Les révélations autour de son partenariat controversé avec ICE, la police américaine de l’immigration via sa filiale Governement Solutions, a finalement contraint la SSII française à se séparer de cette dernière. Dans un communiqué publié dimanche, la société indique lancer immédiatement le processus de cession de cette activité.
Pour justifier sa décision, l'entreprise explique avoir « estimé que les contraintes légales habituelles imposées aux Etats-Unis pour contracter avec des entités fédérales menant des activités classifiées ne permettaient pas au groupe d’exercer un contrôle approprié sur certains aspects des opérations de cette filiale, afin d’assurer un alignement avec les objectifs du groupe. »
Un retournement soudain
Il s’agit d’un retournement de situation inattendu : la semaine dernière, le directeur général de Capgemini Aiman Essat, expliquait que cette filiale opérait dans le cadre d’un accord de sécurité spécial impliquant qu’elle prenait des décisions de manière autonome et disposait de réseaux étanches exigeant une séparation de ses activités avec sa maison-mère. Et que de ce fait elle ne pouvait accéder à aucune information classifiée ou quelque opération technique que ce soit concernant son entité Governement Solutions.
Le conseil d’administration extraordinaire de Capgemini a été convoqué ce week-end après que l’entreprise ait indiqué dans un message aux salariés que le contrat liant sa filiale à l’ICE « n’est pas en cours d’exécution car il fait l’objet d’un recours ». Les révélations de cette affaire avaient provoqué un tollé des salariés, des syndicats et également du ministre de l’Economie, contraignant le directeur général de la SSII à lancer « un processus d’examen du contenu de ce contrat ainsi que des procédures de contractualisation ».
Une croix sur 0,4 % de revenus
Government Solutions représente 0,4 % du chiffre d'affaires mondial estimé du groupe pour 2025, soit moins de 2 % de son chiffre d'affaires aux États-Unis. En cédant cette activité, Capgemini espère sans doute sortir d’une situation devenue très inconfortable pour éviter tout risque collatéral supplémentaire aussi bien en termes d’image que d’impact éventuel sur son cours de bourse. Ce matin l’action du groupe a ouvert en hausse sur la bourse de Paris (+1,6 %) montrant que l’annonce de la cession de Governement Solutions et la perte de revenus prévisionnels associés ne semble pas effrayer à ce stade les investisseurs.

Commentaire