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1ère impression en 3D d'un os d'oracle chinois de 3000 ans

L'impression 3D d'un vestige vieux de 3000 ans permet de manipuler l'objet sans risque. (crédit : Cambridge University Library)

L'impression 3D d'un vestige vieux de 3000 ans permet de manipuler l'objet sans risque. (crédit : Cambridge University Library)

L'analyse d'anciens vestiges permet aux scientifiques de remonter le temps et de mieux comprendre certains évènements qui se sont produits dans le passé, comme les éclipses lunaires par exemple. Jusque-là, seuls les experts avaient accès à ce type d'information. Mais grâce à l'impression 3D, ce ne sera bientôt plus le cas.

Cette semaine, au Royaume-Uni, les chercheurs de la Cambridge University Library ont annoncé qu’ils avaient créé la première réplique imprimée en 3D d’un os d’oracle chinois vieux de 3000 ans. Dans la Chine ancienne, les rois utilisaient un os d’oracle pour interroger les ancêtres et prendre des décisions. L’oracle gravait la question sur l’os, en général un os de bœuf ou de tortue, et d’après les fissures créées par la chaleur d’une pointe de bronze, il essayait de fournir une réponse. L'image haute résolution de 9 centimètres par 14 combine 1,3 million de facettes pour restituer toute la surface de l’os. Le spécimen utilisé a été gravé entre 1339 et 1112 avant l’ère chrétienne.

Les os d’oracle sont les plus anciens documents écrits en langue chinoise. Plus de 100 000 d’entre eux ont été découverts en Chine par les archéologues. Les prêtres utilisaient des omoplates de bœuf ou encore la partie plate de l’intérieur des carapaces de tortues. Les inscriptions que l’on retrouve sur ces os témoignent de questions et d’événements importants de l'époque. La Dynastie des Shang, seconde dynastie royale à gouverner le centre nord de la Chine entre 1570 et 1045 avant J.-C, cherchait des réponses à ses questions par des actes divinatoires. Les inscriptions gravées sur ces os ont permis de mieux connaître la société chinoise des origines, mais aussi de savoir par exemple qu’elle avait était témoin d’une éclipse lunaire en 1192 avant notre ère. C’est le plus ancien témoignage écrit d’un tel événement.

Sur la version 3D, des caractères gravés plus lisibles que sur l'original

La version imprimée en 3D, qui porte la référence Oracle Bone CUL.52, a permis de rendre les écritures encore plus lisibles que sur l’os original lui-même, et désormais tout un chacun peut manipuler l’objet sans risque. Selon les chercheurs, les inscriptions présentes sur la réplique 3D évoquent le sacrifice rituel d'un bœuf en l’honneur d’un ancêtre royal. L’os a été créé en collaboration avec le Media Studio de l'Hôpital d'Addenbrooke, lequel a fourni l’imprimante 3D qu’il utilise en chirurgie maxillo-faciale et orthopédique. L'impression comprend 350 couches superposées de fine poudre de plâtre durcie avec de la super colle au cyanoacrylate. La bibliothèque de l’Université de Cambridge, qui compte plus de 600 spécimens d’os d’oracle dans sa collection, espère trouver d’autres financements pour imprimer d’autres répliques.

Cambridge UL Oracle Bone CUL.52 Hi Res by Professor Dominic Powlesland on Sketchfab

Sketchfab propose une représentation 3D du vestige que l'on peut faire pivoter sur 360°.

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35 ans
25 Janvier 2002 n°923S
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