Comme l’indique Francesco De Simoni, Directeur général et directeur technique de Nubevia, « la simple relocalisation des données numériques ne suffit plus. Il s’agit d’obtenir une vraie maîtrise opérationnelle et juridique ».

Autrement dit, la souveraineté ne se joue plus uniquement au niveau du stockage. Elle se mesure également à la capacité à maîtriser les technologies, les réseaux et les opérations qui gravitent autour de la donnée. Une donnée peut être stockée dans un datacenter français sans que l'organisation maîtrise réellement les plateformes qui la traitent, les réseaux qui l'acheminent ou les équipes qui administrent l'environnement. À l'inverse, certaines fragilités se révèlent lorsque l'entreprise ne parvient plus à faire évoluer certaines briques technologiques, à identifier clairement les responsabilités ou à reprendre la main lorsqu'un fournisseur modifie les règles du jeu.

Cette évolution invite à adopter une lecture plus opérationnelle de la souveraineté, qui englobe l'ensemble de la chaîne numérique : les infrastructures, les réseaux, l'exploitation et, finalement, les femmes et les hommes qui en assurent le fonctionnement au quotidien.

La souveraineté commence souvent par l'héritage technologique

Pour beaucoup de responsables informatiques, la question de la souveraineté ne surgit pas à l'occasion d'un nouveau projet cloud. Elle apparaît lorsque l'environnement existant devient plus difficile à faire évoluer.

L'évolution récente de VMware illustre parfaitement ce phénomène. Depuis le rachat de l'éditeur par Broadcom, de nombreuses organisations ont réévalué leur niveau de dépendance à une technologie devenue centrale dans leur fonctionnement. Pour certaines, l'augmentation des coûts a servi de déclencheur. Pour d'autres, la difficulté à trouver les bonnes alternatives a ouvert la réflexion.

Ce sujet dépasse largement le cadre de la virtualisation. Il concerne également les plateformes cloud, les services SaaS ou encore les futures infrastructures IA. À chaque fois, la même question se pose : dans quelle mesure suis-je libre de faire évoluer mon architecture lorsque mes choix technologiques dépendent fortement d'un acteur unique ?

C'est précisément là que la souveraineté prend une dimension très concrète. Avant même de parler d'hébergement ou de localisation des données, elle interroge la capacité à conserver des marges de manœuvre sur les technologies qui structurent le système d'information. Reprendre la main sur son héritage technologique, comprendre ses dépendances et préserver sa liberté de choix constituent souvent les premières étapes d'une démarche de souveraineté.

Le réseau, angle mort de la souveraineté numérique ?

Autre point souvent mis de côté : une donnée n'a de valeur que parce qu'elle circule entre utilisateurs, applications, sites distants et environnements cloud.

Or, cette circulation repose sur des infrastructures de transport, des mécanismes de routage et des interconnexions sur lesquelles on manque parfois de visibilité. Une entreprise peut ainsi héberger ses données en France tout en restant dépendante de multiples intermédiaires pour l'acheminement de ses flux critiques.

Cette question est au cœur de l'approche développée par Nubevia, qui associe hébergement, cloud et connectivité au sein d'une même chaîne de responsabilité. Le groupe exploite notamment ses propres infrastructures d'interconnexion entre datacenters afin de conserver la maîtrise des flux et limiter les dépendances externes.

À mesure que les systèmes d'information se distribuent entre plusieurs sites, clouds et usages, cette maîtrise de la connectivité devient un enjeu crucial de résilience autant que de souveraineté.

Quand personne n'est vraiment responsable…

L'autre limite des approches traditionnelles apparaît souvent lorsqu'un incident survient. Tant que les services fonctionnent correctement, la complexité de l'écosystème reste relativement invisible. Les difficultés émergent lorsque plusieurs acteurs interviennent simultanément sur une même chaîne de services.

Le fournisseur cloud renvoie alors vers l'opérateur réseau, qui sollicite l'intégrateur. Puis l'intégrateur se tourne vers l'éditeur. Chacun maîtrise une partie du problème, mais aucun ne dispose d'une vision globale de l'environnement.

Cette fragmentation des responsabilités constitue aujourd'hui l'un des principaux défis des infrastructures modernes. Elle complexifie l'identification des causes d'un incident, rallonge les délais de résolution et crée une forme de dilution de responsabilité particulièrement difficile à gérer pour les équipes internes.

La souveraineté prend ici une dimension très concrète. Au-delà de la maîtrise des infrastructures, elle suppose également de savoir qui administre, qui supervise, qui intervient et, surtout, qui assume la responsabilité du résultat.

Chez Nubevia, cette exigence se traduit par la maîtrise de l'ensemble de la chaîne, de la connectivité au cloud privé, en passant par l'hébergement, les services managés et désormais les infrastructures dédiées à l'IA. En d’autres termes fournir un guichet unique, capable de coordonner l'ensemble de l'environnement numérique et d'en assumer le pilotage opérationnel.

Pourquoi l'humain redevient stratégique

Cette recherche de responsabilité conduit naturellement à une autre dimension souvent absente des débats sur la souveraineté : la dimension humaine.

L'automatisation, les plateformes en libre-service et les modèles standardisés ont largement contribué à démocratiser l'accès aux infrastructures. Mais elles montrent également leurs limites lorsque les environnements deviennent complexes ou lorsque les besoins sortent du cadre prévu.

Les équipes IT ne recherchent plus uniquement des ressources cloud, des serveurs ou des liens réseau. Elles cherchent également des partenaires capables de comprendre leurs contraintes, d'accompagner leurs arbitrages et d'assumer une responsabilité opérationnelle.

C'est cette conviction que Nubevia résume à travers son concept de « Human Connection ». Derrière cette expression se trouve une idée simple : une infrastructure ne se limite pas à des équipements ou à des plateformes. Elle repose aussi sur des équipes capables de conseiller, d'anticiper et d'accompagner les arbitrages technologiques dans la durée.

Comment faire les bons choix ?

Comme nous l'avons vu, la souveraineté ne se décrète pas. Elle s'évalue à travers des critères très concrets. Pour vous aider à prendre du recul sur votre propre environnement, nous avons résumé ici les sept questions clés à se poser pour faire le point sur son niveau réel de maîtrise.

Lire l’article : « 7 questions pour savoir si votre infrastructure est vraiment sous contrôle »