Depuis la fin de la migration, entamée il y a 18 mois, vers une nouvelle infrastructure réseau HPE et Aruba Networks, Gatwick, l'aéroport international secondaire de Londres, dispose de l'infrastructure nécessaire pour adopter des technologies IoT et d'analyse prédictive. L’aéroport peut également offrir du Wi-Fi à 30mbps aux millions de passagers qui transitent annuellement par l’aéroport. Comme l’a déclaré la semaine dernière Cathal Corcoran, le CIO de Gatwick Airport, à nos confrères de Computerworld UK, l’ambitieux projet de modernisation du réseau de l'aéroport était sa priorité numéro un quand il a rejoint l’entreprise il y a deux ans. « Dès le premier jour, ce projet, qui aurait dû manifestement être entrepris il y a plusieurs années, a été porté à mon attention. », a-t-il dit. « Je pense que mon séjour à Gatwick aurait été beaucoup plus court si j’avais échoué », a-t-il ajouté. Le nouveau réseau ne dessert pas seulement les opérations de l'aéroport - passagers, bagages, avions - mais Gatwick est également fournisseur IT pour tous les détaillants et restaurants de ses deux terminaux.

Un réseau vieux de quinze ans

Selon Cathal Corcoran, le précédent réseau hérité de l’opérateur aéroportuaire BAA (British Airport Authority), propriétaire de Gatwick jusqu’en 2008, datait d’une quinzaine d’années. « La conception du réseau était dépassée. Il avait vraiment fait son temps et arrivait en fin de vie », a-t-il ajouté. Le nouveau réseau qui a coûté 11 millions de livres sterling, a été conçu et mis en œuvre par HPE et sa filiale Aruba. Selon le cahier des charges, HPE et Aruba devaient stabiliser les services réseau pour le personnel opérationnel, augmenter la vitesse de téléchargement Wi-Fi à 30 Mb/s pour les 14 millions de passagers annuels et permettre à l'aéroport d’utiliser des technologies modernes comme l'IoT, l'analyse des flux de passagers et la reconnaissance faciale. L'équipe Pointnext de HPE est chargée de maintenir et de gérer le réseau au jour le jour pendant cinq ans. « Je pense que la durée de ce contrat initial sera certainement prolongée », a déclaré M. Corcoran. « Le projet inclut le réseau, le Wi-Fi, l’IoT et la migration vers le cloud. Nous avons encore beaucoup de choses à faire ensemble. Il s’agit donc d’un partenariat à long terme avec HPE et nous sommes tous très impliqués ».

Concernant les capacités avancées du réseau, M. Corcoran a précisé qu'il envisageait une quarantaine d’usages possible de l’IoT dans l'aéroport, depuis le déploiement de capteurs sur les rampes d’accès pour remonter des informations opérationnelles en temps réel jusqu'à l’état de remplissage des poubelles, l’affluence aux comptoirs d'enregistrement, ou encore évaluer le nombre de tables disponibles ou les niveaux d'eau des bassins. Le CIO voudrait également exploiter davantage de capacités d'analyses pour évaluer le flux de passagers par une géolocalisation des smartphones et visualiser les temps d'attente par des cartes de situation afin de rendre les opérations plus fluides. L'aéroport cherche aussi à s’appuyer sur des capacités d’apprentissage machine et de reconnaissance faciale pour renforcer la sécurité. Il pourrait également s'en servir pour mieux informer le personnel posté aux portes d'embarquement sur les passagers en retard et envoyer des notifications via des applications.

