Si Huawei faisait plutôt office de figurant en termes de contributeur mondial sur la norme WiFi 4 et 5 (5e place), le groupe chinois a changé de braquet avec le WiFi 6 (2nde place) et encore davantage avec le WiFi 7 en s'emparant de la première place. Pas surprenant que le constructeur profite de cette forte position pour pousser ses points d'accès WiFi 7 partout dans le monde et notamment en Europe malgré une forte fragmentation du marché. « Notre roadmap produits est la même pour tous les pays, nous ne faisons pas de différenciation mais c'est l'analyse marché au niveau microscopique qui change », nous a expliqué Christophe Batiard, directeur des solutions réseaux de Huawei en Europe. 

Concernant la France justement, les marchés sur lesquels les switchs WiFi 7 de Huawei sont les plus porteurs d'après la société chinoise sont le commerce, les entrepôts et également l'éducation avec des cas d'usage qui se développement de façon spécifique.  « Dans le domaine de l'éducation publique ou privé, l'école se numérise de plus en plus et les étudiants viennent de plus en plus avec des ordinateurs portables ce qui augmente les besoins de se connecter de plus en plus massivement », poursuit Christophe Batiard. Il n'y a pas que le secteur de l'éducation qui est concerné par cette évolution des usages. C'est aussi le cas par exemple du retail. « Les clients se sont habitués à l'instantanéité d'une commande et de sa disponibilité en ligne et recherchent cette efficacité aussi quand ils se déplacement dans les magasins », explique le dirigeant. « Le nombre de terminaux augmentant, la connectivité wireless va avoir besoin de plus de connexions simultanées, nécessiter une faible latence sans perte de paquets ».

50 % d'utilisateurs simultanés supplémentaires

Pour répondre à ces enjeux, Huawei pense avoir la bonne solution et commercialise le premier modèle de sa famille WiFi 7, l'AirEngine 8771-X1T dont la distribution repose sur de l'indirect. Positionné sur le haut de gamme et visant principalement le secteur du manufacturing, il sera complété par d'autres modèles dans les prochains mois visant les campus, les entreprises de taille intermédiaire ou encore les lieux de résidence et les hôtels. Ce premier point d'accès d'une capacité de 10 Gbit/s dispose d'antennes 12T12R et gère des signaux radio tri-bande 2.4 GHz (4x4 MIMO), 5 GHz (4x4 MIMO), et 6 GHz (4x4 MIMO). Sa conception permet une prise en charge de 50 % d'utilisateurs simultanés en plus par rapport aux points d'accès bi-bande selon Huawei. Enfin, ses antennes fonctionnent de manière flexible en mode omnidirectionnel pour une couverture plus étendue ou en mode à haute densité afin de maximiser ses performances.

Le WiFi 7 n'est cependant pas une fin en soi pour les entreprises, ce que Huawei concède d'ailleurs largement. « Ce n'est pas le WiFi 7 qui va transformer l'usage mais il va rendre l'implémentation des technologies de traçages, de capteurs IoT et d'étiquettes intelligentes plus simple. La qualité de signal sera meilleure car le roaming d'une antenne à une autre empêchera la perte de signal. », indique le responsable. « On fait partie des constructeurs qui ont leurs propres contrôleurs SDN que l'on déploie depuis longtemps et que l'on couple à de l'IA pour monitorer en temps réel la santé des réseaux ».

Pas de crainte sur les stocks

D'un point de vue tarif, Huawei assure que les prix n'augmenteront pas par rapport à des switchs de précédente génération et qu'il ne sera pas nécessaire d'effectuer des montées de versions pour d'autres piles réseau. « Il ne sera pas nécessaire de changer l'intégralité du réseau », confirme Christophe Batiard. « Huawei a une stratégie de rétrocompatibilité pour raccorder d'anciens switchs 2,5 Gb, 1 Gb, 100 Mb voire 10 Mb ». Le constructeur est confiant pour 2024 et considère ses modèles WiFi 7 comme « un gros focus » sans toutefois communiquer d'indicateur commercial et d'objectifs de ventes. Huawei parie cependant sur de gros volumes et indique ne pas souffrir de problèmes de livraisons grâce à une stratégie de gestion des stocks multisourcing.