réseaux mobiles sur la 3G. Tous les opérateurs revendiquaient alors la première place sur tel ou tel critères. Est-on en train d’assister à la même chose sur la 5G ? En tout cas, les conditions sont réunies avec une offensive médiatique de Free Mobile qui clame la place de premier en nombre de sites et vise une couverture de 80% de la population à la fin 2021. Le dernier observatoire de l’ARCEP sur le déploiement de la 5G montre effectivement que l’opérateur dispose de 8798 sites ouverts commercialement. Loin devant Bouygues Telecom (2840), Orange (1528) et SFR (1417).

Cet instantané est néanmoins à relativiser quand on se penche dans le détail sur les fréquences utilisées pour la 5G. En effet, tous les opérateurs ne sont pas logés à la même enseigne, enfin surtout à la même fréquence. Explications : Free Mobile s’appuie sur la bande de fréquences de 700 MHz utilisée pour la 4G. L’opérateur a obtenu l’autorisation de réutiliser cette fréquence pour la 5G, ce que l’on nomme dans le jargon telecom du refarming. Tout bénéfice pour Free Mobile qui dispose de beaucoup d’antennes compatibles. Cette fréquence, issue de la TNT, a la particularité d’avoir une grande portée et une bonne pénétration dans les bâtiments, mais avec un débit en retrait en utilisation 5G.   

Une couverture encore très parsemée

Or pour les autres opérateurs, la « véritable » 5G se situe sur la bande des 3,5 GHz et offre un meilleur débit. Et sur ce point, Orange vire en tête sur le nombre de points hauts activés commercialement (1241), suivi de Free Mobile (1007). Bouygues Telecom et SFR sont pour l’instant loin derrière avec seulement 628 sites ouverts pour le premier et 558 pour le second. On se souvient que les deux opérateurs ont été obligés par le Gouvernement dans le cadre de la loi anti-Huawei de retirer plusieurs antennes (environ 3000 pour Bouygues Telecom et plusieurs milliers pour SFR). Un obstacle dans la course au déploiement, sans aucun doute.

En se basant sur la bande de fréquences 3,5 GHz, la couverture 5G reste très clairsemée. (Crédit Photo: Arcep)

Derrière cette bataille de spectre et de communication, les cartes de déploiements dévoilées par l’Arcep montrent que la mise en route de la 5G est encore balbutiante. En se basant sur les sites en 3,5 GHz, on constate que les opérateurs se concentrent sur les grandes agglomérations (Paris, Marseille, Lyon, etc.). Pour mémoire, certaines municipalités avaient lancé des moratoires sur le lancement de la 5G sur leur territoire. La mairie de Paris n'a autorisé que récemment l’ouverture du réseau. Lille était toujours sous le coup d’un moratoire, mais cela n’a pas empêché les opérateurs de déployer leurs réseaux dans la capitale du Nord. Si pour la partie grand public, l’ouverture du réseau 5G se fera progressivement, les opérateurs communiquent de plus en plus sur les aspects professionnels avec plusieurs initiatives comme le port du Havre avec Orange ou Bouygues Construction sur les chantiers avec Bouygues Telecom.