BNP Paribas est l'exemple parfait d'une banque qui a à la fois une longue histoire avec IBM et un long avenir. Le groupe français, qui exploite toujours des mainframes IBM dans ses centres de données, a récemment signé un accord estimé à 2 milliards de dollars avec IBM pour la conception et la gestion de son cloud privé. Le DSI de BNP Paribas, Bernard Gavgani, a déclaré que la banque avait construit son propre cloud privé en 2013 mais s'était rapidement rendu compte que pour accélérer le rythme de la numérisation et tirer pleinement parti de la technologie cloud, « nous ne pouvions pas continuer à maintenir notre propre cloud privé. Nous avions besoin de plus d'expertise. » La banque a sollicité des propositions auprès d'Amazon, Microsoft, Google et IBM en stipulant que les données sensibles de l’entreprise devaient rester en interne. IBM a répondu avec « la meilleure solution que nous pouvions trouver - une proposition fournissant l'ensemble des services de cloud computing au sein du centre de données de la BNP », explique M. Gavgani.

Un regard tourné vers l'avenir

Le cloud privé est actuellement en construction et devrait ouvrir en juillet, avec des phases supplémentaires prévues pour les régions Amérique du Nord et Asie-Pacifique. Aux termes de l'accord, IBM fournit le matériel et les logiciels et gérera l'installation. La vision de M. Gavgani sur le cloud hybride s'aligne sur celle d'IBM. Le Français indique que lui et beaucoup de ses collègues sont arrivés à la conclusion qu'essayer de gérer les relations avec plusieurs fournisseurs de cloud peut devenir un piège coûteux. Grâce à cette approche, il obtient la sécurité, évite l'obsolescence technologique et profite des avantages du cloud en tant que catalyseur de la transformation numérique de la banque. Selon M. Gavgani, toutes les applications ne sont pas adaptées au cloud, et les entreprises doivent décider au cas par cas si la migration d'une application ou sa réécriture pour le cloud apportera un réel avantage commercial.

M. Gavgani se dit optimiste quant à la direction que prend IBM. « Perdre Ginni est une triste nouvelle, mais avoir Arvind comme CEO est une bonne nouvelle pour moi car il connaît bien le cloud ». Le côté Red Hat de l'équation est également réconfortant pour M. Gavgani, qui affirme que la BNP utilisait Red Hat bien avant l'acquisition d'IBM. « J'ai toujours été très impressionné par la vision de Red Hat », assure-t-il.