Les zones blanches sont un mythe pour ceux qui habitent en ville, une plaie pour ceux qui en subissent les conséquences. En 2020, 484 zones ont été identifiées en France comme dépourvues de connexions mobiles. « La clé du développement numérique réside dans le maillage des télécommunications haut débit sur tout le territoire sans zone blanche ». Cette proposition est excessivement ambitieuse, Bruno Bonnell l’admet lui-même. Ce député du Rhône se porte candidat à la présidence du conseil régional d'Auvergne-Rhône-Alpes. « La région possède des territoires enclavés numériquement, dans l’Allier, l’Ardèche ou l’Ain, cette rupture entre deux villes peut mener à un dysfonctionnement ». Pour lui, le digital ne peut être géré comme une commodité mais comme « un axe stratégique régional ou national ».

Couvrir l’ensemble du territoire avec la 4G oui, faire de même avec la 5G, non. Selon Bruno Bonnell, « la 5G est une technologie professionnelle, indispensable au niveau des zones industrielles ». Cette installation permettrait ainsi de résorber le manque d’entreprises technologiques sur le territoire et d'offrir un environnement adapté à l’industrie 4.0. L’attractivité passe essentiellement par la capacité du territoire à fournir un réseau et « le choix se fera en fonction de la couverture 5G ».

Multiplier les formations hybrides dans les villes

Le député du Rhône soulève un autre point, celui de la démultiplication de formations au numérique dans les régions. « Nous devons démultiplier par dix le nombre de formations, avec une partie d’entre elles déportées dans des villes comme Moulins ». Des formations hybrides donc, mêlant téléformation et formation en physique. « On ne va pas demander aux gens de venir se concentrer dans des villes pour se former au digital, il faut faire l’inverse, aller porter la parole numérique dans des villes isolées, ubériser le numérique, et créer des centres de formation supplémentaires » ajoute-t-il. Une idée qui fait écho au Bossu de Paul Féval, « si tu ne viens pas à Lagardère, Lagardère ira à toi ! » que Bruno Bonnell met simplement au goût du jour.

Ce projet de formation hybride est une évidence pour Bruno Bonnell qui se qualifie lui-même de candidat hybride. Cette proposition va de pair avec une autre problématique. La fracture numérique et plus précisément, l’illectronisme - cheval de bataille de ce candidat - qui touche encore 20% de personnes vivant en région Auvergne-Rhône-Alpes. Il appelle ainsi, notamment, à une complémentarité entre générations, « pour encourager les plus jeunes à former les personnes plus âgées ». L’objectif « zéro illectronisme » est aujourd’hui une problématique à laquelle les régions doivent répondre rapidement. « Si l’on veut transférer les usages du numérique dans le quotidien, il ne faut oublier personne », explique-t-il.

Former plus et mieux est une nécessité pour les publics et les entreprises. Le passage au numérique des entreprises, notamment des PME, doit s’accompagner d’une multiplication d’agents formés et disponibles. « Notre objectif est d’accompagner les gens sur le chemin de la formation, leur donner les moyens, encourager l’innovation, les aider à trouver des partenaires internationaux, faire partie de l’environnement numérique mais surtout ne pas rentrer dans le cœur de la machine », explique Bruno Bonnell pour qui cette ligne à ne pas franchir est un gage d’indépendance des entreprises.

Pousser à plus de cybersécurité

Après 40 années d’entreprise, le député LREM du Rhône a vu les domaines de la robotique et de l’informatique évoluer à vitesse grand V en laissant de côté certains aspects pourtant primordiaux pour toute entreprise. Il projette ainsi de « créer une école de la cybersécurité dans la région Auvergne-Rhône-Alpes avec une base et plusieurs antennes ensuite ». Où ? « Pourquoi pas Valence d’abord » lâche-t-il. Le budget alloué à la cybersécurité représente aujourd’hui près de 3,5 milliards d’euros en France, un chiffre qui devrait gonfler avec le plan de relance annoncé par Emmanuel Macron en février dernier.

A cet effet, une aide d’1 milliard d’euros a été débloquée afin de permettre à la filière française de doubler ses effectifs d’ici 2025 mais aussi renforcer la sécurité des entreprises, hôpitaux et administrations aujourd’hui menacés par les cyberattaques. Bruno Bonnell estime qu’il faut « instaurer une pédagogie sur la cybersécurité, à la fois dans les entreprises et dans les écoles de formation au numérique ». Le réflexe sécurité des biens et des personnes en milieu professionnel devrait ainsi inclure la cybersécurité comme réflexe inhérent à toute entreprise.

La e-santé à l’ordre du jour

Le digital pourrait également s’immiscer dans le domaine de la santé pour réduire l’enclavement médical de certaines villes. « La télémédecine est une solution viable dans certains villages enclavés, pour un premier diagnostic ou pour des recommandations », précise le candidat aux régionales. Installer des centres de télémédecine là où il y a des centres de santé. A l’avenir, « chaque pharmacie de village pourrait installer un centre de télémédecine là où il y a des déserts médicaux ». Selon Bruno Bonnell, travailler sur des expérimentations de ce type participerait à la réduction du gouffre numérique existant dans certains territoires.

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