Le service de communication du Parlement britannique va bientôt achever le déploiement de la technologie Skype for Business de Microsoft au sein des deux chambres du Parlement. 8 000 personnes, personnels auxiliaires inclus, sont concernées par cette révolution qui va modifier de fond en comble le mode de communication des députés entre eux. En effet, comme l’a déclaré Tracey Jessup, directrice et responsable du service numérique du parlement (Parliamentary Digital Service ou PDS), le système de téléphonie du Parlement datait des années 60. Il avait conservé ses téléphones traditionnels en cuivre, sans aucune possibilité de vidéoconférence. Ce matériel, obsolète, empêchait toute évolution du système de communication. Pire, « le choix des fournisseurs se réduisait et le coût augmentait, deux raisons suffisamment convaincantes pour changer de système », a-t-elle ajouté. Le service que Microsoft propose via Office 365 permet à des organisations comme PDS d’accéder à un système de téléphonie en mode cloud en tant que service et de mettre ses anciens PBX à la retraite. Le service est compris avec l’abonnement Enterprise E5 d’Office 365 ou il est accessible pour 7,90 Livres par mois et par utilisateur avec les packs E1 ou E3.

 

Avec l’aide du fournisseur de services gérés GCI, le service numérique du parlement prévoit que tous les membres auront basculé sur le système unifié d'ici juin 2018. Ils auront le choix d’utiliser des combinés VoIP pour se connecter à l'infrastructure Skype ou de passer par l'application Skype Entreprise installée sur leurs ordinateurs. Tous les anciens téléphones PBX seront supprimés. Les utilisateurs pourront également programmer une redirection des appels Skype vers leurs téléphones mobiles. En terme d'adoption, surtout à la Chambre des Lords, où l'âge moyen tourne autour de 69 ans, le risque d’un changement aussi essentiel que le téléphone n’a pas échappé au PDS. Cependant, comme l'a dit Tracey Jessup : « Combien de personnes utilisent FaceTime, ou Skype pour le grand public ? C'est comme passer d'un ancien Nokia à un iPhone ». Celle-ci reconnaît qu’elle a abordé le projet avec un certain « préjugé » : elle craignait que les députés et les Lords résistent à Skype. Mais, « ce n'est pas ce qui s’est passé ».

Etre facilement plus joignable 

Le projet d’adoption s’est appuyé sur un réseau de 100 « champions » chargés d’arpenter les 18 bâtiments du Parlement et de familiariser le personnel avec le nouveau système. Comme l’a déclaré Tracey Jessup : « Tout le monde demande de la formation, mais ils n'ont pas le temps, ils préfèrent le coaching ». Les députés peuvent déjà se joindre à des réunions du conseil d'administration via Skype et peuvent désormais répondre plus facilement à des appels professionnels quand ils sont en déplacement via l’app Skype sur mobile. La directrice et responsable du PDS envisage même d’utiliser Skype for Business pour permettre aux députés de faire des interventions ponctuelles et accroître leur implication politique.

Créé il y a trois ans pour moderniser les services informatiques et Internet du Parlement, le PDS a adopté une stratégie ambitieuse basée sur le cloud. L’utilisation de Skype Entreprise en remplacement d’un système PBX privé traditionnel n'est qu'un des aspects de cette stratégie. Le personnel a basculé sous Office 365 et SharePoint. De plus, le site Web a été remanié pour améliorer la navigation sur tous les périphériques. Enfin, même si Tracey Jessup admet que la barre pour être « le premier parlement numérique mondial » n’est pas très haute, elle pense que « des pays comme l'Estonie montrent la voie ».