Hewlett Packard Enterprise (HPE) veut faciliter autant que se peut le déploiement de nouveaux logiciels par les directeurs de production, au niveau du plancher de l'usine comme sur mobile. L’objectif est de simplifier à l'aide d'outils de déploiement basés sur le cloud l’intégration de nouveaux systèmes d'exécution de la fabrication, les Manufacturing Execution System (MES), avec les systèmes ERP et les solutions PLM de gestion du cycle de vie du produit. Dans la pratique, il suffit d’équiper le plancher des usines avec un bon hardware et de le connecter à une boutique d'applications dans le cloud, « l’équivalent du téléphone mobile, mais à l’échelle de l’usine », comme l'a déclaré Colin I'Anson, responsable technologique du programme IoT chez HPE EMEA.

Avec une telle solution, les directeurs de production peuvent accéder aux dernières technologies IoT, à l’apprentissage machine, à la réalité augmentée et à toutes les technologies d’analyse. Elle permet aussi aux entreprises de créer des « clones numériques » de chaque produit qu’elles fabriquent. Le système suit et enregistre tous les évènements relatifs à un produit le long de la chaîne de production, facilitant la gestion des stocks, le contrôle de qualité et le repérage des objets défectueux qui pourront être rectifiés. Cela dit, selon Colin I'Anson, environ deux tiers des 60 premières applications de la boutique n'ont rien à voir avec l’IoT. « La plupart répondent essentiellement à des questions relatives à la gestion de l’usine », a-t-il déclaré.

HPE

Selon Hewlett Packard Enterprise, le déploiement d'un nouveau système d'exécution de la fabrication (MES) à partir de l’espace Fabrication de la plate-forme Express App peut s’effectuer en six clics seulement. (Crédit : HPE)

Les responsables informatiques pourraient craindre que la boutique d'applications suscite un trafic cloud qu’ils ne pourront contrôler en terme de coût et qu’elle expose des espaces critiques de l'infrastructure de l'entreprise. Mais plusieurs dispositions devraient les rassurer. D'une part, même si le déploiement des applications commence par la visite de la plate-forme Express App, le nouvel espace dédié de la boutique d’application Cloud28+, les applications ne sont pas déployées et exécutées dans le cloud, mais sur site, dans un rack rempli de serveurs HPE Simplivity 380 hyperconvergés. Ces serveurs peuvent résider soit dans la salle de serveurs climatisée du client, soit dans l'un des centres de données modulaires de HPE. D’autre part, le prix du ticket d’entrée dépasse largement les limites de paiement par carte de crédit de la plupart des entreprises. Selon Colin I'Anson, il faut compter environ un demi-million d'euros (585 millions de dollars) pour un système d'entrée de gamme comportant plus ou moins 150 instances de système d'exploitation avec trois à cinq ans de support proactif. (Pour l'instant HPE vend son système en Europe, au Moyen-Orient et en Afrique. Les prix et la disponibilité globale seront annoncés plus tard cette année).

Correctifs et maintenance pris en charge par HPE

Par ailleurs, les mêmes responsables IT ne devraient pas craindre d'être mis sur la touche, car pour son projet HPE doit s’appuyer sur les services informatiques de l’entreprise, et non les contourner. Déjà, lors de la première installation, les serveurs Simplivity auront besoin d’être configurés, notamment pour l’attribution des adresses IP internes et des ports réseau. Il faut aussi permettre aux applications qu'ils supportent d’accéder aux systèmes existants de l’entreprise, sans quoi le système ne pourra pas faire son travail. En réalité, pour que les applications fonctionnent, il faudra bien plus que les « six clics » vantés par HPE. Le fournisseur pense aussi que les responsables informatiques et les gestionnaires de la fabrication ont chacun leur rôle à jouer. « Dans un département de fabrication, la compétence se situe au niveau du système. Les personnels comprendront comment connecter les applications entre elles, mais ne comprendront pas les complexités du déploiement d'une application dans un environnement de fabrication, ni les applications de correctifs, ni tout ce qui concerne ce qu’il y a dans la boîte », a-t-il déclaré.

HPE propose de prendre en charge l’application des correctifs et la maintenance. « Nous offrions trois ou cinq ans de support proactif, de sorte qu’ils n’auront pas besoin de toucher aux systèmes intégrés pendant cette période », a-t-il déclaré. Par ailleurs, « la disponibilité sera meilleure que celle des systèmes d'usine qui reposent sur elle ». L'intégration et le support seront pris en charge par Pointnext, le nouveau nom des services techniques de HPE. En effet, malgré la vente récente de son groupe de services à CSC, désormais DXC Technology, HPE emploie toujours 25 000 techniciens dans le monde. HPE espère mettre les équipes IT de son côté, mais aussi les créateurs d’outils pour les usines. Colin I'Anson imagine qu’un jour, en même temps qu’elles s’équiperont de nouvelles