Avec Snowflake, trouver une aiguille dans une botte de foin devient un jeu d’enfant. C’est en tout cas le message que veut faire passer la firme à l’ensemble de l’écosystème qu’elle a construit, mêlant clients et partenaires. A l’occasion de son événement Data cloud world tour, la firme a fait un saut à Paris, l’occasion de revenir sur ses annonces de juin dernier et faire un point sur les disponibilités de chacune des solutions. Snowflake, qui compte aujourd’hui 6 808 clients dans le monde – dont 1 441 en région EMEA – veut montrer sa force de frappe à l’international. Après s’être emparé de la société Streamlit en mars dernier, le spécialiste du datawarehouse cloud compte sur cette acquisition pour booster son portefeuille de solutions. Pour rappel, Streamlit est une start-up développant un projet open source pour créer des applications basées sur des données, une initiative porteuse puisque Snowflake a racheté la jeune pousse pour la modique somme de 800 millions de dollars.

Début juin, l’éditeur a donc annoncé une feuille de route ambitieuse. Sa plateforme phare, baptisée Data cloud, a alors été largement dynamisée par des outils complémentaires. Préférant l’image de la boule de neige pour parler de son produit phare, Benoit Dageville ne se prive pas de qualifier la solution de « dynamique » et « puissante ». Il rappelle qu’il n’y a « aucune raison de siloter les données », il s’appuie sur l’une des principales qualités de Snowflake, sa tarification et les avantages inhérents : « Les ressources de calcul peuvent être ajoutées ou enlevées en quelques secondes pour apporter une meilleure élasticité aux workloads » résume-t-il. « A l’heure actuelle, le Data cloud couvre le monde entier et s’appuie sur les trois principaux fournisseurs de cloud » indique le dirigeant. L'éditeur a d'ailleurs profité de son événement à Paris pour annoncer l'ajout d'une région supplémentaire, AWS Paris, à son portefeuille de régions prises en charge. Une annonce qui arrive à point pour les entreprises face aux enjeux de gouvernance et de conformité en Europe.

Le Data cloud de Snowflake s’appuie sur les trois principaux fournisseurs de cloud pour couvrir le monde entier. (Crédit : C.S.)

Simplifier au maximum l’accès à la donnée

Pour renforcer cet écosystème, l’éditeur a donc travaillé sur plusieurs piliers d’innovation. Il y a d’abord l’annonce d’un Native Application Framework. S’adressant aux développeurs qui souhaitent créer des applications et les monétiser sur la Marketplace de Snowflake, ce framework utilisera des fonctionnalités telles que l'intégration de Streamlit (elle devrait être bouclée dans les prochains mois d’après les dires de Benoit Dageville). Lors de ce point produit à Paris, le co-fondateur est également revenu sur les Materialized Tables et Iceberg Tables. Les premières, qualifiées de « pipeline de données déclaratif fonctionnant avec seulement quelques lignes de SQL » par Christian Kleinerman, vice-président senior chargé des produits de Snowflake, en juin dernier, doivent être étendues pour supporter Apache Iceberg. Ainsi, les utilisateurs accéderont aux données des systèmes de stockage sur site directement depuis le cloud. Les Iceberg Tables, quant à elles, utilisent des métadonnées ouvertes et le format de fichier ouvert Parquet à l'intérieur de buckets de stockage client. Des outils qui ouvrent les portes à un large éventail de possibilités. « Les utilisateurs peuvent exécuter plusieurs workloads simultanément et à n’importe quel niveau de concurrence » poursuit Benoit Dageville.

Le temps d'une matinée, Benoit Dageville, co-fondateur de Snowflake et président responsable des produits, a fait un tour d'horizon des produits dans le pipe de la firme. (Crédit : C.S.)

Pour faire de ce Data cloud « le meilleur endroit pour construire, développer, et même monétiser des applications basées sur les données », Benoit Dageville a évidemment parlé de Snowgrid, une plateforme où chacun peut partager et collaborer facilement sans ETL, qui peut connecter toutes les régions et offre la possibilité de migrer entre les différents cloud. Avec cette solution, Snowflake propose plusieurs options notamment la réplication des données visant à faciliter le basculement entre deux régions en très peu de temps, mais aussi à simplifier la migration entre régions ou entre cloud. Une autre innovation, Snowpark – disponible à tous depuis fin janvier – consiste à « rendre le Data cloud complètement programmable » précise Benoit Dageville. Son objectif : « Supporter les applications et workloads les plus exigeants. L’utilisateur peut désormais exécuter le langage de programmation préféré dans le Data cloud » assure le responsable. Avec autant de solutions, l’éditeur espère devenir une référence en matière de data, et ce, au niveau mondial. Pour prouver l’étendue de son écosystème, Snowflake a donc invité quelques-uns de ses clients à venir témoigner de leurs usages.

Les entreprises veulent valoriser leurs données

« La data est vitale pour nous ». Pour Sébastien Mariage, CIO chez Crédit Agricole Consumer Finance France, il existait un réel « besoin d’engager une entreprise pour une vraie transformation organisationnelle de la donnée ». Il fait ainsi un constat clair : « On avait beaucoup de données mal maîtrisées, très silotées. Nous avions besoin d’une plateforme performante et moins chère car tout est on-premise dans une banque ». En ce sens, Snowflake a répondu au besoin de l’entreprise, amenant très vite à des premiers cas d’usage. « Cela nous permet d’analyser la navigation des clients sur internet » explique Sébastien Mariage. La simplicité de mise en place et d’utilisation est un point sur lequel s’accorde Benoit Lepetit, group chief data & analytics officer (CDAO) chez Saint-Gobain. « Le comité exécutif a voulu révolutionner l’entreprise avec la data » indique-t-il. A la suite de cela, un tour d’horizon des solutions a été fait, et le choix s’est porté sur Snowflake. « L’avantage [de Snowflake] est sa simplicité face à la complexité du monde data » indique Benoit Lepetit. Avec le portefeuille de solutions disponibles, l’entreprise spécialisée dans la production, la transformation et distribution de matériaux, a ainsi pu « combler le gap que représente le manque de compétences » ajoute Benoit Lepetit.

Autre besoin, autre usage. Sanofi, entreprise pharmaceutique française avec une force de frappe mondiale, s’est également tournée vers Snowflake. Bruno Gagliardo, global head of data architecture chez Sanofi, explique en effet avoir listé différents besoins pour tirer un maximum de valeur des données de l’entreprise. Dans le cadre de sa transformation digitale, le groupe pharmaceutique a porté son choix sur Snowflake pour « sa capacité à gérer les accès de façon précise, et à apporter une vision plus structurante pour l’entreprise » précise Bruno Gagliardo. « On part de la conception de molécules jusqu’à leur commercialisation, cela fait beaucoup de données » insiste-t-il, avant d’ajouter « il faut savoir que Sanofi est présent dans plus de 150 pays, avec des données très silotées dans ces pays et est multicloud ». Partant de ces critères, Sanofi a donc lancé un premier cas d’usage : une marketplace pour ses médicaments, vaccins et produits de santé, à travers le monde, et profite désormais cette plateforme d’échange pour communiquer plus facilement avec fournisseurs et distributeurs.