Dans la course aux régions, le groupe EELV est sur tous les fronts et surtout sur celui du numérique. « Adopter une stratégie numérique responsable » est le mot d’ordre selon Katy Vuylsteker, secrétaire régionale d'Europe Écologie Les Verts Hauts-de-France. En 2019, 15% de la population française n’utilisait pas Internet. Pour réduire cette fracture numérique, plus ou moins marquée selon les territoires, les Verts souhaitent « résorber les zones blanches sur l’ensemble du territoire avec la 4G et la fibre, sans oublier les territoires ultra-marins ». Plus réfractaire à la 5G, le mouvement « rejette l’idée d’une fuite en avant technologique » qui laisserait de côté certains territoires.

« Faciliter les recherches en ligne et les démarches de chacun tout en gardant un droit au papier pour tous les publics est important », précise cette déléguée de la Commission numérique de EELV. Le droit au papier ressemble à une incongruité venant d’une écologiste, et pourtant, elle souligne que ce droit est essentiel pour ceux qui ne peuvent pas se débrouiller seul pour faire leur déclaration d’impôts en ligne.

Favoriser des acteurs du numérique responsables

Sur un autre point, celui de l’accompagnement des TPE et PME, Mme Vuylsteker insiste : « il faut mettre l’accent sur la formation au numérique et sur tous les publics. » Les commerçants qui ont pu proposer un système click and collect à la suite de la propagation de la pandémie ont su garder le cap au détriment d’autres. « Il est nécessaire de pousser la requalification vers les métiers du numérique, pour les femmes – qui sont moins mises en avant – mais aussi les personnes en reconversion professionnelle et les personnes âgées. »

Relocaliser les filières numériques, avoir une gestion des déchets numériques au niveau local, travailler sur le reconditionnement sont également au programme des Verts. Cette régulation de la souveraineté numérique permettrait ainsi de « protéger les citoyens et défendre leurs libertés individuelles » d’une part et « maîtriser les impacts - climatique et social – que pourrait favoriser la fracture numérique.

En ce qui concerne la cybersécurité, « il faut protéger l’ensemble des habitants des régions, protéger ses acteurs, les lycées, les différents organismes internes et mettre l’accent sur la cybersécurité. Les critères doivent résulter d’une concertation générale » assure la secrétaire régionale EELV de la région Hauts-de-France. Donner la priorité à une concertation générale inter-régions permettra de mieux « connaître quelles sont les bonnes pratiques et les intégrer », conclut Katy Vuylsteker.