Pour mener sa transformation numérique, Betclic a fait le choix de miser sur AWS. Enclenché il y a quatre ans, ce changement devrait contribuer à l’amélioration de l’expérience utilisateur et donner des moyens supplémentaires aux équipes pour assurer une sécurité et des performances optimales. Ayant fait le choix d’avoir ses propres datacenters dans un premier temps, la firme spécialisée dans les paris sportifs et les jeux en ligne a décidé de changer de cap avec le cloud. « Lors de mon arrivée à Betclic, nous avons fait les premières expérimentations et la machine a vraiment été lancée à l’aube du premier confinement » explique Yoann Cosniam, en charge de la partie architecture logicielle de Betclic.

Créée en 2005 à Londres, l’entreprise s’est progressivement agrandie, avec des bureaux à Paris puis un déménagement de l’ensemble des collaborateurs à Bordeaux où elle est installée depuis 2018. C’est à cette période que Yoann Cosniam intègre le groupe Betclic, qui compte 800 collaborateurs, répartis entre Bordeaux (500 dont 300 en charge de l’IT), Malte (250), le Portugal, la Pologne et l'Italie (50 personnes). Aujourd’hui, la firme est présente dans « tous les pays qui autorisent le gambling sur lequel on applique systématiquement une loi » détaille-t-il. Le groupe possède des datacenters en France et au Portugal, deux pays dotés de loi relativement stricte sur le jeux en ligne et les paris sportifs, notamment concernant la gestion de la dépendance et la sécurité liée aux matchs.

La machine est enclenchée

Le passage au cloud aurait pu être un fiasco total pour la société. N’ayant pas de budget alloué à cette transformation, Betclic souhaitait avant tout tester. En phase d’expérimentation, elle a rapidement vu AWS comme un facilitateur. A cette période, l’équipe « reconstruisait Betclic, il y a eu le déménagement de Paris à Bordeaux et l'entreprise était vraiment en perte de vitesse, nous perdions de l'argent ». En ce sens, plusieurs choix stratégiques ont été faits. Fait surprenant, le spécialiste des paris sportifs et des jeux en ligne a, à cette période, raté sa transition vers le mobile. Cruciale pour l’entreprise, cette migration a été poussée et imposée par le retour de Nicolas Béraud, l’un des fondateurs, au sein du groupe. Des investissements conséquents ont été réalisés dans le mobile et « la croissance est repartie de manière assez fulgurante ».

Betclic a déménagé ses bureaux parisiens ainsi que son siège londonien à Bordeaux, à quelques mètres de la Cité du vin. (Crédit : Betclic)

« Pour être tout à fait franc, nous avons contacté Azure en même temps qu’AWS », admet ce responsable de l'architecture. Betclic souhaitait « aller vers le cloud parce que c'était l'avenir, pour notre besoin, notamment pour l'innovation ». Alors que l’entreprise a pris le soin de contacter plusieurs fournisseurs de cloud, AWS s’est montré bien plus coopératif qu’Azure, « il nous a donné un budget, pour tester et expérimenter là où, avec Azure, il fallait négocier bien avant et montrer patte blanche » précise Yoann Cosniam. Durant la phase de test, l’équipe a pu expérimenter les outils proposés par le fournisseur de cloud et réaliser plusieurs projets. Selon ce responsable d’architecture, « il faut se poser certaines questions, savoir ce que l’on recherche en termes d’optimisation pour l'expérience utilisateur, les coûts ou encore la scalabilité ».  Le passage au cloud apporte également un gain de temps considérable. « Dans notre marché qui va très, très vite, on ne peut pas se permettre d’aller lentement. Ce que l’on veut, c'est pouvoir tester, se tromper et améliorer ». Un point sur lequel AWS a l’avantage face aux infrastructures internes de Betclic.

Décentraliser toute la gestion de la plateforme

« On peut qualifier notre infrastructure de cloud hybride parce qu'on a trois datacenters et AWS, qui agit vraiment comme un quatrième datacenter sur notre plateforme ». Une configuration que Betclic se doit de garder actuellement afin de s’aligner aux demandes de certains régulateurs. « Le Portugal nous impose d'avoir des données et un coffre-fort numérique au Portugal, ce qui implique d’avoir un datacenter là-bas ». AWS pourrait néanmoins changer la donne sur ce point, puisque la construction de datacenters au Portugal a été annoncée à l’occasion de son événement annuel Re:Invent. Les deux autres datacenters de la firme sont implantés à Paris, « c’est vraiment le gros de notre infrastructure, puisqu'on a également des données qui doivent être à Paris ».

Au fur et à mesure de sa transformation, Betclic prévoit d’aller vers une démarche cloud first : « tout développement à venir sera réalisé sur AWS et non plus sur nos infrastructures » détaille Yoann Cosniam, ajoutant que l’un des objectifs pour les années à venir est d’arrêter « les investissements sur les data center ». Doté d’une base de données titanesque, Betclic veut reconstruire une plateforme et aller sur des architectures courantes. « Il s’agit de décentraliser toute la gestion de la plateforme. La multiplication des paris et jeux en ligne engendre énormément de transactions, touchant aux limites physiques des serveurs ». L’entreprise a en effet vu son trafic augmenter rapidement ces dernières années avec de plus en plus d’offres sur les paris sportifs, des sports et des compétitions, amenant à un volume de données conséquent. « Avec plus de 50 sports ouverts aux paris, et des pics à 290 matchs en simultané rien que sur un week-end », la plateforme représente environ 30 To de données à ce jour, dont une base de données principale de 8 To de données chaudes.

Une mise en production courant 2022

Les coûts de cette transformation n’ont pour l’instant pas été estimés. Cette année, l’équipe IT a entrepris de réécrire sa plateforme de prise de paris sur AWS, et estime qu’elle sera mise en production courant 2022. A l’avenir, l’ensemble des paris seront désormais pris uniquement depuis AWS et non plus sur les datacenters du groupe. Par la suite, l’entreprise compte revoir sa gestion du portefeuille : « toutes les transactions financières qui peuvent avoir lieu passeront sur AWS également ». Sur ce dernier point, Betclic vise un basculement cloud avant la Coupe du monde 2022 au Qatar.