Comme Ctera ou Nasuni, Panzura pousse ses pions dans le data management. Dans la partie gestion des fichiers, Panzura ne prend pas en charge les ressources de stockage autrement que dans son espace cache stocké dans le cloud d’AWS en mode S3. Nous avions déjà rencontré la start-up, il y a près de 10 ans lors d’un IT Press Tour dans la Silicon Valley, mais une nouvelle équipe a relancé l’entreprise il y a un peu plus de deux ans. Désormais aux manettes de la société, Jill Stelfox, CEO en titre et précédemment à la tête d’Edgy et de Zebra Technologies, et Dan Waldschmidt, directeur commercial, ont repris Panzura pour un peu moins de 40 millions de dollars (le montant officiel n’a pas été communiqué) avec un fonds d’investissement. Très communicants dans l’âme, les deux dirigeants sont moins convaincants quand il s’agit d’aborder l’activité profonde de Panzura, qui est une solution de data management très technique. Il manque au comité de direction une pointure capable d’affirmer, comme un David Flynn chez Hammerspace, l’ambition technologique de la société. Une recrutement clef nous semble nécessaire pour dépasser le simple discours marketing. 

Débarrassée des appliances physiques de la précédente époque, la solution de data management de Panzura reste toutefois très intéressante : elle repose sur une indexation - avec création de metadata - de tous les fichiers stockés en mode NAS (SMB/NFS) dans un espace cloud objet sur AWS S3, mais aussi en local sur les VM hébergées sur les serveurs de fichiers. Pour travailler, Panzura installe en effet une VM avec son logiciel CloudFS sur chaque NAS – ou dans le cloud si les données sont stockées en ligne – qui mouline deux semaines avant de créer un index complet des fichiers du client. Pour cette opération d’indexation, Panzura fait sans surprise appel à ElasticSearch et à une base de données Cassandra pour stocker les metadata (un point que nous avons eu le plus grand mal à vérifier lors du point presse avec les responsables techniques de Panzura). Une fois les données indexées dans un bucket S3, les metadata deviennent la porte d’entrée et surtout la tour de contrôle de tous les accès aux fichiers. Les entreprises peuvent appliquer toutes les politiques de gouvernance, d'audit et de conformité nécessaires afin de réserver certains accès aux administrateurs et aux utilisateurs adoubés. Et pour accélérer l’accès aux fichiers et assurer une cohérence entre différents sites accédant aux mêmes données. Panzura copie temporairement dans un espace tampon dans le cloud les fichiers les plus demandés. La synchronisation en temps réel est assurée suivant la classique architecture maître-esclave pour valider et enregistrer le dernier fichier modifié dans l’espace cache, puis le transférer sur le volume NAS. 

La plateforme CloudFS de Panzura assure l'indexation des fichiers stockés sur des NAS avec un data management piloté depuis une console cloud. (Crédit S.L.)

Blocage des ransomwares

La plateforme de Panzura peut démarrer avec un seul nœud (hébergeant sa VM) en local ou dans le cloud pour consister ce que la start-up appelle un ring. Hébergée dans le cloud depuis un an, la console d’administration de la solution assure la supervision globale du ring et prend en charge la création de snapshots pour suivre les fichiers modifiés par les utilisateurs, nous a indiqué Mike Johnson, SVP et product engineering. Au chapitre sécurité, elle lutte également contre les tentatives de chiffrement ou de corruption des données par des ransomwares et assure la structure immuable des données dans le cloud. « Après une attaque par ransomware, il suffit de 60 secondes pour bloquer l’intrusion et restaurer les données », nous a confié Mike Johnson. L’analyse du comportement des utilisateurs, durant les fameuses deux semaines d’indexation, permet de détecter très rapidement toutes les opérations suspectes sur les fichiers. 

Aujourd’hui, Panzura annonce près de 500 clients dans le monde, dont une grosse installation chez BNP Paribas (Fortis), et emploie 200 personnes (pas de présence directe en France, mais une tête de pont européenne au Royaume-Uni), dont pas moins de 70 au support. C’est un point sur lequel la start-up a particulièrement insisté pour asseoir son modèle de vente en direct, avec quelques partenaires intégrateurs. La tarification proposée par Panzura a également été très difficile à comprendre et - après plusieurs allers-retours - , nous avons fini par comprendre qu’une première licence est facturée au nœud et au volume de données indexées, et une seconde aux utilisateurs connectés à la solution de data management.