Stuart Hughes est directeur de l'information et du numérique chez Rolls-Royce, où il dirige les équipes numériques de l'activité aérospatiale civile. Les moteurs de Rolls-Royce sont utilisés dans les avions de chasse, les jets d'affaires et plus de 50 % des avions long-courriers. Lors du sommet Edge Computing d'IDG, Stuart Hughes a pu parler de la façon dont les données recueillies à partir des moteurs d'avion permettent aux clients de Rolls-Royce de planifier et d'exécuter de meilleurs vols.

« Notre technologie nous permet d'avoir un modèle commercial où le propriétaire de l'avion paie réellement par heure de vol du moteur, donc ne paie que pour le temps où le moteur est utilisé.  Et en échange de ce paiement, Rolls-Royce couvre toute la maintenance, tout l'entretien et tous les éléments de garantie. En fait, nous vendons de la puissance à l'heure plutôt que des moteurs d'avion » a déclaré Stuart Hughes.

Planifier et exécuter un meilleur vol

« Une partie vraiment importante de l'innovation sur laquelle mon équipe à Singapour a travaillé en étroite collaboration avec Singapore Airlines est l'exécution d'un vol plus économe en carburant » précise-t-il. Rolls-Royce a ainsi créé des applications pour le pilote et pour l'équipe des opérations qui les aident à comprendre certaines des stratégies à leur disposition. « C'est une grande victoire, car s'ils peuvent choisir les bonnes stratégies, réfléchir à la façon dont ils décollent (l’angle) et à la poussée qu'ils utilisent, ainsi que la gestion du vent et l’optimisation du moteur. Il y a deux grands avantages à cela. Une réduction du carburant et donc de la facture de fuel, ainsi que la quantité embarquée » assure Stuart Hughes.

Enfin autre avantage et non des moindres, la réduction du CO2 dans l'atmosphère. Cette transformation prend en compte de la façon dont le pilote se sert du moteur, des conditions dans lesquelles il a volé et des types de missions ou de vols qu'il a effectués. « Il est ainsi possible d'adapter la maintenance et la révision à un moteur spécifique plutôt qu'à une famille de produits ».

Bien débuter avec les données de l'IoT

« En tant que département informatique, nous nous sommes adaptés. Nous nous appuyons vraiment sur les capacités de l'IoT, de la plateforme, notamment les offres de PaaS. Je pense qu'avant mon arrivée, il y avait une mentalité de « nous ne voulons pas nous enfermer ». Mais selon moi, vous annulez presque les avantages du cloud si vous ne travaillez pas avec les fonctionnalités du fournisseur de cloud » détaille ce directeur de l'information et du numérique. Autre aspect marquant : le changement culturel. Aujourd'hui, la structure qui travaille pour Stuart Hughes est divisée en équipes de produits qui représentent les différentes chaînes de valeur au sein de la plateforme elle-même, et travaille en agilité.

« Je pense que tous les projets que j'ai vus très mal tourner sont ceux qui restent bloqués en R&D ou en informatique, où tout le monde essaie de capturer la moindre donnée.  Et puis, deux ans plus tard, quelqu'un dit : « qu'allons-nous faire de ces données ? ».  Et c'est à ce moment-là que quelqu'un comme moi passe normalement la porte et dit : « Vous faites tout de travers ». Il est essentiel de réfléchir à la finalité, au client, au cas d'utilisation, à ce à quoi ressemble un résultat réussi.  Capturez ces données et ensuite commencez à itérer à partir de là » conclut Stuart Hughes.