La souveraineté commence dans les couches physiques

On évoque souvent les couches hautes – les applications, le cloud ou l’IA – mais beaucoup moins les couches basses sur lesquelles tout repose : les câbles optiques, les infrastructures de transport et les mécanismes d’acheminement des données. Or, sans maîtrise de ces couches, la souveraineté du cloud ou de l’IA reste théorique. Pour Vincent Rousseau, « La souveraineté commence par la capacité à contrôler ses infrastructures : savoir où passent les flux, comment ils sont routés et sur quelles infrastructures physiques ils reposent ».

C’est sur ces couches basses, de niveau 1 à 3, que se positionne notamment Sipartech, avec une stratégie fondée sur le déploiement de son réseau privé en fibre optique. L’opérateur exploite plus de 34 000 km de réseau pour connecter plus de 300 datacenters implantés dans les plus grandes métropoles européennes. « Nous dessinons et déployons pour nos clients des routes optiques sur mesure. Cela leur permet de construire et maîtriser l’architecture de leur réseau en s’appuyant sur des infrastructures de connectivité dédiées ou maîtrisées. Ainsi, ils peuvent renforcer la souveraineté et la résilience de leurs propres réseaux. », précise Vincent Rousseau.

Les infrastructures de connectivité, un enjeu stratégique pour les nouveaux usages

Avec l’essor de l’intelligence artificielle, l’importance des infrastructures réseau devient encore plus évidente. Si la course aux GPU et à la puissance de calcul est souvent mise en avant, elle ne constitue qu’une partie de l’équation.

« L’IA ne dépend pas seulement de la puissance de calcul. Elle dépend aussi de la vitesse à laquelle les données peuvent circuler », rappelle Vincent Rousseau. « Les performances des infrastructures réseau sont donc un élément clé pour accompagner ces nouveaux usages.»

Dans ce contexte, offrir aux entreprises la capacité à transporter de très grands volumes de données avec une latence minimale est un facteur déterminant. Les infrastructures déployées par Sipartech sont conçues pour répondre à ces besoins croissants, avec des câbles à très haute capacité. Un exemple emblématique se situe à Marseille, aujourd’hui l’un des principaux hubs mondiaux pour les câbles sous-marins. Sipartech y exploite ses propres installations d’atterrissage pour accueillir ces câbles et connecter directement ces flux aux infrastructures terrestres.

« Les câbles sous-marins arrivent dans nos installations, puis nous sommes capables de fournir des capacités de fibre optique très importantes pour transporter ces flux vers les datacenters ou les infrastructures de calcul », explique Vincent Rousseau.

De la bande passante à la maîtrise de l’infrastructure

Dans cette approche, l’enjeu ne se limite pas à fournir de la bande passante entre deux points.

« Beaucoup d’offres réseau consistent à fournir de la bande passante d’un point A à un point B. Sipartech se positionne sur l’infrastructure elle‑même, en exploitant et contrôlant les réseaux fibre, Ethernet et IP qui transportent les flux entre les sites des entreprises, les datacenters et les plateformes cloud. », résume Vincent Rousseau.

Cette maîtrise se traduit notamment par la construction de routes physiques multiples. Les liaisons stratégiques disposent de plusieurs chemins distincts. « Cela permet d’assurer une très forte résilience et de rerouter les flux en cas d’incident sur une infrastructure », explique-t-il. Une capacité d’autant plus importante dans un contexte où les infrastructures critiques peuvent être exposées à des risques physiques : travaux, vandalisme…

Supervision et contrôle des infrastructures

Au-delà du déploiement physique des réseaux, la maîtrise de l’infrastructure implique aussi la capacité à surveiller et exploiter ces réseaux en continu.

« La souveraineté passe aussi par la visibilité : il faut être capable de superviser les infrastructures de transport qui supportent ces flux, de détecter les incidents et d’agir rapidement. Cela implique des outils de supervision capables de détecter les anomalies, les coupures ou les événements susceptibles d’affecter les performances des flux de nos clients ». La gestion de ces réseaux repose également sur un maillage dense de sites techniques. Sipartech exploite aujourd’hui plusieurs centaines de sites techniques en Europe, qui hébergent les équipements d’amplification et de transmission.

L’immobilisme, un risque stratégique ?

Pour les entreprises, l’évolution des infrastructures réseau ne relève pas seulement d’un arbitrage technique : elle constitue aussi un choix stratégique.

« Ne pas s’en préoccuper ou repousser les investissements peut devenir un risque », estime Vincent Rousseau, notamment en raison de la dépendance que cela peut créer vis-à-vis de fournisseurs externes. « Une infrastructure qui n’évolue pas peut entraîner des coûts cachés et créer des vulnérabilités. À long terme, cela peut aussi freiner les projets de transformation ou d’expansion », conclut-il.

[Exergue]

« Dans un environnement dominé par le cloud et l’IA, un réseau qui n’évolue pas devient rapidement un frein à la transformation. »