Selon un rapport de LeanIX, un fournisseur de services de transformation numérique, seule une minorité d'entreprises actuellement clientes de SAP ou futures utilisatrices de l’ERP de SAP ont achevé leur migration vers le système de gestion S/4HANA de l'éditeur allemand, alors que le support de sa suite de gestion ECC sur site prendra fin en 2030. Parmi les utilisateurs actuels et futurs de l’ERP de SAP ayant répondu à l’enquête de LeanIX, seuls 12 % ont achevé la transition vers S/4HANA, l'ERP cloud qui fonctionne sur la base de données in-memory HANA. L'étude a été menée auprès de 100 architectes d'entreprise, responsables informatiques et autres professionnels de l’IT aux États-Unis et en Europe. Par ailleurs, 12 % des personnes interrogées ayant déclaré leur intention de migrer ont reporté le début de leur transformation vers S/4HANA, et 74 % des entreprises interrogées n'en sont qu'à la phase d'évaluation et de planification de leur parcours de transformation ERP, rapporte encore LeanIX.

Lors de l’introduction de S/4HANA en 2015, SAP s'attendait à ce que sa base existante de 35 000 clients (selon les estimations de Gartner) se convertisse à son nouvel ERP dans le cloud. Cependant, les résultats publiés par le fournisseur montrent que S/4HANA a attiré davantage de nouveaux utilisateurs que de clients SAP ERP existants. Au dernier trimestre 2021, environ la moitié des utilisateurs de S/4HANA étaient de nouveaux utilisateurs, et au cours des deux derniers trimestres, 60% des utilisateurs de S/4HANA étaient de nouveaux clients SAP.

Le grand défi de l'alignement entre les équipes

Près de 66 % des personnes interrogées ont déclaré que l'alignement, entre les équipes IT notamment, était le plus grand défi de la migration vers S/4HANA. « En raison, peut-être, de la taille des équipes SAP en interne : dans 63% des entreprises, ces équipes comptent souvent plus de 50 personnes », précise ainsi le rapport. De plus, celui-ci montre que très peu d'équipes SAP travaillent en étroite collaboration avec les architectes d'entreprise, alors qu’ils pourraient apporter des éclaircissements sur les paysages ERP complexes et leurs dépendances dans l'ensemble de l'environnement logiciel de l’entreprise.

Seuls 33 % des répondants ont qualifié d'étroite la collaboration entre les équipes SAP et les architectes d'entreprise dans leur entreprise, et 22 % des répondants ont déclaré qu'il n'y avait aucune collaboration entre les équipes. « Parmi les architectes d'entreprise interrogés, seuls 38 % se sentent suffisamment impliqués dans un projet de transformation », indique encore le rapport.

Les dépendances ERP et logicielles, problématiques

En raison du manque de collaboration avec les architectes d'entreprise, près de 50 % des personnes interrogées déclarent que la définition de l'architecture ou de la feuille de route cible et l'identification des dépendances entre les systèmes ERP et le paysage logiciel environnant constituent des défis pour la migration vers SAP S/4HANA.

Interrogés sur le niveau de transparence de ces paysages, seuls 20% des répondants ont déclaré avoir toujours une vue d'ensemble complète ou pouvoir l'obtenir en moins d'un mois, et 47% des répondants déclarent qu'il leur faudrait plus de trois mois pour fournir une vue d'ensemble de toutes les applications et de tous les systèmes, y compris toutes les solutions ERP et leurs dépendances, utilisés par leur entreprise. 

Incertitude sur le temps de transition

Toujours selon le rapport, malgré la fin prochaine (moins de 10 ans) du support de SAP ECC, l'incertitude demeure quant au temps qu’il faut à une entreprise pour passer à S/4HANA. Si Gartner estime entre trois et cinq ans la durée idéale de transition vers S/4HANA, ou la recommande, près de 36% des personnes interrogées ont déclaré que la migration pourrait prendre plus de trois ans, et 33% estiment que la mise à niveau prendrait moins de deux ans.

Cependant, à la question de savoir si le temps actuellement prévu pour la transition vers S/4HANA est suffisant, 37% des répondants se disent dans l’incapacité de donner une estimation, et 29% reconnaissent qu'ils n'ont pas respecté le temps prévu et l'ont dépassé. « Seuls 33 % des répondants estiment qu'ils seront en mesure d’achever la transformation de l'ERP selon le calendrier prévu », indique encore le rapport.