En France, les profils technologiques sont particulièrement recherchés par les entreprises du numérique en pleine croissance. Parmi les professions les plus chassées du secteur de la tech, les CTO (Chief Technical Officer, directeur technique), se détachent nettement. Pour autant, quel est leur salaire moyen annuel ? A combien peuvent-ils prétendre? Pour le savoir, Tech.Rocks, une communauté rassemblant des leaders de la tech, a interrogé plus d’une centaine de professionnels de l’IT.  Selon les données récoltées, un premier indicateur se distingue, celui de la rémunération moyenne brute annuelle qui s’élève à 82 000€ (avec un écart type de 31 000€). Montant auquel peut s’ajouter autour de 5 000 € de bonus. 

Toutefois, tous les profils ne sont pas logés à la même enseigne, avec des salaires qui varient fortement selon l’expérience des candidats. Selon le rapport, dans la pratique, les jeunes directeurs/trices techniques en poste depuis moins de 5 ans perçoivent 54 000€. Entre 5 et 10 ans, ils/elles peuvent voir  leur fiche de paie progresser de 38% à 75 000€. Plus le niveau d’expertise augmente, plus le montant gagne en intensité. À partir de 10 ans d’expérience, la valeur (théorique) d’une année croît de 5 400 €. en moyenne. 

L'expertise professionnelle a beaucoup d'impact sur les salaires des CTO en France. Source: Tech.rocks

Les grandes entreprises payent le mieux

Autre facteur ayant un effet direct sur les salaires des directeurs techniques: : la taille de l’entreprise. L’étude révèle un écart de 30 000 € entre les dirigeants de moins de 10 personnes et ceux de 10 à 30, soit entre 60 000€ et 90 000€ respectivement. La tendance est la même pour les managers de plus grandes équipes, avec près de 97 000€ annuels bruts pour les leaders de 30 à 80 collaborateurs, dont 47% sont uniquement concentrés sur des missions de CTO. En outre, dans des équipes de moins de 10 talents, le CTO peut encore être à la fois contributeur individuel et manager, font remarquer les auteurs de l’étude.  Au delà, il s’écarte du chemin critique dans la production de code, le métier change, le. management et l’organisation devenant leur activité principale. Ce changement de métier peut réduire structurellement les profils de CTO disponibles qui peuvent/souhaitent accompagner l’entreprise, précise Youen Chéné CTO et CPO de Saagie ,  cité dans l'étude. 

La taille des équipes a un effet direct sur la paye des CTO. Source Tech.Rocks. 

Si l’on considère l’effet des levées de fonds, en seed, un CTO pourra prétendre à  50 000€ de rémunération annuelle, soit un tiers de moins qu’un autre dont la startup est passée en série A. En série B, les choses s’accélèrent encore, la rétribution s’élève alors à 94 000€ “ Quand on monte sa boîte, la plupart du temps, on ne se paie pas ou au minimum syndical, témoigne  Jean Lebrument, co-fondateur, CTO et CPO de Brigad. Pour lui, il faut prouver son modèle avec peu de moyens et dans ce contexte chaque euro compte. Ce n’est qu’après des levées de fonds successives que la logique change.

Une meilleure représentativité des femmes

Dans son enquête, Tech in Rocks a également identifié trois  pistes permettant aux CTO de passer la barre symbolique des 100 000 €. La première concerne les founders réalisant une levée fait une série C, la seconde correspond à un CTO avec une équipe de plus de 30 personnes si on intègre les bonus (en moyenne de 14 300€). Enfin, ce cap est  franchi à partir d’une quinzaine d’année d’expérience en raison des bonus (pour près de 30% des répondants). 

Autre fait marquant relevé par Tech.Rocks, l'intérêt des femmes pour le métier de CTO commence a s’accroître. Bien qu’insuffisants pour être représentatifs, les chiffres montrent qu'elles sont légèrement plus payées que les hommes : avec 15 ans d'expérience en moyenne elles gagnent près de 10% en plus.