Une migration étalée sur 18 mois

L'ensemble du projet a été achevé en 18 mois, sans impact sur l'activité de l’aéroport resté opérationnel à 100 %, la mise en place devant être réalisée sans interruption de service ou instabilité. « Quand vous mettez à jour le réseau d’une infrastructure nationale critique, la moindre erreur est pointée dans tous les médias. Tout le monde n’a pas la capacité de porter ce genre de projet avec cette quantité de travail et ces risques, mais HPE l'était », a déclaré M. Corcoran. Le vendeur a même signé un contrat basé sur les résultats, ce qui signifie qu'il ne sera payé que lorsque le projet sera terminé conformément aux attentes de Gatwick. La migration à proprement dite ne pouvait avoir lieu qu’à des périodes où l'aéroport n'était pas opérationnel, ce qui laissait aux équipes des fenêtres de quatre heures au milieu de la nuit - deux heures pour le travail et deux heures de remises en route - et cela trois ou quatre jours par semaine seulement. Pour respecter l'objectif des 18 mois, il a fallu recruter une main-d'œuvre colossale - 10 000 heures pour être exact - pour remplacer quarante à cinquante commutateurs d'accès chaque nuit.

Marc Waters, directeur général de HPE pour le Royaume-Uni et l'Irlande, a déclaré : « Passer des anciens aux nouveaux réseaux en maintenant une activité opérationnelle parmi les plus efficaces du monde, c'est comme effectuer une opération à cœur ouvert sur un patient pendant qu'il court ». Ce dernier a ajouté que le projet s'inscrivait dans le cadre du « edge intelligent » mis en avant par HPE. Comme l’a expliqué Marc Waters, cela consiste à mettre en place « un réseau sous-jacent offrant des niveaux élevés de connectivité et de sécurité pour permettre la collecte et la compréhension des données dans le but d’améliorer l'efficacité opérationnelle et d’accroître l'engagement des clients et des employés ».

Des milliers de téraoctets/seconde de capacité de commutation

Cathal Corcoran avait identifié trois moteurs de changement : d’abord, l'obsolescence. « Ça commençait à se lézarder », a-t-il déclaré. Ensuite, la sécurité : « Le nouveau réseau devait améliorer nos défenses et en ajouter d'autres, et pour cela nous avions besoin d'un réseau IT de nouvelle génération », a-t-il encore déclaré. Enfin, ce qu'il considère comme « l’élément de valeur ajoutée probablement le plus élevé du projet » : permettre aux entités aéroportuaires d’adopter une technologie de pointe impossible à fournir avec l'ancien réseau et ses goulots d'étranglement. Par exemple, les nouveaux systèmes de point de vente ou l'analyse de la clientèle. Maintenant que le réseau est en fonction, le principal souci du CIO de Gatwick Airport et de l'équipe de Pointnext est sa stabilité et sa fiabilité. « Pour moi, le réseau doit offrir une disponibilité de 99,99 % ou de 99,999 % et il ne doit pas y avoir d’incidents de niveau P1 et P2 ». Depuis la mise en service, il n'y a pas encore eu d'incident de gravité P1 ou P2. « Nous avions besoin d'un réseau beaucoup plus résilient, auto-réparable et tolérant aux pannes », a ajouté M. Corcoran.

En ce qui concerne la nouvelle pile technologique, l’aéroport de Gatwick dispose désormais de milliers de téraoctets/seconde de capacité de commutation, de centaines d'instances VPN pour les solutions multitenants et d'une mise à l’échelle de plusieurs dizaines de commutateurs 12900E, de centaines de commutateurs HPE 5930 et Aruba 2930M, pour prendre en charge des milliers de ports 1 Gigabit et des centaines de ports 10/40 Gigabits. L'équipe IT dispose désormais de bien meilleures capacités de surveillance. « Nous pouvons prévoir un incident n’importe où, l'idée étant d'éviter les problèmes et de réduire les temps de récupération à quelques minutes ou à quelques heures, au lieu de quelques jours auparavant », a encore déclaré M. Corcoran. La surveillance est assurée à l’aide de tableaux de bord Splunk KPI opérationnels, mais le CIO de l’aéroport de Gatwick a déclaré que désormais tous les outils étaient en doublons, y compris Palo Alto Networks pour le pare-feu et Darktrace pour la sécurité des points finaux.