Selon Microsoft, trois facteurs principaux favorisent l’adoption de l’IA par les entreprises : les besoins de traitement intensifs (cloud computing, en particulier), la puissance des algorithmes et les quantités massives de données. « Aujourd’hui, nous n’exploitons qu’une infime quantité de la masse énorme de données », a déclaré Steve Clayton, responsable marketing chez Microsoft. En effet, moins de 0,5 % des données actuellement disponibles sont utilisées pour la compréhension et l’intelligence. « Cela fait 25 ans que Microsoft travaille sur l’intelligence artificielle et aujourd’hui nous sommes prêts à lancer des outils et des plates-formes IA spécialisées ».

La suite d’outils Visual Studio Tools pour les développeurs et les data scientists en intelligence artificielle offre aussi bien des fonctions de débogage que des fonctions d’editing enrichie et prend en charge des frameworks de deep learning comme Cognitive Toolkit de Microsoft, Tensorflow de Google et Caffe de Berkeley AI Research. Lors de la conférence, l’éditeur de Redmond a également dévoilé les capacités cloud et d'intelligence artificielle d’Azure IoT Edge. L’outil permet aux développeurs de construire et de tester des modules basés sur des conteneurs en utilisant les langages C, Java, .Net, Node.js et Python, simplifiant ainsi le déploiement et la gestion des charges de travail. Le fournisseur a également indiqué que les modèles d’apprentissage machine « at the edge » étaient généralement disponibles. Par ailleurs, la firme a apporté plusieurs innovations à son service Translator, étendant l’accès à des technologies de réseaux neuronaux pour améliorer les traductions texte et voix dans tous les produits pris en charge par Translator, y compris les API, les applications ainsi que les fonctions de conversation et d’exposé en rapport avec la traduction.

Un service d'IA gratuit pour les malvoyants 

Pour ce qui est de Seeing AI, l’outil est associé au projet de recherche engagé par Microsoft pour aider les personnes non-voyantes et malvoyantes à comprendre ce qui se passe autour d'eux. L’application utilise les technologies maison, mais elle peut aussi utiliser la caméra d’un iPhone, pour lire des documents, reconnaître des visages et même faire une description des personnes en donnant des détails sur leur apparence physique et leur âge. L’application permet également d’identifier un produit à l'aide de son code à barres et reconnaître et décrire des images.

Selon Jenny Lay-Flurrie, directrice générale de l'accessibilité chez Microsoft, la mise à disposition de capacités intelligentes pour entendre, voir, parler et comprendre les modes de communication naturels a de « profondes implications » pour les clients, mais elles permettent surtout aux personnes handicapées de s’intégrer plus facilement dans les univers professionnels et la société. « Ce projet a été initié par un employé non-voyant et grâce aux services cognitifs, il est en train de devenir opérationnel », a déclaré Jenny Lay-Flurrie. « Le service est gratuit et nous avons hâte de voir toutes les nouvelles expériences qui en découleront. Notre objectif est de rendre les règles du jeu plus équitables et de faire en sorte que les personnes handicapées soient aussi autonomes que tout le monde ».

Quand l'IA fait la différence

L’entreprise Search365 a passé les 12 derniers mois à créer son produit Enterprise Search Accelerator dévoilé à Sydney la semaine dernière. L'outil permet d’agréger des résultats de recherche provenant de plusieurs sources et de les restituer dans une interface utilisateur unique. La fonction de recherche d’Enterprise Search Accelerator s’appuie essentiellement sur Microsoft SharePoint, associé à Elastic Search. Auparavant, Search365 a développé un système pour l’Office of the Fair Work Ombudsman, une agence gouvernementale australienne indépendante chargée de fournir des informations gratuites sur les relations et les pratiques en milieu de travail. Chaque année, l’office répond à plus de cinq millions de demandes de renseignements du public. Le système développé par Search365 combine Enterprise Search Accelerator avec Microsoft Dynamics et SharePoint. À l'aide d'un connecteur Dynamics, Search365 a pu indexer tout le contenu CRM de l’agence australienne et lui permet d’effectuer des recherches instantanées dans 42 référentiels de données différents.

Plusieurs entreprises misent sur l'IA. C’est le cas notamment de la société d'emballage Pact Group, qui travaille sur un projet de « kiosque intelligent » pour assurer la sécurité sur les lieux de travail. La solution s’appuie sur le service de surveillance par ordinateur Cognitive Services Computer Vision de Microsoft pour la reconnaissance faciale et la reconnaissance d’objets. Un autre outil appelé Workroom Kiosk Demo est capable de vérifier que les employés portent l'équipement de sécurité adapté et comprennent les tâches qu’ils sont autorisés à accomplir. Michael Ross, le directeur de l'information de l’entreprise d’emballage espère qu’il pourra démarrer les essais du système l'an prochain. En cas de succès, il prévoit de le déployer dans tous les sites de l'entreprise pendant l'année. Quant à l'Université de Canberra, elle travaille actuellement sur le déploiement de deux chatbots - Bruce pour le personnel, et Lucy pour les étudiants - développés à l’aide des services cognitifs Bot Framework et Language Understanding Intelligent Service (LUIS) de Microsoft. Rebecca Armstrong, directrice adjointe des projets et de l'innovation à l'Université de Canberra, a expliqué qu’avec Microsoft Bot Framework et LUIS, il avait fallu 15 jours environ pour aboutir à un prototype fonctionnel capable de puiser dans les FAQ existantes de l'université et le connecter à Dynamics 365.