En ce début d'année 2021, où en est Hexatrust en termes d'évolution et de périmètre ?

Jean-Noël de Galzain. Hexatrust compte aujourd'hui une soixantaine de membres, essentiellement des start-ups, PME et pré-ETI dans le domaine de la cybersécurité et du cloud de confiance. Mais on a aussi des sociétés un peu plus matures, comme les groupes Atos, On-X, EBRC, Rohde&Schwarz, Docaposte qui a fait l'acquisition de CDC Arkhineo. On essaie de présenter ce qu'il y a de meilleur dans le cloud de confiance pour les États qui veulent construire une stratégie d'accélération dans la cyber et faire émerger des champions industriels européens. 

Pourquoi l'émergence de champions européens et/ou français prend autant de temps ?

La mission d'Hexatrust dans un monde numérique dans lequel les utilisateurs ont le contrôle de leurs données et de leurs identités est de faire en sorte que des moyens de contrôle peuvent être mis en place. Et aussi créer un écosystème pour des alternatives aux sociétés israélo-américaines en transformant l'essentiel de nos innovateurs en constituant un groupement et faire naitre des champions? On a besoin de faire émerger rapidement des acteurs et des locomotives européennes qui vont permettre de garder le contrôle d'accès, des infrastructures et gérer tous les risques liés à la cybersécurité.

Aujourd'hui, on est une soixantaine de membres et certains comme Wallix [dont Jean-Noël de Galzain est PDG, NDLR] commencent à être matures en étant cotés en bourse et attirant les investisseurs. YesWeHack, Yogosha, Oodrive, VadeSecure, Netwatcher, Cyberwatch, Antemeta, Atempo, Wooxo sont des entreprises de plus en plus matures aussi. Mais on sait qu'il faudra entre 3 et 5 ans pour construire des PME cyber et les faire émerger à l'international. 

Dernièrement Hexatrust a annoncé un programme d'accompagnement start-ups. Au-delà du mentoring et des actions de visibilité, quels apports concrets et investissements sont consacrés à ce plan ?

Il faut aider les petites entreprises à accélérer et les booster en bénéficiant de l'expérience d'autres membres d'Hexatrust. Au prochain FIC, nous ferons une session de pitch et dans une deuxième étape on travaillera avec des entrepreneurs de la filière et des investisseurs pour mettre de l'argent et investir pour permettre à des entrepreneurs stars d'avoir de premières réussites, être capables d'emmener les entreprises sur de bons rails. La 3e étape est le plan d'accélération cyber que l'on a proposé au niveau des filières cyber comprenant plusieurs volets autour du campus cyber. 

La priorité de la filière, ce n'est pas investir dans de l'immobilier , il faut valoriser les participants et on espère tant bien que mal que les champions de la cybersécurité auront leur place dans ce campus. Au niveau d'Hexatrust, je pousse pour mettre un espace PME dans le campus cyber, un showroom et la création d'un réseau social de filière pour être l'interface entre le monde de la cyber et celui de l'économie et investir en particulier sur la formation, la sensibilisation et le développement d'écoles. Il faut plus de praticiens de la cyber dans les PME et les TPE là où le risque cyber est le plus dangereux pour l'activité et bénéficier pleinement du numérique dans le futur.