Aveva a renoué avec les événements en physique cette semaine en lançant son premier rendez-vous PI World à Amsterdam. Pour l’occasion, 1 500 personnes se sont déplacées pour cette première journée et 2 800 sont attendues sur l’ensemble de l’événement. PI World se veut hybride et propose également une retransmission en live, suivie par environ 1 000 personnes. La keynote d’ouverture a été présentée par Peter Herweck, CEO d’Aveva depuis mai 2021, après avoir quitté Schneider Electric, où il dirigeait l'activité mondiale d'automatisation industrielle et était alors vice-président du conseil d'administration d'Aveva. Cette première journée de salon a été consacrée à un point sur les solutions du spécialiste des logiciels industriels, et rythmée par des retours d’expérience de plusieurs acteurs internationaux. Le point phare porte sur l'amélioration de sa solution de jumeau numérique. Celle-ci se voit combinée à deux systèmes : le scanner 3D mobile pour cartographie produit par NavVis et le logiciel de gestion documentaire d'Assai.

Avec le scanner 3D mobile pour cartographie de NavVis, Aveva complète sa solution de jumeau numérique. La réplique numérique d'une usine donne aux ingénieurs les moyens d'inspecter et optimiser en permanence leurs processus de production à distance. (Crédit : NavVis)

La firme précise que les solutions de NavVis et Assai seront liées à son service de capture de données 3D (Point Cloud Manager) et Asset Information Management, son logiciel qui identifie et croise les correspondances entre les équipements, les documents, les plans et autres formats de données. « Les clients d’Aveva peuvent désormais expérimenter un jumeau numérique complet en seulement 60 jours, même en l'absence de modèles existants, grâce à une contextualisation plus profonde et une visualisation améliorée » précise Amish Sabharwal, vice-président exécutif en charge de l'ingénierie d'Aveva.

Le jumeau numérique, une réponse à tous les défis ?

« Grâce aux dernières intégrations et à nos solutions natives cloud, les clients qui cherchent à développer et à améliorer leur jumeau numérique peuvent désormais concevoir, construire et exploiter des installations durables en utilisant des connaissances axées sur les données pour optimiser les processus et les décisions tout au long de la chaîne de valeur » ajoute le dirigeant. Concrètement, les opérateurs ont un accès universel et contextualisé à toutes les informations d'ingénierie, d'exploitation et de maintenance dans le cloud, en utilisant toute forme de visualisation (modèles 3D et/ou scan laser), et des analyses intégrées.

Parmi ses clients, la firme britannique cite les entreprises Yinson, TotalEnergies, Saudi Aramco ou encore Shell qui utilisent d’ores et déjà la technologie de jumeau numérique. Cette dernière a livré 30 exemplaires et prévoit d'en livrer 44 supplémentaires à l'avenir. Plus généralement, les secteurs qui utiliseraient cette technologie à l’avenir sont le pétrole et le gaz, l'énergie, l'électricité et les services publics, la chimie, la marine et l'exploitation minière. Le secteur industriel produit de manière croissante des données stratégiques : selon une étude de Statista réalisée en juin 2021, 50 % de toutes les données industrielles disponibles ont été créées au cours des deux dernières années. En cause, la pandémie, accélérateur de la transformation numérique des entreprises.

Le secteur industriel en pleine transformation numérique

Alors que le secteur industriel fait face à des défis de plus en plus complexes, Peter Herweck a annoncé vouloir faciliter « l’unification des données en un fil numérique qui couvre la chaîne de valeur et transforme les industries ». Selon une étude menée par Anaconda en 2022, 63 % du temps des data scientists est en fait consacré à la collecte et au nettoyage des données. Evoquant les « connected workers » - que l’on pourrait traduire par « travailleurs connectés » - la firme explique que ses solutions représentent un gain de temps considérable pour les data scientists et aident les différents métiers à prendre des décisions et agir plus rapidement.

Amish Sabharwal est revenu sur la notion de « travailleur connecté » évoquée par Peter Herweck, afin de montrer la collaboration de ces opérateurs avec la technologie de jumeau numérique. (Crédit : C.S.)

En ce sens, Peter Herweck est notamment revenu sur l’acquisition de son concurrent américain OSIsoft ; une opération qui a coûté pas moins de 5 milliards de dollars au britannique en août 2020. Il s’agit d’un rachat qui fait sensation car Aveva doit beaucoup à la solution PI System de son ex-concurrent. Cette dernière permet d’acquérir, structurer et partager en temps réel des données opérationnelles pour les transmettre à des applications et des logiciels d’analyse à grande échelle. Aujourd’hui PI System est utilisée par de nombreux acteurs, tels que Kellogg’s, Nestlé, Heineken, ArcelorMittal, le néerlandais ProRail ou encore Biogen. La plateforme de gestion des données d'exploitation est désormais présentée comme un service natif d’Aveva. Amish Sabharwal note toutefois qu’une mise à jour de sécurité a été ajoutée à PI System sans donner plus de détails.

Durabilité, main-d’œuvre qualifiée et résilience

Evoquant les deux années de pandémie (un point qui paraît immanquable aujourd'hui), Peter Herweck note à ce jour trois tendances majeures pour innover. « La première est la durabilité. Plus de 50 % des entreprises du classement Fortune 500 se sont engagées à atteindre un niveau neutre carbone d'ici 2030. Et cela entraîne des changements massifs dans toute la chaîne de valeur. Le deuxième est l'évolution de la main-d'œuvre qui est en cours. Au moins 50 % de la main-d'œuvre industrielle prendra sa retraite au cours des 10 à 15 prochaines années et ce réservoir de compétences est d'une importance cruciale pour nos clients. Ils doivent transmettre toutes ces connaissances à la jeune génération. Et le numérique est un mécanisme essentiel pour qu'ils puissent le faire. Enfin, la troisième transition est la nécessité de stimuler l'agilité et la résilience ».