Apple a apporté une réponse à ceux qui se demandent jusqu'où il peut aller pour assurer le support de ses plus anciens produits. La société vient discrètement de mettre fin à la prise en charge de ses plus anciens iPhone et iPad, en supprimant toute possibilité de restauration. Si cette décision a suscité quelques critiques, elle souligne surtout la longévité exceptionnelle du support assuré par la firme à la pomme pour son matériel. Encore aujourd'hui, le fournisseur permet l'accès à des versions logicielles signées sur certains appareils dépourvus de connectivité cellulaire datant de plus de dix ans.
Les iPhone 4, 4S et 5 concernés
Apple a ainsi cessé de prendre en charge plusieurs anciens appareils équipés d’une puce modem, faute de maintenance de leurs composants réseau. C’est notamment le cas du 4S, lancé en 2011, quelques semaines après la disparition de Steve Jobs. L’entreprise ne signe désormais plus certaines versions d’iOS destinées à cet appareil, empêchant les utilisateurs de restaurer ou de revenir à plusieurs anciennes versions du système. Le 4S n’est toutefois pas le seul modèle concerné. Tous les appareils touchés par cette décision ont désormais au moins 12 ans. Selon Aron, journaliste chez MacRumors, la liste comprend les 4, 4S, 5 et 5c, ainsi que les iPad 2, iPad 3, iPad 4 et le premier iPad mini. Les tablettes WiFi restent épargnées et peuvent toujours être restaurées en revanche celles dotés d’une connexion cellulaire perdent cette possibilité.
Ces terminaux continueront de fonctionner normalement, mais une réinstallation du système d’exploitation ne sera plus possible en cas de problème. Les versions concernées incluent notamment iOS 6.1.3, 8.4.1, 9.3.5/9.3.6 et 10.3.3/10.3.4. Cette dernière avait été publiée spécifiquement pour corriger un bug GPS sur le 5 lié au phénomène de « GPS week rollover », illustrant les efforts d’Apple pour maintenir ses anciens appareils pendant plusieurs années.
Un impact limité pour les utilisateurs
Cette évolution ne devrait affecter qu'un très faible nombre d'utilisateurs, ces appareils étant désormais rares en usage quotidien. Certains développeurs continuent toutefois à les utiliser pour tester la compatibilité de leurs applications. En prenant cette décision, l'entreprise envoie également un signal indiquant qu'il est temps de réduire la prise en charge de ces plateformes très anciennes. Il s'agit aussi d'une mesure pragmatique. Maintenir des serveurs de signature pour des systèmes vieux de plus de dix ans représente un coût. Apple justifie généralement ce type de décision par la nécessité de limiter les risques liés à d'anciennes vulnérabilités de sécurité. La firme bénéficie depuis longtemps d'une solide réputation en matière de support logiciel. Cette politique contribue notamment à la forte valeur de revente de ses terminaux. Depuis 2024, à la suite de nouvelles réglementations britanniques, l'entreprise garantit officiellement au moins cinq ans de mises à jour de sécurité. Dans le même temps, Google et plusieurs grands fabricants Android ont annoncé des engagements allant jusqu'à sept ans de mises à jour de sécurité et du système d'exploitation.
Les fabricants plus modestes ne proposent pas toujours un tel niveau de suivi. Certains smartphones Android d'entrée de gamme ne bénéficient que de deux années de support. Il faut également tenir compte de l'expérience utilisateur sur les appareils vieillissants. Grâce à l'intégration étroite entre matériel et logiciel, Apple parvient généralement à préserver de bonnes performances sur la durée. À l'inverse, la fragmentation de l'écosystème Android peut conduire à une expérience moins homogène. Les puces Tensor de Google, par exemple, ont parfois été critiquées pour leurs performances en baisse avec l'âge, même lorsque les appareils restent officiellement pris en charge. En définitive, Apple continue de promettre relativement peu tout en offrant souvent davantage que ce qui est annoncé. La preuve : ce n'est qu'aujourd'hui que certains utilisateurs d'iPhone vieux de près de quinze ans atteignent enfin la véritable limite du support logiciel.

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