En direct de San Francisco. Google entend bien devenir un grand du cloud. Preuve en est, l’édition 2019 de Next, conférence dédiée au cloud de Google à San Francisco a été inaugurée par Sundar Pichai, le CEO du groupe. Dans son discours, il a insisté sur trois points, « développer les infrastructures, accélérer sur les innovations et avoir une approche ouverte ». Une feuille de route dédiée à Thomas Kurian, dont c’était la première sortie depuis sa nomination à la tête de l’activité cloud en remplacement de Diane Greene.

Si cette dernière a accélérée les investissements et développer l’activité cloud, Thomas Kurian est là pour apporter ses expertises commerciale et marketing produit acquise chez Oracle. Son objectif est de réduire le fossé entre Microsoft et Amazon. Le renforcement de la force commerciale est une de ses priorités, mais la bataille se joue aussi sur deux autres axes : faciliter la vie des développeurs et donner aux responsables l’IT l’envie d’utiliser GCP (Google Cloud Platform) pour accroître le business des entreprises.

Anthos, le multicloud à la sauce Kubernetes

Sur le premier axe, Google dispose d’une arme redoutable, Kubernetes. L’outil d’orchestration de cluster de conteneurs est devenu en quelques années un standard. La firme l’a bien compris en le déclinant en mode service managé via GKE (Google Kubernetes Engine). L’année dernière, la firme de mountain View avait dévoilé la plateforme Cloud Services Platform basée sur GKE qui répondait à la problématique de cloud hybride avec une version on premise de GKE. Reste que comme l’indique Thomas Kurian, « aujourd’hui 80% des workloads ne sont pas dans le cloud » avant d’ajouter que « 88% des entreprises prévoient d’adopter le multicloud ou le cloud hybride ». La raison de cette prudence est que selon lui, « utiliser plusieurs cloud sans avoir un plan stratégique ajoute de la complexité, alors qu’il faut de l’uniformité dans le multicloud ».

La réponse à la problématique est Anthos (nom d’une pièce du dramaturge grec Agathon). Cette plateforme remplace Cloud Services Platform en s’ouvrant aux fournisseurs de cloud tiers, parmi lesquels on trouve Azure de Microsoft et AWS d’Amazon. Anthos permet de déployer, exécuter et gérer les applications (en mode conteneurisé) sur le cloud de son choix, sans que les administrateurs et développeurs aient à apprendre différents environnements et API. Poussé par GKE, Anthos fournit automatiquement les mises à jour des fonctionnalités et de sécurité. Toute la partie calcul et stockage de l’application demeure dans l’environnement choisi par le client.

Et les clients semblent ravis de cette opportunité comme le montre le retour de HSBC, « nous jonglons avec quatre générations d’applications : mainframe, client-serveur, mobile et cloud », explique le CTO Dinesh Keswani. Ce dernier a utilisé Anthos pour différentes raisons, « améliorer la productivité des développeurs avec des outils facilitant l’automatisation des migrations des applications et adopter une vision où on développe sur place et on déploie n’importe où ».

Une aide à la migration et des partenariats multiples

Dans cette démarche de simplification, Google a présenté en version beta le service Anthos Migrate. Il s’agit d’une solution de migration des machines virtuelles sur site ou dans le cloud directement dans des conteneurs et gérés par GKE, sans changement de code. En automatisant la migration, ce service libère les équipes IT de la maintenance des VM et des correctifs des OS.

Pour être complet, Anthos va pouvoir compter sur plusieurs partenariats. Ainsi, VMware, Dell EMC, Lenovo, HPE et Cisco vont délivrer Anthos sur leurs offres hyperconvergentes. Les intégrateurs sont aussi sollicités à travers des accords avec Accenture, Arctiq, Atos, Cognizant, Deloitte, HCL Technologies, NTT Communications, Tata Consultancy Services, Wipro, et WWT. Sans oublier, les éditeurs de logiciels et notamment une relation étroite avec les envirronnements open Source : bases de données (datastax ou encore Mongo DB) ou bien d'indexation (Elasticsearch). Avec Anthos, Google a décidé de passer à la vitesse supérieure dans le multicloud et entend bien imposer à ses concurrents son modèle de migration.